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Hérault
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Transports - Logistique
| 10/03/2011

Créer un périphérique autour de Montpellier, vrai enjeu de l’A9b, selon Jean-Paul Volle

Pas de périph’ autour de Montpellier sans A9b. Et sans périph’, pas ou moins de développement économique pour l’agglo. C’est sur cette base que le géographe montpelliérain Jean-Paul Volle soutient la réalisation rapide du projet d’A9b au droit de Montpellier, alors que le projet va faire l’objet d’une concertation publique dans les prochaines semaines.
« Dédoubler l’autoroute permettrait de sécuriser le trafic et de créer un périphérique autour de Montpellier, en raccordant l’A 750 à l’A9 via la Dem (déviation est de Montpellier, maîtrise général ) à l’est et le Com (contournement ouest de Montpellier, montage financier à définir, l’Etat s’étant désengagé) à l’ouest, déclare-t-il à La Lettre M. L’agglomération de Montpellier est une des rares métropoles nationales dépourvues de périphérique. Le déclic, c’est l’A9b. Sans cette impulsion, on ne peut pas boucler le périphérique autour de Montpellier. Et un périphérique est indispensable pour que l’agglomération fonctionne dans sa grande dimension. Non, l’A9b n’est pas un projet du passé, mais bien du futur ! »

Pas de contradiction entre A9b et réseau de tramway, selon JP.Volle
Dans une lettre adressée le 7 mars à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, les élus locaux réunis* évoquent, entre autres, la compatibilité entre la réalisation de l’A9b et le développement du réseau de tramway de Montpellier.
Une contradiction, vu que la création d’un périphérique au sud de Montpellier (en lieu et place de l’actuelle A9, si celle-ci est dédoublée) favorise de fait la circulation automobile, et non les transports en commun ?
« Je ne pense pas, répond Jean-Paul Volle. La mise en place d’un système périphérique facilite l’émergence de circulations spécifiques de type tramway, à condition de bien gérer les parkings de dissuasion qui font que les habitants puissent passer facilement d’un mode de transport à un autre. Le tram ne peut pas régler les relations de la grande aire urbaine tous azimuts. Le coût serait astronomique. On doit pouvoir approcher du cœur urbain en voiture, puis basculer ensuite sur des transports en commun. »
« Le Lien (liaison intercantonale d’évitement nord de Montpellier) du conseil général de l’Hérault se fait dans un espace moins dense autour de Montpellier, ajoute Jean-Paul Volle. Et on ne ferait rien au sud, alors que c’est là qu’il y a le plus de mouvements, de projets (future gare TGV, extension d’Odysseum, réaménagement de l’avenue de la Mer…), de services, d’emplois, de lieux de consommation ? On voudrait que ça fonctionne sans rien faire ? »

« L’Etat refuse de prendre des décisions »
La procédure de concertation, décidée le 2 mars par la commission nationale du débat public, relève selon lui de la « fausse élégance du repli diplomatique. L’Etat refuse de prendre des décisions, alors qu’une DUP a déjà été prise il y a quatre ans (30 avril 2007, NDLR). Or, on ne peut pas envisager la circulation sur l’A9 lors des dix prochaines années sur ce modèle-là. »
Pourquoi l’Etat ne voudrait pas de l’A9b ? « Il y a une double tenaille, financière (la non réalisation du projet permettrait à l’Etat de récupérer environ 500 M€ auprès d’ASF, NDLR), et politique, avec la pression des écologistes. » Ces derniers se feront entendre lors des réunions publiques à venir. « Une phase de concertation sur ce type de projet, ça remet dans le circuit les groupes de pression, ceux qui sont le plus à même de tenir le micro. »

* André Vezinhet (cg 34), Hélène Mandroux (maire de Montpellier), Jean-Pierre Moure (Montpellier Agglomération) et Christian Bourquin (Région L.-R.)

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