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Languedoc-Roussillon
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Communication - Médias
| 7/10/2011

Grève à Midi-Libre et à L’Indépendant jusqu’à dimanche

Les rédactions de Midi-Libre et de L’Indépendant ont décidé de faire grève jusqu’à dimanche, pour protester contre un plan de réduction des effectifs qui prévoit de supprimer 158 postes dans l’ensemble des titres des Journaux du Midi, dont 68 à Midi-Libre (51,5 postes à la rédaction) et 27,5 à L’Indépendant, dont 8,5 à la rédaction. « 90 % des journalistes font grève dans les rédactions locales », assurait, ce midi, un porte-parole du SNJ de Midi-Libre à La Lettre M. Une cinquantaine de journalistes, vêtus de noir, ont manifesté leur opposition au plan de la direction sur la place de la Comédie, à Montpellier. « Nous demandons la révision des objectifs du plan de départs volontaires », martèle leur porte-parole. Les photographes, particulièrement touchés par les réductions d’effectifs (18 postes supprimés sur 27) étaient très représentés. « C’est particulièrement choquant que l’encadrement ne soit pas touché, et ne participe pas à l’effort de solidarité face la crise », déplore une journaliste. Un seul chef d’agence a fait grève aujourd’hui. Le plan concerne 8 journalistes au siège du journal, 18 photographes, 7 secrétaires de rédaction, et 14,5 secrétaires. Sur les 51,5 postes supprimés, 12 sont des CDD. Les journalistes ont décidé de reconduire leur grève jusqu’à dimanche. Midi-Libre devrait être absent des kiosques demain. « C’est historique. C’est la première fois que la rédaction empêche la sortie du journal », affirme un gréviste. En 1997, une grève, particulièrement dure, menée par les techniciens de l’imprimerie, avait paralysé le quotidien pendant 27 jours.

Alain Plombat : « pas de licenciement »
À L’Indépendant, le contenu précis du « plan d’action » de la direction a été dévoilé ce matin par le président du directoire du groupe, Alain Plombat, devant les représentants du comité d’entreprise. A sa sortie, le dirigeant des Journaux du Midi a rappelé, au cours d’une conférence de presse improvisée, les grandes lignes et les objectifs de ce plan d’action. « Il n’est absolument pas question que disparaisse L’Indépendant, le titre historique de Perpignan. Le groupe des Journaux du Midi garde sa vocation d’organe de presse. Mais nous héritons de l’ère numérique qui nous amène à modifier nos organisations ». Le groupe va passer en quadrichromie à l’automne 2012, ce qui va engendrer la création de nouveaux magazines, notamment le week-end. Des applications Iphone et Ipad vont être lancées. « Nous sommes sur un plan de départs volontaires. Il n’y a pas de licenciement », a-t-il répété. Pour les représentants du CE, il s’agit bel et bien d’un plan social. « À l’issue de ce comité de groupe, on acte le plan social qui touche en particulier les services de PAO, les services support et la rédaction, soit une trentaine de personnes. Lundi, à l’occasion de sa venue pour inaugurer le Théâtre, notre ministre de tutelle, Frédéric Mitterand est d’accord pour nous recevoir. Nous attendons aussi un soutien des élus locaux, qui ont d’ailleurs proposé d’entrer en discussion avec le groupe Sud-Ouest pour lui demander de revoir la copie de ce plan », annonce François-Pierre Vialaneix, élu au CE et journaliste à L’Indépendant depuis 18 ans. D’un commun accord à l’issue d’un vote, les représentants du CE et les salariés ont décidé de faire grève jusqu’à dimanche. Les Audois sont inclus das ce mouvement. Des discussions devaient se poursuivre dans l’après-midi pour définir les actions à mener.
Bourquin et Alduy solidaires
Dès 9h30, les élus roussillonnais dans leur grande majorité (tous partis confondus) et représentants d’élus audois se sont mobilisés et ont apporté leur soutien aux salariés du quotidien en amont d’un comité de groupe. Christian Bourquin, président de la Région L.-R. et depuis peu sénateur des P.-O. est venu lui même s’adresser aux salariés. « Il ne faut pas que des individus soient sacrifiés au bénéfice de la rentabilité économique », a affirmé l’élu, qui a assuré suivre ce dossier. Son rival Jean-Paul Alduy, président de l’Agglomération de Perpignan, a remis à Alain Plombat une lettre, « lui demandant de reconsidérer sa position.» Dans un communiqué, l’élu et les 36 maires de l’Agglomération craignent que « par la réalisation de ce plan social, une disparition des moyens techniques et éditoriaux locaux au profit d’une centralisation de l’information néfaste à l’intérêt particulier de notre agglomération dans sa dimension transfrontalière et de fraternité entre les peuples riverains de la Méditerranée. » Quant au député-maire PS de Carcassonne, Jean-Claude Pérez, qui a envoyé un représentant ce matin, il va demander mardi s’il peut intervenir au titre des questions d’actualité au parlement sur ce dossier. « Un courrier signé des trois députés de l’Aude a été adressé au journal », confirme l’un de ses attachés parlementaires.
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