La préfecture de l’Hérault a confirmé officiellement, cet après-midi, la victoire de la liste CGPME, menée par Gabrielle Deloncle, aux élections pour la CCIT de Montpellier, annoncée dès hier soir par La Lettre M. Elle remporte 28 sièges sur 50, dont 16 dans le collège « commerce » et 12 dans le collège « industrie ». Elle décroche également 4 sièges pour la CCIR (2 pour l’industrie, 4 pour le commerce). De son côté, la liste Medef du président sortant, Rudy Iovino, remporte les 22 sièges du collège des services, dont 7 sièges pour la CCIR. Le futur président de la CCIT de Montpellier sera élu le 4 janvier prochain. Rudy Iovino, président sortant de la chambre, et Patrick Ceccotti, président de la FFB de l’Hérault, qui se présentaient dans le collège industrie, ne sont pas réélus.
Coup de théâtre
Le coup de théâtre est survenu hier soir à 22 h 30. Alors que les 4 260 bulletins de vote par correspondance avaient placé la liste de Rudy Iovino nettement en tête dans tous les collèges, à la grande joie de ses partisans, le vote par Internet, qui représente 2 320 voix, a inversé la tendance dans deux collèges sur trois. À l’annonce du résultat, les colistiers de Gabrielle Deloncle, jusque-là tendus et silencieux, ont laissé éclater leur joie dans le sous-sol de la préfecture, où étaient dépouillés les bulletins de vote, tandis que les perdants quittaient la salle en silence. « Nous avions demandé à tous nos ressortissants de voter par électronique pour éviter les manipulations des enveloppes. C’est le système le plus sécurisé », s’est réjouie la candidate. « Nous avons fait une belle campagne. C’est la victoire d’une équipe solidaire ! »
« On nous a volé l’élection »
Lors d’une conférence de presse à la chambre de commerce et d’industrie, Rudy Iovino a annoncé son intention de déposer un recours, devant le tribunal administratif, contre le résultat de l’élection. Reconnaissant sa « déception » d’avoir été personnellement battu, le président sortant a exprimé sa « frustration » : « Nous avons l’impression de nous être fait voler l’élection », a-t-il affirmé, s’étonnant de l’importance des voix accordées à Gabrielle Deloncle dans les votes par Internet. « Sa liste reccueille 90 % des voix par Internet, alors que la nôtre a plus de 70 % des votes par correspondance, qui représentent les deux tiers des votes ». Il pointe notamment le cas de trois de ses colistiers qui n’auraient pas pu voter par correspondance, le vote par Internet ayant été, selon lui, opéré à leur place. Rudy Iovino s’étonne également que des dizaines de bulletins n’aient pas été validés, le cachet de La Poste ne précisant pas la date de l’envoi. Dans le collège industrie, où l’écart entre la liste Medef et la liste CGPME serait « de 6 à 14 voix », 45 enveloppes ont été écartées pour ce motif.
« Nous avons demandé à la préfecture d’ouvrir ces bulletins, ou de vérifier la date de l’envoi grâce au code-barre, ce qui n’aurait pris que 72 h ». Le secrétaire général de la préfecture, Patrice Latron, a affirmé, lors de la proclamation des résultats, que « la position de l’administration (était) strictement basée sur le problème droit », et que la préfecture renvoyait au juge administratif le soin de trancher ce point. Le TA ne devrait pas se prononcer avant l’élection du président de la CCIT, le 4 janvier, ni avant celle du président de la CCIR, le 17 janvier.
Deloncle vise la CCIR
Gabrielle Deloncle confirme son intention de se présenter à la présidence de la CCIR, mais se dit prête à s’effacer derrière un autre candidat. « Nous allons en discuter ensemble, avec nos collègues, pour déterminer quelle est la personne la plus adaptée pour mettre en œuvre la réforme. Si quelqu’un de plus aguerri et de plus efficace veut se présenter, je l’accompagnerai avec plaisir ». Mais pas question pour elle de laisser le champs libre au président de la CCIT de Perpignan, Bernard Fourcade, qu’elle qualifie d’« homme du passé ».