Plan France Relance : les réactions en région
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie
« Le plan de relance détaillé par le gouvernement arrive tardivement : il aurait dû être présenté avant l'été car les entreprises, salariés, demandeurs d’emplois ou jeunes, ont vécu dans l’incertitude et la peur du lendemain. Surtout, ce plan doit aujourd'hui se transformer en actes le plus rapidement possible. Pour moi, il n’y a qu’un seul cap à suivre : préserver l’emploi, soutenir le pouvoir d'achat des familles tout en accélérant la transition écologique. Parmi les mesures annoncées, je retiens notamment la volonté affichée par le gouvernement de s’engager dans le développement du fret ferroviaire, des petites lignes et des trains de nuit. J'attends aussi des actes sur les deux lignes à grande vitesse qui manquent à l'Occitanie. C’est un combat que je porte en Occitanie depuis maintenant quatre ans, sans soutien gouvernemental, à l’image de celui que nous menons pour la sauvegarde de la ligne de fret Perpignan-Rungis. En matière de transition énergétique je regrette que ce plan n’aille pas plus loin même si je salue l’investissement de 7 Mds € annoncé pour le développement de la filière hydrogène qui se présente comme un des leviers principaux dans la recherche de la neutralité carbone. En Occitanie, nous n’avons pas manqué le rendez-vous avec l’hydrogène en étant la 1ère région française à nous doter d’une stratégie globale et d’un Plan Hydrogène vert de 150 M€. Je note une première prise en compte du défi et du gisement d'emplois que constitue la rénovation énergétique pour laquelle la région a lancé son service public voici plusieurs mois et qui permet de faire travailler les artisans dans tous les territoires. Là aussi, il faudra aller plus loin. De manière générale, il faut plus de volontarisme politique sur la relocalisation d'entreprises liées à de secteurs stratégiques essentiels pour le redressement du pays. J’attends maintenant des actes forts et, surtout, un travail en commun à réaliser avec les collectivités pour être au plus près des réalités et répondre aux attentes et besoins de nos concitoyens. »
Coordination rurale Languedoc-Roussillon
« La Coordination Rurale salue l’esprit de ce plan qui prévoit des mesures sur l’autonomie protéique, les besoins de main-d’œuvre, ou encore sur la relocalisation de l'alimentation, y compris dans la restauration hors domicile. Pour la CR, toutes les mesures qui visent à donner de l’autonomie aux exploitations agricoles vont dans le bon sens. (…) Cependant, les objectifs annoncés ne sont pas en rapport avec le maigre budget qui sera consacré à l’agriculture : 1,2 Md seulement sur ce plan de relance global de 100 Md€. Aussi, pour être à la hauteur des enjeux du monde agricole, ce plan doit s’inscrire dans un projet stratégique lié à la Pac (politique agricole commune, NDLR) et qui passe par un engagement politique pour une exception agriculturelle. »
André Deljarry, président de la CCI 34 et vice-président de la CCI Occitanie
« Ce plan massif et ambitieux doit donner un nouvel élan à nos entreprises. Les baisses d’impôts de production, le renfort des fonds propres, la territorialisation du plan et le suivi en concertation sont des signaux forts. (…) Désormais il faut aller vite, être pragmatique, agile car l’enjeu est énorme. (…) Nous nous réjouissons que le Gouvernement ait fait le choix de s’appuyer sur les CCI notamment pour l’accompagnement des commerçants et indépendants à la transition écologique, l’accompagnement des TPE-PME à la transformation numérique, la relance de l’export et l’appropriation des nouveaux usages dans les entreprises (télétravail, dématérialisation). »
Grégory Blanvillain, CPME Hérault
« Nous sommes satisfaits de la baisse des impôts de production qui va concerner beaucoup de monde. Nous espérons que cela va relancer l’activité industrielle, il y a déjà de beaux exemples de réindustrialisation. Sur les aides à l’embauche, l’emploi et la formation, rien à dire, c’est très compliqué pour la jeunesse. Deux bémols toutefois. Tout d’abord, comment est-ce que ce plan de relance va être concrètement appliqué dans les territoires ? Et notamment pour les TPE qui n’ont pas le temps de monter des dossiers. Il faut absolument que la simplification qu’on nous promet arrive. Autre remarque : quid de 2021 ? Les petits commerces, l’événementiel, la culture auront une activité dégradée pendant encore plusieurs mois, voire des années. Tant que les carnets de commande ne sont pas remplis, tant que la confiance des consommateurs n’est pas revenue, toutes les aides du monde ne suffiront pas à relancer l’activité. »
Samuel Hervé, Medef Hérault Montpellier
« Tout d’abord, nous sommes sur du transversal et non du sectoriel, c’est une bonne chose. Il faut maintenant que les entreprises s’en emparent immédiatement car l’enjeu est de préserver les emplois et donc l’activité économique. Il faudra absolument de la lisibilité et une instruction rapide des dossiers. Le volet sur la décarbonation est intéressant car il peut permettre l’émergence de quelques champions internationaux sur des pratiques environnementales qu’ils pourront aller vendre ensuite en Europe et dans le monde entier. Concernant la souveraineté économique, la question est de savoir comment cela va se décliner en France. En temps de crise, il y a trois sujets incontournables : se loger, manger et se soigner. La question de la souveraineté agricole prend tout son sens. Aujourd’hui notre commerce extérieur agricole est déficitaire. Comment le rendre à nouveau compétitif ? La question du maintien et de la création d’emplois est cruciale. On ne peut être que d’accord sur la formation des demandeurs d’emploi qui doivent se former pour être prêts quand l’activité va redémarrer.
Samuel Cette, CPME Occitanie
« Je suis au-delà de la déception ! France Relance, c'est un joli nom, mais ce n’est que du marketing. Je constate que l’État essaie de faire son maximum, mais il ne s’adresse qu'aux grandes entreprises. Il ne prévoit rien pour les petites boutiques. Si le Gouvernement affirme que les baisses d'impôt de production bénéficieront en priorité aux TPE et PME, qu'il le démontre ! Car si on prend, par exemple, la baisse annoncée de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, NDLR), celle-ci n’aura pas d'intérêt pour les petites entreprises puisqu’il existe déjà un dégrèvement pour les entreprises dont le chiffre d'affaires n’excède pas les 50 M€ ».
Xavier Perret, CPME Gard
« Ce plan est impressionnant au niveau des chiffres annoncés mais pas sur le plan des réformes. Nous demandions depuis longtemps une baisse de l’impôt sur la production. Le plan prévoit une baisse de 10 Md€ par an sur deux ans, c’est bien mais pas suffisant : le montant global de cet impôt en France est actuellement d’environ 70 Md€. Comparativement, l'impôt sur les bénéfices représente 31 Md€. Par ailleurs, 70 Md€, c’est sept à huit fois plus qu’en Allemagne. Même après cette mesure, la France sera toujours le premier pays de l’OCDE en termes de prélèvement obligatoire. De plus, cette baisse va concerner les PME à hauteur de 35 %. La France est constituée à 98 % de TPE et PME et cette annonce cible davantage les ETI et grands groupe. Le gouvernement nous parle aussi de créer des emplois mais comment faire sans créer de richesses ? Tout n’est pas mauvais dans ce plan, il y a de très bonnes choses, mais il ne réforme pas assez, en particulier sur le plan de la lourdeur fiscale et administrative. »
Jean-Louis Chauzy, Ceser Occitanie
« S’ajoutant aux plans sectoriels, le plan de relance pour la France doit permettre de répondre aux besoins de notre région et de notre pays. En Occitanie, où l’on cherchait il y a six mois à répondre aux emplois à pourvoir, c’est le retour à la précarité et au chômage en raison du retournement de l’industrie aéronautique, de l’effondrement de l’activité touristique et hôtelière, de la paralysie totale des activités culturelles, sportives et événementielles. La viticulture peut corriger une situation difficile et s’en sortir avec ce plan de soutien. Le Ceser travaillera à la mise en œuvre de ces mesures avec les collectivités et l’État mais il sera vigilant pour le respect des engagements et des contreparties pour la défense de l’emploi, la création de richesses nouvelles, la formation et l’insertion des jeunes diplômés. Les milliards consacrés aux infrastructures de transport doivent permettre une déclinaison financière pour les projets portés et arbitrés en Occitanie. Il s’agit de la création de la société de projets pour les LGV (ligne à grande vitesse, NDLR), l’abondement du financement de la 3e ligne de métro à Toulouse et la réalisation de l’autoroute Toulouse–Castres. »
André Joffre, président du pôle de compétitivité Derbi
« Le plan France Relance prévoit des mesures d’accompagnement des entreprises avec la baisse de l’impôt sur la production, de soutien aux secteurs notamment de l’énergie avec l’hydrogène, le biocarburant,… sans oublier la rénovation thermique et le fond chaleur. Mais avant tout, nous avons besoin de la simplification et de standardisation des procédures et une chaine de prise de décision plus rapide entre les divers intervenants Région, Ademe,… pour ce citer qu’eux. D’ailleurs des négociations sont en cours pour éviter des appels d’offres sur des projets photovoltaïques jusqu’à 500 kw (soit environ 4 000 m2 de surface) contre 100 kw actuellement. En Occitanie, nous avons un atout énorme. La Région s’est engagée dans une démarche de région à énergie positive (Repos) à l’horizon 2050 et dans un Green Deal qui cadrent avec les ambitions du plan de relance de l’État et de sa volonté de relocaliser les activités industrielles. En effet, un industriel peut voir d’un bon œil cette dynamique sectorielle et choisir de venir s’implanter. Il ne faut pas se leurrer la compétition sera rude entre les territoires même si nous avons pleins d’atouts. Pour attirer les entreprises, il faut vite travailler sur des lieux d’implantation pour que dès qu’un prospect se présente, il sente que son projet puisse vite s’amorcer. Certains pays européens sont en avance dans ce domaine. »










