Les salariés de Scopelec en grève pour sauver leurs emplois
« 80 000 € pour le directeur. Et quoi pour nous ? » ou « Merci Orange pour cette nouvelle offre de précarité » : voilà ce qu'on pouvait lire sur les pancartes aux slogans acerbes accrochées aux grilles du site Scopelec de Saint-Orens-de-Gameville près de Toulouse. Même chose à l'entrée du site de Perpignan. Jeudi 3 février, en colère, les sociétaires et les salariés de cette coopérative spécialiste des infrastructures et technologies de télécommunication, étaient en grève. « On ne sait pas ce que l'on va devenir d'ici quelques semaines, explique Frédéric Mazars, délégué syndical FO. Notre avenir est totalement incertain. Or Scopelec est notre entreprise. On l'a créée et on va se battre. »
Deux contrats perdus
En juillet dernier, cette coopérative, dont le siège est installé à Sorèze dans le Tarn, a perdu deux contrats avec Orange, son principal client depuis cinquante ans, pour un marché d’exploitation et de maintenance des réseaux télécoms à hauteur de 150 M€ annuels. Soit près d’un tiers du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise (463,9 M€). Conséquence : 1 800 emplois sont dans la balance en France, dont 500 en Occitanie. « On en veut à Orange – notre plus gros contrat qui nous faisait vivre – de nous avoir lâché, explique, furieux, Christophe Milhas, un technicien. Et on en veut à notre direction de ne pas avoir anticipé cette fin de contrat. »
Malgré leur inquiétude, les salariés gardent un peu d'espoir : ils misent sur les entreprises qui ont remporté les marchés, espérant qu'elles les reprennent. « La direction négocie mais on ne voit rien. Aucun contrat n'a été signé », regrette Frédéric Mazars. Contacté, le groupe n’a pas souhaité réagir.










