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Hérault
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Industrie
| 4/12/2012

Ethylotests : le fabricant héraultais Contralco contre-attaque


Après que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé le 27 novembre un délai de réflexion sur l’éthylotest obligatoire à bord des véhicules*, le fabricant héraultais Contralco, leader mondial de l’éthylotest à usage unique, met la pression sur le gouvernement, dans une lettre ouverte publiée ce jour dans la presse régionale, à l’attention des élus de l’Hérault. « Cette absence de continuité de l’Etat nous abasourdit, d’autant que dans la foulée, Manuel Valls déclare vouloir abaisser à 2 000 le nombre de morts par an sur la route, objectif que nous partageons, écrit l’industriel. Justement, l’alcool reste l’une des premières causes de mortalité sur la route ! »
Anticipant l’application du décret de février 2012, rendant obligatoire la présence d’éthylotests dans les 40 millions de voitures roulant en France, Contralco a embauché « 230 personnes en 2012, au cœur d’un territoire dont vous n’ignorez pas qu’il est gravement touché par la crise et le chômage (13,7 % en L.-R., NDLR). » Et joue la carte du "Made in France" : « Nos imprimeurs et agences de communication se trouvent dans l’Hérault, nos cartons viennent de Clermont-Ferrand, explique Guillaume Neau, directeur de la communication, à La Lettre MPour la plasturgie, nos fournisseurs se trouvent dans la région d’Oyonnax, et dans la Sarthe pour le verre. »

300 salariés


Contralco, basé à Gignac, emploie à ce soir 300 personnes (270 à la production), dont 84 en CDI. En 2013, Contralco prévoit d’investir la totalité de ses bénéfices prévisionnels (3,7 M€) dans la R&D et l’acquisition de nouvelles machines (machines d’assemblage, ensacheuses, machines à couper et souder les ballons,…), sur la continuité de 2012 (3,5 M€ investis). Un niveau d’investissement qui se justifie par « la rude concurrence à l’export. De nouveaux fabricants émergent en Chine, aux Etats-Unis, en Pologne, en Afrique du Sud, en République Tchèque. »

Projet de regroupement à l’horizon 2015

Le département R&D mobilise 10 personnes, en lien avec le CNRS de Montpellier et l’Université de Nîmes. 36 % du CA (14 M€ en 2012) est réalisé à l’export. Une part qui devrait grimper à 40 % en 2013, précise Guillaume Neau.
Actuellement éclatés sur trois sites (Gignac, Vailhauquès, Saint-André-de-Sangonis), Contralco envisage de regrouper ses activités à l’horizon 2015. « A terme, il faudra regrouper les parties laboratoires, administration et production. En 2013, nous choisirons entre une extension sur site à Gignac, ou le transfert des activités sur un nouveau site, tout en restant dans le cœur d’Hérault. »
La PME est détenue à parts égales par Antoine Marin et Eric Condesse. « Cette année, on ne nous a jamais autant dragués : propositions de délocalisation de la production en Tunisie ou de déporter notre laboratoire de recherche au Canada, suggestions d’introduction en Bourse, offres de rachat…, ironise Guillaume Neau. Mais les actionnaires tiennent à rester indépendants. Leur seul objectif, c’est de faire évoluer les produits, pour rester les leaders mondiaux. »

* Laissant la décision finale au Conseil National de la Sécurité Routière avant le 1er mars 2013.

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