700 emplois menacés chez Fibre Excellence : « Il n’a pas été trouvé de solution », assure le groupe
« À l’issue des derniers échanges entre l’actionnaire et l’État, il n’a pas été trouvé de solution permettant d’éviter au groupe Fibre Excellence la procédure de mise sous protection du tribunal de commerce », indique l'entreprise le 17 avril, deux jours après sa déclaration de cessation de paiement. Le tribunal doit auditionner la direction et les salariés le 21 avril, avant de rendre son jugement le 27 avril quant à la poursuite ou non des activités de la société. Les usines de pâte à papier de Tarascon (13) et Saint-Gaudens (31), qui emploient 700 personnes, dont 270 en Haute-Garonne, pourraient fermer leurs portes. Carole Delga, présidente de la Région, dénonce « une immense violence sociale et une profonde injustice ».
Si la direction de Fibre Excellence « remercie les Régions Occitanie et Sud ainsi que l'État pour leur implication soutenue dans l'objectif d’éviter une procédure collective », la pilule est amère pour Carole Delga, impliquée dans ce dossier depuis de nombreux mois. « Après la décision de l'homme d'affaires indonésien Jackson Wijaya de mettre en péril Fibre Excellence, je pense avant tout aux 700 salariés des usines de Saint-Gaudens et Tarascon, ainsi qu'à leurs familles, indique-t-elle. Leur combat exemplaire, porté ensemble avec syndicats et élus locaux, a démontré qu’il doit y avoir un avenir pour la pâte à papier produite en France. Les avancées que j'ai obtenues sur le prix de l’électricité et les moyens d’investissement auprès du gouvernement sont une base de travail pour la suite. »
« Il doit y avoir une suite », martèle Carole Delga
Car, insiste l’élue « il doit y avoir une suite. Je ne me résoudrai jamais à ce que des actionnaires invisibles, un manque de vision politique ou la lourdeur de la technostructure condamnent l’emploi industriel, en France et sur nos territoires, qui est pourtant un moteur de la création de richesses et du financement de notre système social. » Et Carole Delga d’assurer qu’elle va rester « au combat » et que ses équipes « recevront, dans les prochains jours, toutes celles et ceux qui sont prêts à relever le défi de bâtir un projet sérieux pour notre industrie du bois et du papier, en Occitanie et dans le pays. »
Le 15 avril dernier, la direction de Fibre Excellence avait pris acte des dernières propositions de l’État. Dans un courrier que La Lettre M a pu consulter, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin s’était en effet engagé à mener « une réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité (produite par les usines, NDLR), jusqu’à + 20 % ». Pour Fibre Excellence, il s’agissait là d’un « signal encourageant ». Le groupe assurait d'ailleurs que les mesures proposées étaient « en cours d’analyse et de modélisation afin d’évaluer leurs impacts réels sur le modèle économique » de l’entreprise. Mais l'issue du processus n’a pas été favorable.
Leader français de la pâte à papier, Fibre Excellence, qui a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 300 M€ en 2024, revendique une capacité de production annuelle de plus de 550 000 tonnes, dont 280 000 tonnes de pâte kraft blanchie de feuillus et de résineux au sein de son usine de Saint-Gaudens, construite en 1959. L’entreprise a investi plus de 55 M€ dans son site de production haut-garonnais au cours des trois dernières années.
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