La production veut relancer les vins d'entrée de gamme avec l'IGP Terres du Midi
C’est en front uni – et ça n'a pas toujours été le cas - que la production régionale d'ex-LR de vin à indication géographique protégée (Coop de France, les Vignerons indépendants et Pays d’Oc) se présente à la presse le 15/3 à Lattes, dans le fief de l’IGP Pays d’Oc. Alors que le syndicat des producteurs de vin IGP Pays d’Oc s’y refusait jusqu’à présent, la proposition, née à l'initiative des IGP de département il y a un an, de mettre en place une IGP de socle, régionale, appelée Terres du Midi, marque son retour sur le devant de la scène. Fait nouveau expliquant ce revirement, la concurrence des vins étrangers, en particulier espagnols, ne touche plus le seul segment des vins d’entrée de gamme de la région (vins sans indication géographique, indication géographique protégée de département). « Les vins IGP Pays d’Oc (qui représentent 6 des 12 Mhl produits en région, NDLR) sont aussi menacés », confirme Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de vin IGP Pays d’Oc. Boris Calmette pour Coop de France LR, Jean-Marie Fabre pour les Vignerons indépendants et Jacques Gravegeal pour les vins Pays d’Oc ont retravaillé une nouvelle pyramide de valeur des vins IGP qui se découperait en trois segments : le socle, occupé par l’IGP Terres du Midi (rendement de 120 hl/ha), suivi des vins IGP Pays d’Oc de cœur de gamme (90 hl/ha) et, en haut de la pyramide, les vins IGP Pays d’Oc icônes (rendement inférieur à 90 hl/ha). Les trois protagonistes de ce projet souhaitent que cette pyramide se mette en place dès la campagne 2017, une fois qu'il aura été officiellement validé par les différents conseils d’administration et une fois que le cahier des charges sera validé par l'Inao. Celui de Coop de France Occitanie est programmé le 27/3.
Assurer un sourcing de vins d'entrée de gamme
Cette nouvelle segmentation des IGP, avec un socle pour les vins d'entrée de gamme, devrait permettre à la production régionale de regagner les parts de marché qu’elle a perdu au profit de la concurrence étrangère. « Nous devons être en mesure d’avoir une offre régionale qui, en volume et en prix, répondra à la demande de la grande distribution en prix d’entrée de gamme et fera face à cette concurrence espagnole », explique Jean-Marie Fabre. « Nous sommes capables de produire ce type de vin à un prix rentable mais à la condition qu’une contractualisation soit mise en place sur un volume déterminé et que la grande distribution accepte de payer un peu plus cher que pour des vins espagnols », ajoute Boris Calmette. Jacques Gravegeal insiste sur cette condition : « si nous ne sommes pas encordés par la contractualisation, la production et la négoce ne s’engageront pas sur ce segment. » Est en cours de discussion avec les représentants de la grande distribution la mise en place par ces derniers « d’appel d’offres, non plus sur un an mais lissé sur 3 ans, ce qui donnerait de la pérennité aux investissements du négoce en matière d’embouteillage. Il serait du coup en mesure de contractualiser lui-aussi avec la production », poursuit le patron de l’IGP Pays d’Oc.
Lever la confusion en grande distribution
Autre dossier brûlant, celui de la confusion sur l’origine des vins proposés en grande distribution en conditionnement Bib. Une réunion a eu lieu à ce sujet en préfecture de l'Hérault le 14/3. « La grande distribution, tout comme le négoce, ont pris la mesure de la confusion qui existe dans les linéaires de Bib », estime Boris Calmette. Ne pas le faire reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Jean-Marie Fabre en veut pour preuve que « la grande distribution (leur) dit que 70 % de la croissance de leur chiffre d'affaires au rayon vin provient des vins du bassin Languedoc-Roussillon, Dès le printemps, l’enseigne Leclerc s’est engagée sur une meilleure clarté du linéaire sur l’origine des produits Bib, poursuit-il. Le distributeur s’est également engagé à mieux marqué l’origine de ses MDD. » Des discussions avec les centrales d’achat doivent avoir lieu dans les prochaines semaines.
Un seul organisme de défense et de gestion
Techniquement, les trois segments de vins IGP, seraient regroupés au sein d’un organisme de défense et de gestion (ODG) unique, celui des Pays d’Oc. La gouvernance serait revue avec l’entrée dans le conseil d’administration de quatre représentants de la coopération viticole et quatre représentants des Vignerons indépendants, en plus des 18 représentants de l’IGP Pays d’Oc. A l’heure actuelle les vins de département de l’Aude, du Gard et de l’Hérault intègreraient cet ODG des vins IGP de la région. La porte est ouverte pour les IGP de département des Pyrénées-Orientales. Les vins IGP de petites zones continueraient pour l’heure à assurer leur gestion de manière autonome. L'IGP Terres du Midi pourrait faire mention du cépage ou, en mention complémentaire, du nom du département.
A lire également : Vin : alerte sur une baisse du prix de l'IGP Pays d'Oc
A lire également : Languedoc et Sud Ouest : débat autour des vins d’entrée de gamme.










