À Toulouse, la future usine de paracétamol reçoit le soutien de France 2030
Le projet d’implantation d’une usine de production de paracétamol dans la métropole toulousaine reçoit le 6 janvier le soutien de France 2030. Portée par la société haut-garonnaise Ipsophène, l’initiative – qui s’appuie sur un investissement de 30 à 32 M€ – vise à mettre en place « un procédé de fabrication innovant en continu qui permet de réduire les coûts de production, les risques industriels ainsi que les volumes de déchets », précise Bercy, qui estime qu’avec une production annuelle de « 3 400 tonnes, Ipsophène pourra répondre à 38 % de la consommation française ». Le site de 5 000 m2, où évolueront 35 à 40 personnes, devrait être mis en service en fin d’année à Toulouse.
La société Ipsophène, basée à Saint-Orens de Gameville (31) et pilotée par Jean Boher, ambitionne de réaliser « 30 M€ de chiffre d’affaires fin 2026 », annonce le dirigeant à La Lettre M. Le projet toulousain fait partie des sept nouvelles initiatives ayant reçu officiellement le 6 janvier le soutien de France 2030 dans le cadre du renforcement ou de la relocalisation des « étapes clés – principe actif, produit fini – de la production de médicaments essentiels ». Au total, depuis mi-2023, quatorze projets ont été soutenus par les fonds publics, à hauteur de « près de 50 M€ », pour un montant global d’investissement industriel d’environ 300 M€. « Les financements publics seront octroyés en contrepartie d’engagements des industriels sur une sécurisation de l’approvisionnement du marché français », précise Bercy.
« Se battre à armes égales »
« Début 2024, le Gouvernement a dévoilé sa stratégie en faveur de la lutte contre la pénurie de médicaments, rappelle Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Pour être efficace, cette stratégie doit être doublée d’actions ambitieuses en faveur de la réindustrialisation. Le Gouvernement s’engage donc aujourd’hui avec ambition pour la production de médicaments en France. C’est un enjeu majeur de souveraineté, qui nous concerne tous : patients, professionnels de santé, acteurs de la répartition et industriels. » De son côté, Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, estime que « la relocalisation de la production des médicaments essentiels en France et plus généralement en Europe constitue un double enjeu de souveraineté – industrielle et sanitaire ». Et Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, d’ajouter : « Reconquérir notre souveraineté sanitaire à long terme passe par le renforcement des capacités de production de médicaments essentiels en France et en Europe. C’est tout le sens des projets que l’État soutient dans le cadre du plan France 2030. Il s’agit de donner à nos industriels la capacité de se battre à armes égales avec leurs concurrents extra-européens. »











