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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 8/06/2018

Sète, capitale de la pêche française

La ville portuaire de Sète (34) sera la capitale de la pêche française les 14 et 15 juin à l’occasion des Assises nationales de la pêche et des produits de la mer. Parmi les thèmes traités : l’attractivité des métiers de la filière, les innovations en aquaculture, les filières halieutiques…En Méditerranée française, ce sont les pêcheurs d’Occitanie qui représentent quasiment toute l’activité. « Sète, avec 2 500 t de poissons débarqués par an en criée et près de 1 000 t vendus en vente directe, ainsi que le Grau-du-Roi, sont les deux principaux ports de Méditerranée française », indique Bertrand Wendling, DG de la Sathoan, société coopérative des pêcheurs de Sète (15 thoniers-senneurs, 16 chalutiers, 42 petits métiers, 25 M€ de CA). Viennent ensuite les ports de Port-La-Nouvelle et d'Agde. 250 marins travaillent en Méditerranée française, en majorité en Occitanie. Le secteur portuaire représente quant à lui 200 emplois et 300 emplois découlent de l’économie de proximité : quincaillerie, charpenterie, accastillage, vente de cordages, mousquetons, produits pour la peinture, mécaniciens pour les moteurs…« Si l’avenir de la pêche n’est pas rose, avec les nombreuses réglementations en vigueur, la filière reste une activité durable, affirme Bertrand Wendling. Les prix se tiennent et la profession reste vigilante. » La pêche pèse 11 % du chiffre d’affaires du port de Sète (18,8 M€ en 2017).

Pressions réglementaires. Dix-huit des vingt-et-un thoniers-senneurs que compte la Méditerranée française sont en Occitanie. Le thon rouge, dont la campagne 2018 court du 26 mai au 24 juin, reste la pêche la plus lucrative. « Un thonier peut ramener entre 60 à 200 tonnes de thon en une campagne, rapporte ce pêcheur sétois. Un matelot peut gagner, pendant l’unique mois de pêche au thon, entre 15 et 40 k€. » En 2006, le thon a fait l’objet d’un plan de reconstitution très contraignant. « Cela porte ses fruits, reconnaît Bertrand Wendling. Les scientifiques estiment que la biomasse de thon est quatre fois plus importante ». Résultat, en 2018, le quota de pêche est de 4 934 t, soit + 20 % par rapport à 2017. Pour autant, le DG de la Sathoan n’oublie pas que les pêcheurs sont régulièrement montrés du doigt sur la surexploitation de la ressource en poissons, « or on sait que le changement climatique a aussi une incidence sur les volumes de thon. L’Ifremer en a démontré les conséquences sur la taille des sardines et des anchois. La pollution des mers influe aussi sur la capacité des poissons à se reproduire ».

Chalutiers et petits métiers L’activité des chalutiers (50 licences en Occitanie), est aussi sous pression avec des quotas d’efforts (196 jours de pêche par navire), des arrêts de pêche en période de reproduction ainsi que des zones de non-pêche ou réglementées de plus en plus nombreuses avec l’arrivée de l’éolien off-shore dans le Golfe du Lion. Entre 2009 et 2015, 14 chalutiers ont été perdus. Cette année, trois chalutiers supplémentaires sont attendus. « C’est pourtant cette flottille qui fait vivre la filière pêche », rappelle Bertrand Wendling. Chaque chalutier emploie 4,5 marins en équivalent temps plein et la flottille fournit 90 % des volumes des criées. Quant à la flottille des petits métiers, elle est la plus importante en nombre (600 navires en Occitanie) mais représente 10 % des apports. Certains patrons de chalutiers démantelés se sont reconvertis dans les petits métiers, et la baisse de l’activité des thoniers a incité des matelots à basculer vers la pêche artisanale une partie de l’année.

Nelly Barbé et Hubert Vialatte
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