Le débat public sur le projet d’extension du port de Port-la-Nouvelle, qui s’est tenu ce 11 mars à la CCI de Narbonne, a soulevé une polémique sur la concurrence. « Je déplore l’attitude d’entreprises locales qui agitent des grelots d’une concurrence menaçante… Voyons plus large, il ne faut pas avoir peur de la concurrence qui est source de création, d’émulation », déclare Bernard Ballester, le président de la CCI de Narbonne faisant référence à la polémique entre le projet de développement du groupe familial Carayon et le cimentier Lafarge. ce dernier a émis un avis plus que réservé quant au projet d’extension dans son cahier d’acteur : « Lafarge se demande si la construction d’un nouveau port sera suffisante pour attirer les investisseurs et leurs trafics, trafics qui pourraient, suivant les cas, présenter une menace pour notre activité et la pérennité de notre modèle économique, aujourd’hui fortement contributeur de richesse pour la Région L.-R. »
De la concurrence à la compétitivité
« Si Lafarge met un genou à terre, c’est qu’il n’est pas compétitif. Carayon ne fait que 50 000 tonnes de ciment. Aujourd’hui, il s’agit de sauver le port à travers ce projet », souligne Henri Martin, le maire de Port-la-Nouvelle et vice-président du Grand Narbonne. Le vice-président de la Région L.-R., Robert Navarro, a lui aussi affiché sa fermeté : « La Région a de bonnes relations tant avec Lafarge qu’avec Carayon. Nous mettons à disposition un outil mais on ne nous fera pas de chantage, nous n’accepterons pas de pression de quiconque. Je ne me suis engagé auprès de personne. On est à l’écoute, on peut arrondir les angles entre les deux sociétés. »
Carayon défend son modèle économique
Le groupe familial Carayon, spécialisé notamment dans la fabrication de béton prêt à l’emploi, est implanté depuis 2010 sur le port à travers des silos de ciment, qu’il importe depuis la Turquie. Il a des ambitions de développement sur le site portuaire. « Le ciment représente entre 30 et 50 % du prix de revient du béton. Notre démarche a été de trouver une solution pour sauver notre entreprise » explique Arnaud Carayon, le pdg voulant couper court aux mauvaises informations qui circulent sur son entreprise. Quand on parle de concurrence, il faut faire attention. Le ciment que nous importons de Turquie, nous ne le vendons pas, nous l’auto-consommons. On nous accuse de faire concurrence à Lafarge ? Eh bien, je vous informe qu’en France, la concurrence est légale. Ensuite, en 2009, par exemple, nous avons acheté 16 700 tonnes de ciment à Lafarge, 15000 venaient de La Nouvelle, le reste d’une société espagnole dont Lafarge est actionnaire. Il s’agissait de ciment grec et espagnol. Oui, Lafarge pense que les importations sont nocives lorsque ce n’est pas elle qui les pratique. Et je ne parlerai pas des sociétés étrangères dont Lafarge est actionnaire. Alors quand elle évoque les contraintes sociales et environnementales dans les pays extracommunautaires… »