Digitalisation : les commerces au pied du mur
Amazon sera-t-il le grand gagnant de la crise sanitaire ? Pointé du doigt pour concurrence déloyale, le géant américain de l’e-commerce cristallise les frustrations des petits commerçants. En particulier ceux pour lesquels la digitalisation de leur offre n’est pas une évidence. « Dès que les beaux jours sont revenus, les commerçants ont oublié leur projet de click and collect ou de création de site marchand car il y avait une reprise de l’activité », note Guilhem Gleizes, PDG fondateur de l'agence de web marketing Cibleweb (vingt salariés au siège à Béziers, Montpellier et Toulouse, CA 2019 : 1 M€).
Les collectivités en renfort
Partant de ce constat, les acteurs publics des territoires multiplient les initiatives visant à accompagner les entreprises dans le développement de la vente en ligne. La Région Occitanie met en place une plateforme digitale, j’achète #DansMaZone et invite les artisans et commerçants à s’y inscrire. La CCI du Gard réactive achat-gard.com. De même que l’Agglomération du Grand Narbonne avec le Pass E-commerce. La CCI de l'Hérault se rallie à la plateforme portée par la Ville de Montpellier, jesoutiensmescommercants.montpellier.fr, en ligne à compter du 9 novembre quand la CCI des Pyrénées-Orientales rouvre sa plateforme de géolocalisation, Geo'local66. Au niveau national, l’État dote un fonds de 100 M€ dédié à la digitalisation des petits commerces.
Les privés mutualisent
Côté privé, le Crédit Agricole du Languedoc va mettre ses ressources et compétences à disposition de ses clients commerçants, « que ce soit pour les aider dans la création d’un site internet, la vente à distance ou le click and collect, explique Christian Rouchon, DG de la caisse régionale. Nous allons aussi utiliser notre portefeuille clients particuliers auprès desquels nous allons promouvoir ces clients professionnels. » Des poids lourds de la grande distribution, comme Auchan ou Carrefour, ouvrent aussi leur service de click and collect. Quant aux principaux intéressés, les commerçants, plusieurs d'entre eux à Montpellier par exemple, aidés de communicants, ont créé monQuartier.shop qui propose un service de vente en ligne. Des traiteurs et autres métiers de bouche, implantés en ex-Languedoc-Roussillon, lancent également Box Eat, une plateforme de vente commune.
Marketplaces
Mais plutôt que de se lancer dans la digitalisation de son offre, n’est-il pas plus simple de s'appuyer sur la force de frappe des mastodontes de l’e-commerce ? Pourquoi pas, mais « attention de sélectionner les marketplaces en fonction de l’image et des valeurs qu’elles véhiculent », nuance Julien Agulhon, codirigeant de La Botte Gardiane (30 salariés, quatre boutiques à Paris, Lyon et au siège à Aigues-Vives, CA : 1,8 M€). Click and collect, vente en ligne avec livraison, marketplaces… : nécessaires, ces outils digitaux ont pour certains leurs limites. « Le click and collect ne remplacera jamais la perte d’activité liée à la fermeture de nos librairies », estime ainsi Alain Derey PDG des librairies Sauramps (siège à Montpellier).










