Comment ATR sort du trou d'air
La société toulousaine ATR, premier constructeur mondial d’avions régionaux, espère livrer « une cinquantaine d'appareils en 2024 », indique le 8 février Stefano Bortoli, président exécutif, lors d'une conférence de presse digitale.
L'avionneur a livré 31 turbopropulseurs neufs l'an dernier – contre 68 en 2019 et seulement 10 en 2020 –, ainsi que 10 appareils d'occasion. En 2021, il a par ailleurs enregistré 35 commandes, lettres d'intention incluses. « Nous sommes confiants car nous constatons des signes positifs d'un marché en reprise », confie Stefano Bortoli, qui voit dans l'essor du marché des avions-cargos, mais aussi dans le boom du e-commerce et le développement des liaisons aériennes au Japon, en Asie du Sud et en Afrique autant de relais de croissance.
Des raisons d'espérer
Pour Fabrice Vautier, directeur commercial chez ATR, plusieurs mutations ont été accélérées suite à la crise sanitaire. « Nos vies ont été réinventées, estime-t-il. Avec la hausse du télétravail, certaines populations se sont déplacées hors des grandes villes. Cela a créé de nouveaux besoins pour l'aviation régionale, et donc de nouvelles opportunités pour les opérateurs de nos appareils. » Par ailleurs, avec la pandémie, les besoins de connexion de proximité liés au transport de biens de première nécessité – nourriture, médicaments… – se sont accrus. ATR anticipe ainsi une demande de 460 avions-cargos (pouvant transporter jusqu'à neuf tonnes) au cours des deux prochaines décennies. De même, l'essor du commerce en ligne a généré de nouveaux besoins.
Autre vecteur de croissance sur lequel mise la co-entreprise d'Airbus et de Leonardo : le marché du remplacement. Actuellement, l'avionneur estime le potentiel à 1 200 turbopropulseurs de 30 à 70 places. Enfin, le développement des liaisons domestiques et transfrontalières est lui aussi croissant, « notamment au Japon, en Asie du Sud et en Afrique », indique Fabrice Vautier.
Miser sur la décarbonation
Son avenir, ATR l'imagine encore plus durable d'un point de vue environnemental, lui qui mettra sur le marché cette année son nouveau moteur PW127XT, plus vertueux, et réalisera au printemps un vol de démonstration avec Braathens Regional Airlines et Neste en vue d'atteindre la certification 100 % SAF (carburants d'aviation durable) de ses appareils à l'horizon 2025. « Et on ne s'arrêtera pas là, prévient Stefano Bortoli. Nous nous inscrivons clairement dans l'objectif de zéro émission nette en 2050. Nous souhaitons contribuer au développement de l'aviation durable. »
Un enjeu qui sera au cœur de la montée en cadence productive de l'avionneur et de sa supply chain (chaîne de sous-traitance). « En 2020 et 2021, nous avons veillé à protéger au maximum nos partenaires, notamment les PME, assure le dirigeant. Aujourd'hui, à l'heure du ramp up (montée en puissance, NDLR), le dialogue se poursuit. » Et de conclure sur ce point : « Nous sommes confiants, car notre réseau est solide. »










