Autoroute A69 : le rapporteur public préconise l'annulation de l'autorisation environnementale
Alors que l'audience devant le tribunal administratif de Toulouse sur la requête au fond déposée en juin par les opposants à l'autoroute A69 est prévue ce 25 novembre, le Rapporteur public préconise l'annulation totale de l'autorisation environnementale de l'A69 et de l'A680 entre Castelmaurou et Verfeil, délivrée en mars 2023. Pour le collectif d’opposants La Voie est Libre (LVEL), cette proposition du magistrat confirme « l'absence de raison impérative d'intérêt public majeur, justifiant la destruction d'espèces protégées ». Si cet avis ne s’impose pas à la juridiction, une telle décision par le tribunal administratif « mettrait un coup d’arrêt au chantier, encore loin d'être achevé », estime le collectif.
Une mise en service prévue fin 2025
Quelques heures avant que ne soient rapportées les préconisations du rapporteur public, le 20 novembre, Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca – société qui a obtenu la concession de la section de l’autoroute A69 entre Verfeil et Castres – assurait à la presse, dont La Lettre M, ne pas être inquiet par le jugement : « Je suis en cohérence avec ce que j’ai toujours avancé : l’autorisation environnementale est légale et conforme. » Il indiquait vouloir maintenir l’objectif de mise en service de l’autoroute A69 en décembre 2025. « Nous maîtrisons aujourd'hui l’ensemble du foncier et toute la trace de l’autoroute est dégagée. Nous avons réalisé plus de 45 % des volumes de terrassement et 70 % des ouvrages d’art, et engagé 60 % du budget de 450 M€. » D’après le calendrier publié par Atosca, les fouilles archéologiques ne s’achèveront pas en décembre mais en janvier en raison de nouvelles découvertes, « sans impact sur le planning », selon le dirigeant. Le chantier se poursuit ainsi avec les terrassements et ouvrages d’art, le rétablissement de routes et l’installation de centrales à enrobés début 2025. Mais les anti-autoroute dénoncent des « déclarations de façade » et estiment que le projet aura « plus d’un an de retard ». Contactée par La Lettre M, la société indique que « les conseils d’Atosca prennent connaissance des conclusions du rapporteur public et s’exprimeront devant le tribunal administratif à l’occasion de l’audience du 25 novembre pour faire valoir leurs arguments dans ce dossier ».
Deux centrales à enrobés
Prochaine étape majeure pour ce projet controversé : l’installation de deux centrales à enrobés, à Villeneuve-lès-Lavaur et Puylaurens. « Elles seront mises en service entre mars et avril 2025 », précise Walter Guyonvarch, directeur du groupement conception et construction. Objectif : réaliser les chaussées d’ici à la fin de l’été et permettre l’installation des équipements et les phases de test dans les derniers mois de l’année, avant la mise en service. « La plateforme de Villeneuve-lès-Lavaur est en train de s’aménager ; on commence à approvisionner les matériaux constitutifs de la chaussée, poursuit-il. Cette activité montera en puissance durant les prochaines semaines. » Walter Guyonvarch assure par ailleurs que « le contexte hydraulique de la région est pris en compte dans le projet » et que « tous les ouvrages sont dimensionnés ».











