Apporter des solutions aux TPE de son territoire en difficulté, avant qu’elles soient contraintes de passer devant le tribunal de commerce : c’est l’objectif du Centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP) mis en place ce jeudi 8 mars par le président de la chambre de commerce territoriale de Montpellier. Dans un premier temps, André Deljarry a signé une convention avec l’Association des juges consulaires et anciens juges de Montpellier, représentée par Thierry Ducros, le conseil régional de l’ordre des experts comptables, présidé par Catherine Dumont, et l’ordre des avocats du barreau de Montpellier, représenté par Michèle Tisseyre, qui vont mettre leurs compétences au service du CIP.
Une cellule de veille
« Il est urgent de faire quelque chose pour les TPE qui sollicitent les services de la chambre quand il est trop tard », a estimé Thierry Ducros, élu à la CCIT et président du CIP. Il a mis en place une fiche d’évaluation qui permettra de déterminer l’urgence pour les entreprises concernées : « préoccupant », « grave », ou « très grave ». « D’un simple coup d’œil, les permanents de la cellule pourront orienter l’entreprise vers une cellule de veille et d’orientation, qui sera là pour résoudre les problèmes les plus simples, comme les problèmes passagers de trésorerie ; ou vers le tribunal de commerce, ou d’autres procédures, en fonction de la gravité des problèmes de l’entreprise ». Thierry Ducros veut faire appel à des financeurs pour mettre en place, le cas échéant, un audit permettant d’évaluer plus précisément l’état de santé de l’entreprise, si nécessaire. La moitié de son coût serait pris en compte par le chef d’entreprise. « Il faut qu’il se sente responsabilisé », estime Catherine Dumont. L’autre moitié pourrait être pris en charge par la CCIT, a affirmé son président André Deljarry.
230 entreprises en 2011
Selon lui, 230 entreprises ont fait état de difficultés, en 2011, auprès des services de la CCIT. 46 % d’entre elles devaient faire face à une baisse d’activités et des problèmes de trésorerie, 23 % à des problèmes de relations avec les organismes sociaux et fiscaux, 22 % à des procédures collectives ou une cessation d’activité. La CCIT relaie sur son territoire le dispositif Preserve, mis en place par la Région pour les entreprises de plus de 10 salariés réalisant au moins 750 K€ de CA. Mais, comme l’a rappelé André Deljarry, « plus de 90 % des entreprises dans le ressort de la CCIT sont des entreprises de moins de 10 salariés ».