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Pyrénées-Orientales
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Institutions
| 16/11/2012

La Région L.-R. lance la construction du Mémorial du camp de Rivesaltes

Christian Bourquin, président de la Région L.-R. (au centre sur la photo), et Rudy Ricciotti, architecte et maître d’œuvre de l’opération (à droite), ont annoncé jeudi à l’Hôtel de Région à Montpellier, le lancement de la construction du Mémorial du camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales.
Ce mémorial est dédié à la mémoire des occupants du camp de transit de Rivesaltes, dont les baraquements ont accueilli tour à tour des réfugiés espagnols, un centre d’hébergement surveillé, un centre régional de rassemblement des Juifs (entre 1939 et 1942) et un camp de regroupement de Harkis et de leur famille (1962). « Quatre drames se sont succédé sur ce camp. C’est unique au monde », a déclaré Christian Bourquin.
Le projet, chiffré à 23 M€, est financé aux deux tiers par le conseil régional à un tiers par le conseil général. Il sera abondé par un fonds de dotation, tout juste créé, et qui sera présidé par Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva (2001-2011). Cette dernière se déplacera en L.-R. « dans trois semaines ou un mois », a indiqué Christian Bourquin.
Lancé en 1998, le mémorial sera livré fin 2014, pour une ouverture au public en juin 2015. Déployant 3 830 m2 de Shon, il comprendra 1 000 m2 dédiés à une exposition permanente, 400 m2 d’expositions temporaires, un auditorium de 160 places, des salles pédagogiques et un centre de documentation.

Un projet volontairement « nu »

Particularité : le mémorial sera volontairement enterré, dans une barre de 230 mètres de long, 30 mètres de large et 4 mètres de haut, pour laisser parler le lieu. « Trois ou quatre baraquements seront reconstitués en surface », a précisé Christian Bourquin. « C’est un bâtiment qui ne parle pas, et qui repose dans la terre, a enchaîné Rudy Ricciotti. En janvier 2005, Georges Frêche avait organisé une réunion sur le site, en plein vent. C’était glacial. Il n’y avait, à l’époque, personne de l’Etat, de la Drac, du ministère de la Culture… Or, ce projet a une légitimité. Ce silence de l’Etat a interrogé ma conscience de républicain et de patriote. La culture n’a pas que des droits, elle a surtout des obligations. Huit ans après, le chantier démarre enfin. »
Rudy Ricciotti a rappelé la particularité du lieu : « C’est un site qui disparaît. Il faut être très près de Rivesaltes pour avoir la conscience de ce lieu. Je veux garder cette nudité du lieu. Il n’y aura pas ni jardin japonais ni pelouse bien ratissée. La toiture sera au niveau de l’horizon du sol naturel du site, et le point le plus haut ne dépasse pas l’altitude des baraquements. La barre prend place là où rien n’a jamais été bâti. J’ai opté pour une architecture de la pesanteur, pour un onirisme qui se fonde sur une certaine brutalité, une certaine masse. Enfin, à l’intérieur, j’ai souhaité très peu de bureaux : 90 m2 sur 3 800 m2. Sortons l’administratif des musées ! »
En verve, l’architecte provençal souhaite des horaires d’ouverture adaptées aux nouveaux styles de vie : « Le mémorial devra être ouvert le samedi et le dimanche, et fonctionner en nocturne au moins une fois dans la semaine. Ça doit pouvoir se gérer avec les syndicats… »
Il a revendiqué le choix du béton, issu du « travail territorialisé : carrières, centrales, cimenterie de proximité…, et avec une empreinte environnemental faible. Ce matériau produit des métiers : coffreurs, lisseurs, chefs de chantiers, chefs d’équipe etc… » Provocateur, il a ajouté : « Ce n’est pas qu’avec des emplois dans les collectivités territoriales qu’on va construire un avenir pour nos enfants. »

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