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| 4/03/2026

Élections municipales à Toulouse : zoom sur les programmes économiques des candidats

© Pour Toulouse / Benoit Gibert / Céline Bellanger

Urbanisme, immobilier, mobilités, emploi, soutien aux entreprises… Alors que les élections municipales se tiennent les 15 et 22 mars prochains, La Lettre M a passé au crible les propositions* des candidats déclarés à Toulouse dans le champ du développement économique.

Le trio de tête

Le dernier sondage en date, publié le 20 février par Ifop-Fiducial pour Sud Radio et La Dépêche, distingue un trio de tête au premier tour des élections municipales toulousaines, avec en première position le maire sortant Jean-Luc Moudenc, crédité de 33 % des intentions de votes, suivi du socialiste François Briançon à 30 % et de l'Insoumis François Piquemal à 23 %.

Jean-Luc Moudenc (DVD - « Protégeons l'avenir de Toulouse »)
L’actuel locataire du Capitole, qui a quitté Les Républicains en 2022, est à la tête d’une liste où se côtoient des personnalités issues des rangs de la droite et du centre, mais aussi de la société civile. Dans le champ des transports, Jean-Luc Moudenc entend « développer et moderniser les mobilités pour offrir à tous des déplacements fluides et sécurisés », tout en respectant « la liberté de choix du mode de déplacement ». Si la liste conduite par le maire sortant de la Ville rose et président de Toulouse Métropole met en avant ses réalisations – le développement du maillage de bus et de Linéo, le téléphérique urbain Téléo, les investissements liés au vélo, la future ligne C du métro… -, elle affirme sa position : « Nous refusons la chasse à la voiture ! ». Sur le front du développement économique, Jean-Luc Moudenc souhaite « faire de la Ville rose la capitale de l’emploi, de l’innovation et de l’industrie ». L’édile, qui revendique porter « la seule liste qui soutient l’industrie aéronautique, les entreprises et le développement économique », voit dans son bilan un « gage de notre engagement sans faille aux côtés de ceux qui font la réussite de notre belle ville ». Et d’énumérer les réalisations passées : « Aucune hausse de la taxe foncière et de la cotisation foncière des entreprises depuis 2016, un plan de relance économique de 95 M€ pendant le Covid, 1 438 projets d’implantation d’entreprises depuis 2020, 4 254 créateurs d’entreprises accompagnés depuis 2020. » Parmi les propositions du maire sortant pour le mandat à venir, on retrouve notamment la multiplication des implantations d’entreprises technologiques dans le territoire, la stabilité fiscale, une demande de dérogation à la Loi Zan pour l’implantation « de toutes les industries », la création d’un Conseil économique de Toulouse Métropole « rassemblant tous les acteurs économiques majeurs du territoire » et un soutien à l’inscription dans la loi de la présence des organisations patronales au sein de la gouvernance des Autorités organisatrices des mobilités.

François Briançon (PS – « La gauche unie pour Toulouse »)
À la tête de la liste « La gauche unie pour Toulouse », qui compte notamment en son sein des personnalités du Parti socialiste, du Parti communiste, de Génération.s, du PRG, des Écologistes, d’Archipel Citoyen et de Place Publique, le socialiste François Briançon propose un programme visant à répondre « aux urgences climatiques, sociales et démocratiques de la ville ». Dans le champ du développement économique, plusieurs mesures sont évoquées. L’alliance de gauche, qui prône un « urbanisme au service de l’intérêt général », veut en particulier « construire du logement abordable », avec la réalisation ou le lancement au cours du mandat de « 15 000 logements à loyer modéré » et « 7 500 logements pour accéder à la propriété sans spéculer grâce au Bail réel solidaire ». « L’aire urbaine de Toulouse souffre d’un déséquilibre dans son développement économique et démographique, est-il indiqué dans son programme. Nous voulons développer une densification partagée en remettant au cœur du projet urbain métropolitain une cohérence urbanisme-transport. » Le candidat entend « créer des logements sans étaler la ville en aidant à agrandir, surélever ou transformer les bâtiments existants ». Sur le front de la mobilité, François Briançon prône « un choc d’offres de transports en commun », avec une hausse de 20 % en trois ans. Il prévoit la création et la mise en service progressive d’un RER métropolitain entre 2028 et 2040 et promet l’arrêt du projet de Jonction Est, tout en réorientant les investissements « vers les mobilités durables ». Côté développement économique, François Briançon l’assure : il est « aux côtés des entreprises, de la justice sociale, de la transition écologique et de l’emploi non délocalisable ». Parmi les mesures annoncées, on retrouve un « Plan de soutien à l’économie locale pour garantir la vitalité des commerces et des artisans », mais aussi un soutien à l’aéronautique et au spatial, au numérique et à l’ESS, sans oublier un « Plan de diversification et de résilience économique autour des filières stratégiques ».

François Piquemal (LFI - « Demain Toulouse, à gauche et écologiste »)
À la tête de la liste « Demain Toulouse, à gauche et écologiste », le député LFI François Piquemal déploie un programme qui « reflète les orientations politiques portées par La France Insoumise et l’ensemble de ses partenaires » et entend proposer « une véritable alternative d’une gauche solide sur ses appuis, pour plus de justice sociale et écologique ». Sur le front de l’urbanisme, le message est clair : « Toulouse appartient aux Toulousains, pas aux promoteurs ! Actons la rupture avec le capitalisme urbain. » Côté logements, la liste milite pour un encadrement des loyers, le développement du logement public et souhaite « rénover plutôt que détruire ». Dans le champ des transports, le candidat souligne sa volonté de mettre « fin au modèle où la stratégie des mobilités est décidée d’en haut, projet par projet. Nous créerons une Convention citoyenne métropolitaine des mobilités qui aura un pouvoir réel et un mandat clair : partager la voirie entre piétons, cyclistes, transports en commun et voitures, définir les zones piétonnes et le réseau vélo. » Le candidat, qui propose un « choc d’offre », avec « des transports publics qui arrivent partout dans la métropole et tout le temps », est favorable à un RER métropolitain. Au chapitre de l’économie, la liste incarnée par François Piquemal l’assure : « Toulouse ne doit pas être livrée aux logiques de spéculation, de sous-traitance précaire ou de monoculture technologique. » Elle formule plusieurs propositions « pour que l’économie et l’emploi de notre ville soient au service réel des habitants », notamment la protection des petits commerces « contre la grande distribution », la réorientation de l’investissement municipal « vers l’emploi utile et l’économie locale », mais aussi un soutien au tissu économique avec la demande d’un encadrement des loyers commerciaux, l’objectif d’une « ville du quart d’heure », la mise en place d’une charte de lutte « contre la corruption et le clientélisme », ainsi que l’accompagnement des Coopératives d’activité et d’emploi en vue de favoriser le développement de l’économie sociale et solidaire.

© CCO / Pixabay

 

Les challengers

Parmi les challengers, on retrouve celui que les sondeurs placent pour l’heure à la quatrième position au premier tour (avec 7 % des inventions de votes selon Ifop-Fiducial) : Julien Leonardelli (RN), à la tête de la liste « Le bon sens toulousain ». Dans sa profession de foi, l’eurodéputé, par ailleurs délégué départemental du Rassemblement national en Haute-Garonne, met en avant son parcours d’entrepreneur. « J’ai travaillé pendant près de dix ans à Toulouse, dans le quartier de Borderouge, où j’ai géré et tenu une boulangerie artisanale familiale, indique-t-il. Un commerce de proximité, ouvert tôt, exigeant. » Et le candidat d’ajouter : « Issu du monde professionnel, j’ai également exercé comme agent commercial. J’ai connu la responsabilité, les contraintes économiques, la gestion d’une entreprise et la nécessité de tenir ses engagements. Cette expérience forge une vision politique fondée sur le pragmatisme et le bon sens, loin des discours hors sol. »  Pour la tête de liste RN, « il faut défendre ce qui fait la force de Toulouse : notre industrie, les milliers d’emplois et de compétences dans l’aéronautique et le spatial » qui constituent « l’âme économique et la fierté de notre territoire ».

Domitille Allorant, ancienne infirmière devenue musicienne, et Lambert Meilhac, ingénieur aéronautique, sont les deux chefs de file de la liste portée par le collectif citoyen Nouvel Air, qui s’oppose « aux grands projets immobiliers qui défigurent notre patrimoine, à la Jonction Est coûteuse et inutile, ainsi qu’à une politique de mobilité inefficace ». Ils entendent « créer des marges de manœuvre financières pour accompagner les initiatives toulousaines et rendre notre ville entreprenante ». La liste est créditée selon le sondage Ifop-Fiducial de 3 % des intentions de votes au premier tour du scrutin.

Vanessa Pedinotti, qui se présente comme « travailleuse dans l’aérospatiale à Toulouse et militante syndicale », fait quant à elle acte de candidature pour Révolution Permanente afin de militer « contre les injustices patronales ». Elle est créditée par Ifop-Fiducial de 2 % des intentions de votes.

« À la reconquête de Toulouse » : c’est le nom de la liste portée par Arthur Cottrel, candidat de Reconquête !, le parti d’Éric Zemmour, créditée de 1,5 % des intentions de votes au premier tour. Dans le champ de l’économie, cet ingénieur de formation, pilote de ligne depuis une quinzaine d’années, l’assure : « Toulouse est une terre d’innovation, de travail et d’entreprises. Cette énergie, il faut la libérer, pas l’entraver. » Il entend ainsi « soutenir ceux qui travaillent et entreprennent », « simplifier plutôt que compliquer » et « innover sans idéologie ni fiscalité étouffante ».

Créditée de 0,5 % des intentions de votes, la liste NPA portée par Guillaume Scali, ouvrier dans l’aéronautique, milite quant à elle pour une « Toulouse ouvrière et révolutionnaire ».

Julian Menendez est le candidat du Parti des travailleurs, dont l’objectif est d’« aider dans et par la lutte de classe les exploités à en finir avec l’exploitation capitaliste fondée sur la propriété privée des moyens de production, socialiser les grands moyens de production et d’échange, instaurer un gouvernement de la classe ouvrière ». 

Enfin, Malena Adrada, professeure des écoles, repart à l’assaut du Capitole sous la bannière de Lutte Ouvrière. S’il ne présente pas un programme spécifique pour la Ville rose, selon le parti trotskiste, « être communiste, aujourd’hui, signifie défendre l’idée d’un renversement révolutionnaire de la société capitaliste par le prolétariat, pour bâtir un monde dirigé par la population elle-même ».

* Toutes les citations sont issues des programmes et professions de foi diffusés par les candidats sur leurs sites de campagne.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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