La biotech Medincell obtient 40 M€ de crédit européen
La biotech héraultaise Medincell, qui développe un portefeuille de produits injectables à action prolongée, obtient un accord pour un nouveau crédit de 40 M€ avec la Banque européenne d’investissement.« Cela évite une augmentation de capital dans un contexte boursier mauvais et permet de gagner une visibilité financière jusqu’à 2024 », précise à La Lettre M Christophe Douat, président du directoire. Outre le remboursement d'un précédent prêt de 20 M€ contracté en 2018 « dont l'échéance est décalée à 2027 », les 20 M€ restants de ce nouveau crédit doivent permettre à la biotech de 140 salariés de financer ses études pré-cliniques et cliniques sur des médicaments traitant de la schizophrénie et des douleurs post-opératoires.
Deux médicaments en phase 3
Medincell collabore avec l’entreprise israélienne Teva Pharmaceutical sur le traitement de la schizophrénie. Spécialisée dans les médicaments génériques et les composants actifs, ce partenaire a demandé à l'entreprise héraultaise de travailler sur trois médicaments traitant de la pathologie psychiatrique. « Deux d’entre eux sont en phase 3 et pourraient nous garantir entre 5 à 9 % de royalties sur les ventes », pointe le dirigeant. Le premier d’entre eux, nommé mdc-IRM et basé de la molécule rispéridone, devrait être commercialisé au premier semestre 2023, après un décalage de neuf mois. Il fait actuellement l’objet d’un examen pour sa mise sur le marché de l’autorité de régulation américaine (Food and drug administration).
Un marché à plusieurs milliards
La semaine dernière, la biotech a annoncé que son second produit visant le traitement des formes sévères de la schizophrénie, à base d’olanzapine et nommé mdc-TJK, est entré en phase 3. Cette étape de développement permet à Medincell de recevoir un paiement de 3 M€, comme prévu dans son contrat avec Teva Pharmaceutical, sur une enveloppe globale de 122 M€ par médicament produit. « Ces deux molécules, très complémentaires, sont les plus efficaces pour le traitement de la schizophrénie. Lors de leur mise sur le marché sous forme de comprimés, la rispéridone et l’olanzapine ont réalisé 5 Md€ de ventes », glisse Christophe Douat. Un troisième produit devrait par ailleurs entamer sa phrase 3 dans les semaines qui viennent. Celui-ci soigne la douleur post opératoire et consiste en une formulation à libération prolongée de Celecoxib. Par ailleurs, la biotech héraultaise va conduire un essai clinique d’efficacité en prévention du Covid avec la molécule ivermectine sous forme orale. « Cet essai a démarré comme prévu au deuxième trimestre. Nous aurons les résultats au dernier trimestre de cette année », précise le dirigeant.
Calendrier phasé
En termes de calendrier, 30 M€ pourront être retirés par Medincell lors du dernier trimestre de cette année et 10 M€ dès le début de 2023. Selon ses derniers résultats la biotech a réalisé un chiffre d’affaires de 8,3 M€ et affiche 32,2 M€ de dépenses sur l’exercice écoulé. Les activités R&D de la biotech représentent 73 % des dépenses opérationnelles de la structure et atteignent 23,6 M€, contre 19,6 M€ pour l'exercice précédent.










