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Energies
| 3/05/2024

RTE et Qair officialisent la mise à disposition du raccordement pour les éoliennes en mer du projet Eolmed

Signature de la mise à disposition du raccordement par RTE avec Qair, membre du consortium Eolmed, qui porte la réalisation d'une ferme pilote de trois éoliennes en mer au large de Gruissan (30MW). À l'arrière-plan, les trois futurs flotteurs en acier en cours de construction.
© VC

Le groupe héraultais Qair officialise le 2 mai à Port-La Nouvelle la mise à disposition par RTE du raccordement au réseau des trois futures éolienne flottantes (30 MW) prévues à l’été 2025 dans le cadre du projet Eolmed. Un raccordement réalisé grâce à une liaison sous-marine de 63 000 volts longue de 27 km. « L'alimentation sera opérée via un câble qui cheminera des éoliennes à un hub électrique flottant (multiprise flottante) jusqu'au front de mer, où sera réalisé l'atterrage. Ce raccordement permet la mise en exploitation des éoliennes », précise Christèle Limousin, directrice de projets offshore chez RTE. La réalisation du câble a mobilisé un investissement de 45 M€ sur les 323 M€ prévus dans le cadre du projet Eolmed.

Retard et demande d'indexation
« Le projet Eolmed a pris du retard pour de nombreuses raisons. Nous avons espoir que la mise en service soit effective à l’été 2025. Mais pour cela, il faut que l’État réponde à notre demande d’indexation du prix de l’électricité sur l’inflation pour faire face au surcoût du projet : problèmes techniques, Covid, guerre en Ukraine, hausse du prix de l’acier, coût de la conduite du chantier Cette indexation est déjà appliquée par mesure d’urgence par l’État sur tous les projets énergétiques mais pas sur nos projets pilotes. C’est incompréhensible. Le contrat initial, chiffré en 2015, prévoit un prix d’achat de 240 €/MWh, nous demandons 320 €/MWh, explique Jean-Marc Bouchet, actionnaire majoritaire de Qair, une ETI familiale. Il précise toutefois que le raccordement de RTE « n’a pas subi de surcoût contrairement au projet, qui est désormais estimé à 323 M€ alors que nous avons signé un plan de financement de 308 M€ en 2022 (212 M€ au départ du contrat en 2015, NDLR). Face à la hausse des prix et au retard du chantier, certains fournisseurs nous disent qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir finir l’année. » Le chantier se poursuit malgré ces difficultés avec la construction des flotteurs en acier. Les éoliennes devraient être livrées début août. Ce chantier hors norme mobilise plus de 600 personnes, dont 200 sur le port de Port-La Nouvelle.

Une filière industrielle malmenée
L’actionnaire du groupe Qair s’interroge sur la position de l’État, et en particulier de Bercy. « Les projets d’éolien flottant au large de Gruissan depuis le port de Port-La Nouvelle portent l’idée de construction d’une filière industrielle française vertueuse qui accompagne d’importants investissements réalisés par la Région pour en faire un port des énergies renouvelables (800 M€ d'investissement, NDLR), avec notamment l’unité de production d’hydrogène Hyd’Occ (50 MW, 150 M€, NDLR) que nous construisons également sur le port et qui peut être alimentée par les éoliennes flottantes, explique Jean-Marc Bouchet. Nous avons fait le choix que les éléments des trois flotteurs en acier (3 500 tonnes, 44 x 12 m, NDLR) soient construits à Figeac, dans le Lot, et que la soudure s’effectue sur le port audois. La question est de savoir si on veut acheter en Chine ou porter une filière et l’innovation qui va avec comme nous le faisons avec le flotteur de raccordement, le câble de raccordement »

Des développements en suspens
Ayant décroché 2 GW d’éolien flottant en Écosse, le groupe Qair, via sa filiale Qair Marine, voit sa stratégie offshore ébranlée par ce contexte. « On voit déjà que c’est compliqué pour les futurs projets de ferme commerciale en France, commente Laurent Vergnet, directeur offshore France de Qair. Après l’Écosse, nous sommes positionnés sur 2 GW au Brésil. L’Espagne et le Portugal lancent aussi leurs projets éoliens offshore, ce serait dommage de rater le coche. » Et Jean-Marc Bouchet de compléter : « L'un de nos objectifs est de pouvoir capter à Port-La Nouvelle le pipeline BarMar (ou H2Med, NDLR) qui va transporter sous la mer de l'hydrogène décarboné en provenance de la péninsule ibérique depuis Barcelone jusqu’à Marseille. »

Véronique Coll - coll@lalettrem.net
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