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| 13/02/2026

Municipales à Montpellier : les candidats défendent leurs programmes économiques devant les adhérents du Medef

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Grand oral. Cinq des dix candidats déclarés aux élections municipales de Montpellier présentent le 10 février leur proposition en matière de développement économique dans un débat organisé par le Medef Hérault Montpellier : le maire sortant Michaël Delafosse (PS), Nathalie Oziol (LFI), Isabelle Perrein (sans étiquette – SE), Jean-Louis Roumégas (EELV) et Thierry Tsagalos (sans investiture, encarté au RN)*. Des prétendants appelés à dévoiler leur programme en matière de logement, de fiscalité des entreprises ou de développement économique. Autant de thématiques figurant dans le « livre blanc » de l’organisation patronale héraultaise élaboré à partir des attentes et des problématiques de ses adhérents. Morceaux choisis.

Transitions
Premier sujet abordé, celui des transitions énergétiques et environnementale. Dans ce domaine pour lesquels « plusieurs interrogations majeures ont été formulées » par les adhérents Medef, souligne Jean-Marc Oluski, président du Medef Hérault Montpellier, les candidats plaident tout d’abord pour l’extension du réseau de chaleur municipal vers les zones d’activités économiques. « Nous volons l’étendre aux entreprises », résument ainsi Thierry Tsagalos et Jean-Luc Roumégas. La candidate Isabelle Perrein milite quant à elle pour l’installation de data centres au sein de ces zones. :« La chaleur produite permettrait de faire baisser de 25 % la facture énergétique des professionnels qui y sont installés. » La transition écologique « est indispensable et nous devons être moteur dans ce domaine », explique pour sa part Michaël Delafosse. Concernant le projet de CSR (combustibles solides de récupération) dont l’aménagement est prévu sein de l’usine Amétys, le maire sortant est le seul à le défendre en pointant les nuisances environnementales occasionnées par le transfert des déchets métropolitains vers d’autres unités de traitement :« Cela représente 800 000 kilomètres parcourus par des camions sur les routes du Sud de la France » explique l’élu évoquant le risque d’explosion de la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères). Face à lui, l’écologiste Jean-Louis Roumégas plaide pour la création d’une « régie publique de l’énergie » alors que Nathalie Oziol évoque la production d’une « énergie locale 100 % verte ». 

Fiscalité des entreprises
Concernant les propositions relatives à la fiscalité des entreprises, Michaël Delafosse se veut rassurant en annonçant « la stabilité du taux de CFE (cotisation foncière des entreprises, NDLR) » s’il est réélu. La fiscalité appliquée au sein du territoire métropolitain montpelliérain a progressé de 8 % en 2024, « en raison de la hausse de la CFE (+13,6 %) et de la TEOM (+23,6 %), liée à l’augmentation des taux et des valeurs locatives », rappelle l’observatoire du Medef à ce sujet, soit l'équivalent de 1 700 € par salarié. « La fiscalité des entreprises a permis de financer les projets de mobilités et a créé de l’emploi », explique également le maire sortant. Ses opposants, dont Jean-Louis Roumégas et Nathalie Oziol entendent garantir « une fiscalité lisible et juste » au profit des TPE et PME en apportant en retour une offre concrète de services aux entreprises, en termes de mobilités ou de gestion des déchets… Autre annonce, celle d’Isabelle Perrein qui ne souhaite pas, elle aussi, d’augmentation de la fiscalité.

Attractivité et développement économique
« L’attractivité économique sera la priorité du prochain mandat » résume d’emblée le maire sortant en annonçant son objectif de créer 30 000 emplois dans la métropole dans le cadre d’un éventuel prochain mandat. L’élu qui compte appuyer son programme économique sur les nouvelles zones d’activité – Cambacérès et la Lauze – veut par ailleurs créer un « welcome package » pour accompagner les projets d’implantation d’entreprise tout en généralisant le dispositif du BRS (bail réel solidaire) à l’immobilier d’entreprise. Avec une ambition, « l’internationalisation du territoire ». Pour Jean-Louis Roumégas, « un territoire équilibré, c’est un territoire qui fonctionne ». Le candidat EELV souhaite par ailleurs insuffler davantage de « transparence et de lisibilité dans l’action publique », notamment dans l’attribution de foncier à vocation économique et dans la commande publique.  « Les délais d’instruction des dossiers d’autorisations administratives doivent être raccourci et nous devons mobiliser les friches pour accroître les disponibilités », explique-t-il. « Un territoire plus attractif, c’est d’abord une ville plus propre et sécurisée, commente Isabelle Perrein. Cela passe également par des logements en nombre suffisants pour les salariés, d’où la nécessite de préserver des terrains. Sans foncier, pas de développement économique pour attirer et conserver les entreprises. » La candidate sans étiquette souhaite également simplifier les procédures administratives pour les nouveaux arrivants et créer une « marque unique » pour valoriser le territoire. « Il faut un vrai plan de communication et de marketing territorial », poursuit-elle en évoquant par ailleurs la création d’un fonds destiné à accompagner les projets de levées des entreprises, et d’une banque de stages. Thierry Tsagalos évoque pour sa part une coopération accrue avec les territoires voisins, « de Perpignan à Marseille », tout en proposant l’instauration de quotas de foncier économique dans les zones d’aménagement et la création d’un comité économique de suivi des projets économiques associant les organisations patronales dont le Medef. Du côté de Nathalie Oziol, « la flambée des loyers, la spéculation immobilière et la disparition progressive des petites entreprises du centre-ville », constituent selon elle autant de freins à l’attractivité du territoire.

Logement
Considéré comme un problème majeur pour 64 % des adhérents du Medef Hérault Montpellier et un frein aux projets de recrutements, le logement était également au cœur de ce débat. « Il doit être traité comme une infrastructure stratégique de l’économie locale, au même titre que les transports ou le foncier économique, rappelle Jean-Marc Oluski. Le logement ne peut plus être considéré uniquement comme un sujet social ou urbanistique. La réussite du prochain mandat dépendra de la capacité à produire plus, mieux et plus vite, sans exclure ceux qui font vivre le territoire ». Thierry Tsagalos souhaite construire davantage de logements étudiants dans le cadre d’un « choc de l’offre ». Le maire sortant qui considère pour sa part que la crise logement est « européenne », entend poursuivre la collaboration avec les professionnels en vue de « développer l’offre » tout en se disant favorable à l’encadrement des loyers : « Produire du logement est indispensable, nous vous devons de la visibilité », explique-t-il face aux dirigeants en rappelant que 350 hectares sont dédiés au foncier économique dans le PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal) adopté l’an dernier par la Métropole. Jean-Louis Roumégas entend faciliter l’accession à la propriété des personnes habitant depuis plus de 20 ans dans un logement social et créer un office municipal du logement. « Les folies architecturales sont une folie », explique Isabelle Perrein considérant que le choc de l’offre n’a pas été au rendez-vous ces dernières années. La candidate entend baisser de 30 % les prix des logements en vue de faciliter l’accession des classes moyennes et donc des salariés. Nathalie Oziol veut quant à elle développer les opérations de rénovation et la « construction publique ».
*Les autres candidats déclarés : Mohed Altrad (sans étiquette), Rémi Gaillard (sans étiquette), France Jamet (RN), Morgane Lachiver (LO), Max Muller (Révolution Permanente), Philippe Saurel (sans étiquette), Sylvie Trousselier (Parti des travailleurs)

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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