Du vin à la cosmétique, l'imprimeur d'étiquettes Inessens poursuit sa croissance
C’est depuis Montréal de l’Aude, une commune située à quelques kilomètres de Carcassonne, qu’Eric Groshens pilote les neuf sites de fabrication d’étiquettes de son entreprise Inessens (300 salariés), secondé par son DG Laurent Lechat. Avec 4,5 milliards d’étiquettes fabriquées par an, le groupe audois prévoit un chiffre d'affaires 2020 de 55 M€, accusant une baisse de 4 à 6 %, Covid-19 oblige. « Les indicateurs de nos clients sont mal orientés. Tout est lié à la consommation, que l’on ne maîtrise bien évidemment pas », indique Eric Groshens. Pour autant, à horizon cinq ans, l’objectif visé en termes de chiffre d'affaires est et reste fixé à 100 M€.
Né en 1996 dans « le plus grand vignoble du monde » - à Quissan (11) exactement -, c'est par les étiquettes de vin qu'Inessens a démarré son activité, pour ensuite se diversifier progressivement. « Chaque acquisition nous a apporté une expertise supplémentaire, explique Eric Groshens, indiquant que le groupe ne s’arrêtera pas là en termes de croissance externe. Le dirigeant indique être attentif aux opportunités qui devraient se présenter dans les prochains mois sur le marché français.
Parallèlement, son regard se tourne vers le marché international – la clientèle étrangère pèse 5 % à ce jour – que le « luxe à la française » n’a jamais laissé indifférent. Parmi les pays visés, l’Espagne mais aussi la Grande-Bretagne : « Avec le Brexit, il va y avoir de plus en plus d’import de vin en vrac, explique-t-il. L’embouteillage, et donc l’étiquetage, se fera alors sur le sol britannique. » Aujourd’hui la clientèle d'Inessens est issue à 40 % du marché viticole, 20 % du marché des spiritueux, près de 10 % du secteur agroalimentaire et près de 20 % du marché de la cosmétique.
Des sites complémentaires
Revenant sur ses acquisitions successives, « je n’ai jamais racheté pour racheté, insiste Eric Groshens. Le choix de nos nouvelles implantations s’est toujours fait en complémentarité de celles existantes ». Complémentarité dans l’expertise et présence répartie géographiquement. Le dernier tournant en date pris par l'imprimeur, est celui des étiquettes pour le secteur de la parfumerie et de la cosmétique. En 2019, il rachète les étiquettes Michel Haas, « une entreprise référente dans la cosmétique premium », et, la même année, l’imprimerie TLS pour son « savoir-faire acquis dans la fourniture d’étiquettes à usage médical », toutes deux en région parisienne. Dans le Sud de la France, Inessens rachète Art & Sens à Grasse, experte des marchés de la cosmétique et du luxe et « tout ce qui est lié à la communication olfactive ainsi que les étuis » ainsi que les Étiquettes de Provence à Vallauris.
Ces dernières acquisitions rejoignent Aset à Montréal de l'Aude, « spécialisé dans la fabrication d'étiquettes sèches (et non adhésives, NDLR) »; Bidoit à Cognac, acquis pour sa connaissance du marché des spiritueux et « premier imprimeur à démocratiser la dorure à chaud » ; l’imprimerie historique Roy en Bourgogne « capable d’honorer une commande de vingt étiquettes ! » ; Digit Labels dans le Bordelais « qui répond à la demande de nos clients pour de petites et moyennes séries avec une notion de services poussée à l’extrême » et Roubey à Orange avec son expertise en repiquage notamment.
Convergence d'univers
En recherche permanente d’innovation, le dirigeant d’Inessens se dit guidé par la « convergence ». Et de donner un exemple : « D’un côté, nous avons les codes de la cosmétique, avec une grande technicité sur les couleurs, des étiquettes assez lisses ; et de l’autre côté, les codes de l’univers du vin, avec beaucoup plus de matière sur les étiquettes, plus de volume, sensible au toucher, explique-t-il. L’objectif est de faire bénéficier chaque univers des spécificités de l’autre. Pour nos clients, c’est une occasion de se différencier et de casser les codes. La matière, le volume, provoquent une émotion. Pourquoi ne pas en faire bénéficier l’univers de la cosmétique aux étiquettes lisses et plutôt froides ? »
Chaque année, Inessens réinvestit 17 % de son chiffre d’affaires dans la R&D. Au sein du site de Grasses, où la notion de fragrance prime, « nous travaillons sur l’odorat, toujours dans cette idée de convergence », poursuit le dirigeant, à tel point que « si les salons s’étaient déroulés comme prévu cette année, nous aurions eu une innovation à présenter dans ce domaine à destination du marché des spiritueux », note Laurent Lechat, le DG.










