Rencontre avec Gérard Poujade. « L’objectif des 100 méthaniseurs sera tenu. »
Gérard Poujade,
Conseiller régional, président de la commission Environnement, Développement durable et Energies renouvelables.
A quelques semaines de la 2e édition des Rencontres Nationales du Biogaz, organisée à Toulouse, du 19 au 21 novembre prochain, par la Région Midi-Pyrénées, Gérard Poujade, également président de l’Arpe, l’Agence Régionale pour l’Environnement et de MPEI (Midi-Pyrénées Energies Investissements), fait un premier état des lieux de la méthanisation en Midi-Pyrénées.
En juillet 2013, la Région s’est engagée à favoriser la création d’une centaine d’unités de méthanisation d’ici 2020. La région sera-t-elle au rendez-vous de cet objectif ?
Actuellement, 22 unités de méthanisation sont en service sur l’ensemble de la région Midi-Pyrénées et les services de la Région ont identifié et accompagnent 75 nouveaux projets, à des stades divers d’avancement. Tous les facteurs semblent bien réunis pour que l’objectif des 100 méthaniseurs à l’horizon de 2020, et même sans doute un peu avant, soit atteint.
Comment se situe Midi-Pyrénées par rapport aux autres régions françaises ?
Si historiquement certaines régions se sont positionnées très tôt sur la méthanisation, telles que la Bretagne ou les régions du Nord et de l’Est, sensibilisées par les exemples de leurs voisins belges ou allemands, Midi-Pyrénées est très certainement la seule région à afficher un dispositif aussi complet que celui mis en place depuis 2011 et un objectif aussi ambitieux. La Région cofinance les études de faisabilité, apporte une aide au financement des travaux, assure l’assistance à maître d’ouvrage, se porte caution des prêts dans le cadre du dispositif mis en place avec la BEI (Banque Européenne d’Investissement) et peut même se porter actionnaire des projets, par le biais de MPEI.
Quel impact peut-on attendre de ce dispositif ?
Le premier est celui de l’indépendance énergétique. Dans son schéma régional Climat Energie, la Région prévoit de produire l’équivalent de 25% de sa consommation actuelle de gaz dans le secteur résidentiel et tertiaire. Le second est la capacité à créer de la valeur ajoutée hors agglomération toulousaine, sur des territoires ruraux. Ces investissements créent des emplois dans les travaux publics, le bâtiment, l’électricité. En amont, ils mobilisent des bureaux d’études. Et nous travaillons à structurer une filière pour sensibiliser des entreprises régionales qui pourraient s’impliquer sur l’ensemble des process. Cet aspect sera pris en compte dans cette seconde édition des Rencontres Nationales.
Certains départements sont-ils plus impliqués que d’autres ?
Si tous les départements de Midi-Pyrénées sont impactés, à lui seul, le Tarn totalise près du quart des projets actuellement recensés. L’Aveyron, le Lot et les Hautes-Pyrénées sont également très concernés.
Quel est le niveau moyen des investissements ?
C’est toute la particularité de cette filière. La fourchette des investissements est très large. Elle va de quelques centaines de milliers d’euros à plus de 20 M€, la moyenne se situant globalement entre 1 et 5 M€ par unité.
Le dispositif régional a-t-il permis de réduire les délais de réalisation de ces projets, qui parfois prennent entre 5 et 8 ans ?
Chaque projet est un cas particulier, lié à la nature des déchets à méthaniser, au territoire qui l’accueille, au porteur du projet, à la proximité ou non des réseaux de gaz pour les projets qui souhaitent un raccordement… Dans la méthanisation, il est difficile d’établir une reproductibilité, comme c’est le cas dans l’éolien ou le photovoltaïque. Toutefois, grâce à la mobilisation conjointe des services de l’Etat et de ceux de la Région, sur les projets où la gouvernance est simple et où la santé financière du porteur de projet est avérée, la réalisation peut maintenant être ramenée à moins de 3 ans.
Propos recueillis par Marina Angel
Accompagnements de la Région :
- 41 études de faisabilité cofinancées depuis 2007
- 5 projets bénéficient d’un prêt bonifié dans le cadre du dispositif BEI
- 2 projets accompagnés par MPEI : Perla à Lannemezan (150 K€) et Cler Vert à Bélestat-en-Lauragais (747 K€)










