Protection du littoral : les crédits européens trop peu consommés
Les premiers résultats du volet littoral du Contrat de Projet Etat-Région L.-R. 2007-2013 (101 M€) ont été présentés mardi 7 février au Mas de Saporta à Lattes, en présence d’une cinquantaine de participants. Les travaux mobilisent 99 M€ (crédits régionaux, nationaux et européens). Les études prospectives (prestataire : Sogreah) pour l’amélioration des connaissances sur la thématique de l’évolution du littoral se chiffrent quant à elles à 2 M€.
L’étude de Sogreah montre que le L.-R. est fortement concerné par les phénomènes découlant du réchauffement climatique : érosion du trait de côte, submersion marine et récurrence des phénomènes climatiques extrêmes.
Agnès Jullian, vice-présidente de la Région L.-R. en charge du Tourisme, a rappelé, aux côtés de Cécile Lenglet, sous-préfet en charge du littoral à la préfecture de région, les nombreux enjeux littoraux : « Conchyliculture, ports, nautisme, pêche, tourisme, protection des populations et de l’environnement… L’espace littoral est surconsommé : 30 % du littoral est artificialisé. Ceci accentue le phénomène érosif et fragilise l’équilibre des écosystèmes. » D’après elle, « les menaces de submersion marine de certaines infrastructures côtières sont imminentes. Il faut une gestion durable du territoire : recul stratégique de certains équipements, cellules sédimentaires à choisir… »
D’après les spécialistes, le niveau moyen marin augmentera de 20 à 60 cm d’ici à 2100. D’après Sogreah, « 60 % du littoral régional va continuer à s’éroder, de façon plus ou moins marquée ».
Déficit de gouvernance
Si elle admet la complexité des projets (études, autorisations…), Agnès Jullian souhaite une consommation plus efficiente des crédits. « 57 % des crédits ont été consommés au 1er janvier 2012 alors que l’on prévoyait 71 %. La mobilisation des crédits Feder pose notamment problème. Il conviendrait de consommer ce qui a été déjà budgété, d’autant plus que la prochaine programmation sera moins généreuse. »
Les fonds Feder disponibles s’élèvent à 8 M€. Règles relatives aux crédits Feder : attribution une fois les autorisations administratives accordées ; engagement des travaux le 31 décembre 2013 au plus tard ; paiement des factures avant le 31 décembre 2015.
Pour ce faire, Jean-Pierre Viguier, directeur de l’environnement à la Région L.-R., souhaite une meilleure gouvernance. « Il faut agir et consommer les crédits. Sinon, nous subirons un amenuisement des crédits pour le prochain CPER. Et de région précurseur, nous passerons à une région d’études. Il y a un gros défaut de gouvernance, c’est la raison pour laquelle les choses n’avancent pas assez vite. Pour qu’un dossier avance, il faut attendre que tout le monde soit d’accord. Ce déficit de gouvernance efficace est un frein à la concrétisation des travaux. »
Travaux en cours : Grand site et trait de côte Camargue gardoise (11,4 M€), Lido du Petit et Grand Travers (17,8 M€), Lido de Frontignan à Villeneuve-lès-Maguelone (11,7 M€), Lido de Sète à Marseillan (37 M€), côte ouest de Vias (3,3 M€), protection du trait de côte Vendres-Valras (4,61 M€), sauvegarde de l’étang de Canet-Saint-Nazaire (0,57 M€), aménagements complémentaires de Paulilles (1,45 M€). Projets plus récents (pour 6,5 M€ au total) : protection du Grau d’Agde, réhabilitation de la plage de Fleury-d’Aude, littoral entre le Barcarès et Toreilles.










