Languedoc-Roussillon
BTP
La Capeb L.-R. dénonce des chiffres en trompe-l'oeil

« Les chiffres liés au bâtiment ne reflètent pas la réalité, alerte Patrick Issaly, président de la Capeb L-R (6 600 adhérents sur 26 600 entreprises artisanales du bâtiment), lors de l’assemblée générale, à Perpignan. Le nombre d’entreprises artisanales du bâtiment semble stable au regard du répertoire des métiers. Mais, en fait, on assiste à des radiations qui sont compensées par des créations sous statut d’auto entrepreneur ». Selon lui, « les tâcherons d’antan sont devenus les auto-entrepreneurs d’aujourd’hui. On assiste à un dévissage du répertoire des métiers et à la déstructuration du monde salarial. Il faut que les politiques interviennent pour préserver le système social afin de maintenir les salariés et la formation. Sinon, on se dirige vers un autre système avec l’embauche d’une main d’œuvre low-cost des Pays de l’Est, notamment, qui va générer le licenciement des salariés que nous avons formés », affirme-t-il. Guy Michel, le président de la Capeb des P.-O., estime que « près de 60 % des auto-entrepreneurs n’ont rien déclaré, ce qui génère en plus des pertes fiscales. » Le monde de l’artisanat souffre aussi, selon eux, de la loi LME et de la pratique de bas prix dans les marchés, qui, dans une conjoncture affaiblie, ont contribué à assécher les trésoreries des entreprises. « Même les entreprises solides qui ont plus de 20 ans d’existence sont contraintes de mettre des salariés au chômage technique », explique Lionel Abassi, président de la Capeb du Gard, qui craint de voir grimper le taux de chômage dans le bâtiment en 2012.
Critère social de valeur
Une dérive qui provient notamment « des donneurs d’ordre des projets publics et privés qui pratiquent à la fois des prix bas sans prendre en compte la valeur sociale des entreprises choisies », explique Patrick Issaly, qui aimerait voir se créer « un critère social de valeur » dans les appels d’offre. Il s’agirait de prendre en compte le prix, les aspects écologiques pour favoriser la filière courte, le social associé à une fiche d’identité de l’entreprise, « pour connaître la provenance et la qualification des salariés, ou encore le respect des normes », note Patrick Issaly. Malgré ce tableau sombre, le secteur a de réelles perspectives devant lui à travers les enjeux énergétiques, avec la RT 2012 (bâtiments neufs applicable au 1er janvier 2013) et la rénovation énergétique dans l’ancien. « Cela représente au niveau national 650 milliards de chiffre d’affaires dont 10 à 12 % en L.-R. C’est le travail d’une génération d’artisans », indique le président régional de la Capeb, qui attend là aussi des directives politiques rapides.










