Languedoc-Roussillon
Viticulture
Quatre dénominations du Languedoc veulent devenir AOC

Pic Saint-Loup, Terrasses du Larzac, La Clape et Picpoul de Pinet : ces quatre dénominations de l’AOC Languedoc aspirent désormais à franchir un nouveau palier, celui de l’appellation. Elles rejoindraient ainsi les 21 appellations déjà existantes en Languedoc-Roussillon. Les présidents de chacun des syndicats concernés étaient ce matin, 4 décembre, au château de Flaugergues pour présenter la démarche, et l'état d'avancement des demandes. Les dossiers de chacune d’entre elles sont à l’étude auprès de l’INAO, Institut national des appellations d’origine, juge de paix en ce domaine.
La première à bénéficier du fameux label devrait être la dénomination Picpoul de Pinet : selon le président du syndicat, Guy Bascou, « on devrait l’obtenir au cours du premier trimestre 2013, c’est quasiment fait ». L’appellation à venir s’étend sur cinq communes au nord du bassin de Thau, soit une surface de 2 400 ha délimités, dont 1 400 ha sont actuellement en production. Cela représente 24 caves particulières et quatre caves coopératives pour une production annuelle qui tourne autour de 70 000 hl, seulement en blanc.
Elle rejoindrait ainsi les 21 appellations déjà existantes sur le territoire du Languedoc-Roussillon que chapeaute l’AOC Languedoc. Et viendrait se soustraire aux 15 dénominations qui disposent de ce label accolé à leur nom (ex. : AOC Languedoc-Grès de Montpellier).
625 ha pour La Clape
La Clape, dans l’Aude, territoire situé entre Narbonne et la Méditerranée, devrait être la suivante sur la liste : l’AOC est attendue pour 2013, sur un territoire délimité de 625 ha, 25 caves particulières et deux caves coopératives produisant 30 000 hl à l’année en dénomination. Pic Saint Loup (1 500 ha, 35 000 hl/an en dénomination, 53 caves dont trois coopératives) et Terrasses du Larzac (2000 ha, 9 000 hl en dénomination, 61 caves particulières, 5 caves coopératives) sont également toutes deux en passe d’obtenir l’AOC, mais certainement à une échéance plus lointaine, qu’elles ne souhaitent pas commenter pour l'instant.
Défendre le nom du cru
Chacune de ces dénominations aspire en fait à prendre son propre destin en main. De la même façon que l’appellation Coteaux du Languedoc est devenu AOC Languedoc en 2007, afin de « réserver » le nom Languedoc et de le protéger, chaque cru aspire à pouvoir défendre ses intérêts en même temps qu’augmente sa notoriété. Une fois l'AOC obtenue, l'Organisme de défense et de gestion (ODG) se met en place, et le cru défend directement ses propres intérêts, en même temps qu'il peut mettre en place des actions de communication plus percutantes, etc. « Quand la notoriété du cru se développe, ça peut poser des problèmes, indique Vincent Goumard, président du syndicat des Terrasses du Larzac. Le passage en AOC est un élément technique, pas forcément spectaculaire, mais en terme de protection juridique c’est vraiment très important. »
1,8 Mhl en AOC
Et puis, chaque cru a également à cœur de mettre en avant ses spécificités. « La notion de terroir, c’est notre chance de demain, note Jean-Benoît Cavalier, président du syndicat de l’AOC Languedoc. Notre région produit 1,8 Mhl en AOC, soit l’équivalent de la grande Bourgogne, mais selon une très grande diversité de terroir. L’influence du climat méditerranéen est le ciment de l’AOC Languedoc, mais nous ne devons pas gommer la diversité qui fait notre force. »
Fédérer les vignerons
Un projet par ailleurs fédérateur pour les vignerons concernés : « Une fois qu’on obtient l’AOC, c’est à nous de gérer l’appellation via l’ODG , et cela responsabilise les vignerons, insiste Guy Bascou. Pour nous c’est une manière de faire monter progressivement la valorisation de nos vins, et du coup par la suite d’avoir davantage de moyens pour investir ». « C’est un événement très important, fort en interne, ajoute Vincent Goumard. C’est un prétexte de communication, mais aussi une responsabilisation des vignerons, le marqueur d’un statut. »
Une volonté qui pour le président de l’AOC Languedoc, Jean-Benoît Cavalier, ne va pas à l’encontre, au contraire, de la force de frappe de l’AOC mère : « C’est une force supplémentaire pour l’AOC Languedoc ». Ce que confirme Vincent Goumard : « C’est un message collectif sur le degré d’avancement du Languedoc vers la qualité, un palier important. » À terme, toutes les dénominations de l’AOC Languedoc sont appelées à obtenir leur propre AOC.
Légende : de gauche à droite, Vincent Goumard, président du syndicat des Terrasses du Larzac, Guy Bascou, président du syndicat de Picpoul de Pinet, Jean-Benoît Cavalier, président du syndicat AOC Languedoc, Guilhem Viaud, président du syndicat du Pic Saint-Loup et Christophe Bousquet, président du syndicat de la Clape, venu présenter leurs dénominations devant des représentants de la presse régionale, nationale et internationale, ce matin 4 décembre au château de Flaugergues, à Montpellier.










