Un AMI pour décarboner le nord de la Lozère
Répondre aux besoins locaux en gaz de synthèse (syngas) et hydrogène renouvelable à usage industriel et de mobilités dans le “territoire d'industrie“ du Nord Lozère, dont ceux de l’usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher. C’est l’objectif de l’AMI (appel à manifestation d’intérêt) lancé le 12 septembre par l’agence départementale Lozère Développement et “Territoires d’industrie Nord Lozère“ en vue d’identifier un ou plusieurs acteurs industriels susceptibles de « contribuer au portage financier et opérationnel » du projet « afin d’amener une plus grande capacité d’investissement, une ingénierie plus poussée et des solutions pour assurer la sécurisation des usages. »
Biomasse
Cet AMI doit notamment permettre de financer le déploiement de la solution HYNOCA®, développée par le groupe Haffner Energy, spécialisé dans le développement et la construction de stations de production d’énergies renouvelables. « Ce procédé qui repose sur la thermolyse de biomasse, s'avère être le plus adapté aux besoins et intrants disponibles sur le territoire », explique Lozère Développement. Le développement du projet est prévu en deux phases : production du syngas en remplacement du gaz naturel fossile actuellement consommé par ArcelorMittal dans un premier temps, puis transformer une partie de ce syngas en hydrogène renouvelable. Le territoire identifié pour accueillir cette opération est situé dans le nord de la Lozère. « C’est dans cette zone que l’émergence d’un projet territorial de gaz renouvelables apparait comme opportune, en raison de la proximité de l’autoroute A75, de la ligne ferroviaire, de filières forestière et agricole structurées et de l’existence de besoins énergétiques industriels relativement importants, notamment ceux de l’usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher », précisent les deux porteurs de l’AMI.
Alternatives durables
Ce site industriel traite plus de 100 000 tonnes d’acier par an et consomme plus de 50 GWh de gaz naturel liquéfié, dont une partie est transformée en hydrogène par vaporeformage. Et son exploitant est à la recherche de solutions pour le remplacer par des alternatives durables. « Notre site lozérien s’adapte constamment pour réduire son impact environnemental, 50 % de l’énergie nécessaire à son fonctionnement est produite par deux centrales hydroélectriques, une partie de l’eau nécessaire au process est issue de la collecte d’eau de pluie et la chaleur fatale dégagée par nos installations alimente un réseau de chaleur public., explique Philippe Chapus, directeur du projet électromobilité pour ArcelorMittal Méditerranée. Nous avons déjà comme projet d’installer avec Genvia, un démonstrateur d’électrolyseur haute température à oxyde solide en vue de tester sur une année, cette technologie à haut rendement énergétique pour produire de l’hydrogène décarboné nécessaire à notre process. Notre volonté est d’aller plus loin dans notre objectif de réduction des émissions de carbone, en cherchant avec d’autres acteurs locaux des solutions pour substituer nos consommations de gaz naturel, par des énergies produites de façon locale et renouvelable. »











