Port de Sète : P&O lance un appel
En présence d’une quinzaine d’entreprises - toutes étant de potentiels chargeurs -, Carole Delga, présidente de la Région, et Jean Claude Gayssot, président de l'EPR Port Sud de France, rencontrent, le 5/10 à Sète, le Sultan Ahmed Bin Sulayem, PDG de DP World, dont la filiale P&O Ports a signé en juillet un contrat de 3 ans pour assurer la gestion et le développement du terminal à conteneurs du port de Sète (trafic 2016 : 3,8 MT). Bart Noothoven Van Goor, directeur général de P&O Ports, est installé dans des locaux sur le port de Sète. « L’équipe va être étoffée de 10 personnes, pour être portée à 50 à terme », indique-t-il à La Lettre M. P&O qui va disposer dans un 1er temps du quai E (2 portiques, 1,8 ha de terre-plein conteneurs) puis du quai H (8 ha) entend avancer « pas à pas. L’offre est à construire à l’import et à l’export ». Pierre Mestre, le président d’Orchestra (cf. p.1), explique que son groupe réalise « 3.500 EVP à l'import et 40 % à l'export ». Il utilise le port de Marseille pour « des grandes lignes vers Shanghai et Dehli. Nous avons aussi besoin de petites lignes. Les liaisons Sète-Tanger ont du sens. Et une route maritime vers la Grèce aurait un intérêt pour Orchestra. En nombre d’implantation de magasins, notre part de marché en Grèce est deux fois plus importante qu’en France ».
L’opérateur déjà présent sur 80 ports et bientôt 85, « vise le long terme, selon le PDG de DP World. Il faut être patient. Le 1er navire n’est pas pour demain. » L'activité conteneurs s’était éteinte sur la plateforme portuaire héraultaise. L’objectif visé est de faire du port de Sète « un port de référence en Méditerranée et de développer le trafic maritime InterMed (interméditerranée, NDLR) ».
Orchestra dans l'attente de l'offre P&O
Selon lui, un conteneur EVP Marseille-Shanghai lui coûte 1.000 €. Le groupe réalise par camion (5 à 8 camions par semaine), soit l’équivalent de 15 à 20 EVP par semaine, entre Montpellier-Athènes, qui lui coûte 3.000 € par camion. Un axe de développement que la présidente de la Région met en avant. « Le port de Sète a la taille pour faire du sur-mesure pour les chargeurs. On pourra ainsi compter face aux ports de Marseille et de Barcelone en étant sur un marché de niche », déclare-t-elle.
Miser sur le multimodal
Pour le PDG de DP World, « le port de Sète a le potentiel de se transformer en un important centre logistique et de négoce pour la région et notre expérience nous a montré l'importance des liaisons multimodales pour réaliser cet objectif. Avec la zone logistique, les liaisons ferroviaires et routières ainsi que notre investissement dans l'infrastructure portuaire, le sud-est de la France devrait devenir un lieu important dans la région et la Méditerranée ». L’arrivée sur le port de Sète du 2e acteur mondial de l'activité d'exploitant de terminaux conteneurs conforte la Région dans ses actions d’investissements. « Depuis 10 ans, la Région (LR, puis Occitanie) a investi 154 M € pour moderniser les infrastructures et outils portuaires et accompagner les opérateurs privés à s'y installer. Ces efforts portent aujourd'hui leurs fruits avec l'arrivée de ce nouvel acteur de renommée internationale. C'est une très bonne nouvelle pour Sète, la Région et pour tous les acteurs économiques qui vont bénéficier d'une offre logistique élargie », déclare Carole Delga qui mise sur le professionnalisme des acteurs du port et la fiabilité de l’outil portuaire pour favoriser l’essor de l’activité conteneur.










