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Monsanto : la Ville de Trèbes est "consternée"

Suite à la suspension du permis de construire du projet d’extension du site du semencier américain Monsanto (50 M€, 20 000 m2), Jean-Paul Ferrif, l’adjoint au maire de Trèbes, déclare sa déception à la Lettre M : « la municipalité est consternée. Le projet de Monsanto est le plus important projet d’investissement porté par le privé. » Selon lui, l’entreprise, présente depuis des décennies à Trèbes est « un acteur de la vie économique locale. Ce n’est pas qu’un atelier de manufacture. Elle intervient dans une chaîne avec les agriculteurs locaux et permet de faire rayonner les terres de productions de semences. » Le projet a reçu toutes les autorisations et le soutien de nombreux acteurs : Dreal, Sdis, FDSEA, FFB 11, chambre d’agriculture, conseil général… « La Ville de Trèbes n'a pas les compétences pour instruire un tel dossier de permis de construire. On s'est fait accompagner », précise-t-il, en se désolant de voir qu’à l’issue de cette décision, les 30 entreprises locales présentes sur ce chantier ont arrêté les travaux.
Intérêt général
Selon l’ordonnance, « le juge s’appuie sur l’intérêt public des neufs riverains qui ont fait valoir 19 points, dont 18 ont été rejetés sans discussion, note l’adjoint. Est-ce que neuf riverains qui revendiquent plus un positionnement politique, face à 250 salariés en moyenne et 300 agriculteurs qui dépendent de cette entreprise, c’est l’intérêt général ? »
La décision du juge est basée sur une hauteur de bâtiment qui est supérieure aux 15 mètres autorisés par le PLU, celui-ci exonérant de cette limite les hauteurs des silos.
« Sur cette zone, il y a des silos d’Arterris qui font 27 mètres de haut et d’une capacité largement supérieure à celle des silos de Monsanto », explique l’adjoint.
Selon lui, « il semble que le juge se base sur une implantation sur le sol naturel or celui-ci n’existe plus, l’entreprise a du niveler le sol dans le cadre d’un précédant permis. » Le groupe a déjà réalisé des remblais de 5 à 6 mètres de haut autour de la propriété, envisage une route de sécurité autour de l’extension, visant à réduire les nuisances éventuelles pour les premières maisons voisines situées à plus de 80 mètres. « Ces maisons sont implantées en ZI suite à une carence administrative assez ancienne, qui autorisait les artisans à construire leur habitat dans la continuité de leur atelier ».










