[Utile PME] Entreprises en difficulté : quelles solutions ?
Alors que la crise économique se poursuit et que les aides publiques sont peu à peu destinées à s'estomper, de nombreuses entreprises régionales vont se retrouver en difficulté dans les mois à venir. Quels leviers peuvent-elles activer pour éviter d'avoir à baisser le rideau ?
Quand prendra fin la crise économique ? Nul ne le sait. Mais une chose est certaine : les différentes mesures gouvernementales déployées depuis un an ne seront pas éternelles. À l'occasion du premier événement organisé par l'Ordre des experts-comptables d'Occitanie (président : Freddy Nicolas, 2 200 cabinets), Marina Jean, experte-comptable à Béziers, estime ainsi que « chez les entreprises qui maintiennent leur trésorerie exclusivement grâce au soutien de l'Etat, il risque d'y avoir de la casse cette année, car le “quoi qu'il en coûte” va forcément s'estomper ». Pour faire face aux potentielles difficultés, les acteurs économiques doivent être à l'écoute des signaux faibles, le plus en amont possible.
Anticiper au maximum
« Il est indispensable d'anticiper, d'agir dès les premiers signes, pour se protéger soi-même et protéger son entreprise », insiste Eric Gillis, expert-comptable à Toulouse. Un avis partagé par Nadine Baptiste, présidente du tribunal de commerce de Montpellier : « Il ne faut surtout pas attendre. Les procédures de prévention augmentent les chances de survie des entreprises. Accompagnées, les trois-quarts d'entre elles aboutissent en effet à des accords entre les créanciers et les débiteurs. Malheureusement, les dirigeants de TPE-PME ont peur et assimilent trop souvent un passage au tribunal de commerce à un échec... »
Pourtant, plusieurs procédures – toutes confidentielles - existent, adaptées aux difficultés rencontrées. « Avant la cessation de paiements, il est possible, le cas échéant, de demander un étalement des dettes publiques, de faire appel à un mandat ad hoc ou de lancer une procédure de conciliation permettant d'aboutir à un accord amiable entre l'entreprise et ses créanciers », indique Eric Gillis. Vient ensuite la procédure de sauvegarde, qui peut permettre à l'entreprise de poursuivre son activité tout en maintenant l'emploi et en payant ses dettes.
Le spectre du redressement
Tirer la sonnette d'alarme en amont n'est cependant pas toujours chose aisée. Ainsi, certaines entreprises n'ont d'autre choix que de passer par la case “redressement judiciaire”, à l'image du groupe aveyronnais Arcadie Sud-Ouest (1 000 salariés, CA 2019 : 404 M€), acteur majeur de la filière viande française, impacté l'an dernier par la crise sanitaire. « Déjà fragilisée ces derniers mois, la situation du groupe s’est brusquement dégradée sous l’impact du confinement et de la fermeture des restaurants », indiquait l’entreprise l'été dernier, évoquant une « perte importante de chiffre d’affaires », de l’ordre d'1 M€ par mois. Finalement, le tribunal de commerce de Montpellier a attribué les sites ruthénois d'Arcadie Sud-Ouest au groupe coopératif agricole aveyronnais Unicor a repris les sites ruthénois d'Arcadie Sud-Ouest, tandis que d'autres entités ont été reprises par la société Viandes de Bigorre (Hautes-Pyrénées) et les groupes Carnivor (Var) et Bigard (Finistère). Un nouveau départ pour l'entreprise née il y a plus de trente ans à Rodez.










