Régionales : Saurel propose une gouvernance collégiale
2e candidat aux régionales à s'exprimer à la CCI de Toulouse (président : Alain di Crescenzo), après Carole Delga (PS-PRG) la semaine dernière et Dominiqué Reynié (LR-UDI) mardi prochain, Philippe Saurel (Citoyens du Midi, DVG) a prôné, hier, devant 80 décideurs économiques, une gouvernance collégiale pour la future grande région. « La gouvernance de cette nouvelle région, grande comme un pays, doit être collégiale, avec une assemblée rassemblant les 13 départements et les deux métropoles de Montpellier et Toulouse. Cette région ne pourra être gouvernée depuis Toulouse, par une seule couleur politique. Il est important que le futur exécutif ne tienne pas en laisse les autres institutions. »
Le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole a jugé prioritaire, s’il est élu le 13 décembre, « l’établissement d’un diagnostic territorial très précis, sur l’aménagement du territoire et les projets structurants. » Il a identifié deux priorités : « la mobilité et la lutte contre les zones blanches. Il faut prioriser les investissements et ne pas tomber dans du saupoudrage clientéliste, beaucoup pratiqué, et que j’exècre. »
Saurel promet d’opérer des coupes « drastiques » dans le budget de fonctionnement (« communication, cabinets pléthoriques, représentations… ») et des mutualisations (maisons à l’étranger, loges dans les stades, certains services…) pour favoriser l’investissement, sans avancer d’objectif chiffré. « Vouloir une gestion saine pour une collectivité n’est pas un exploit », a-t-il ironisé.
Il juge également « indispensable » de « revoir le statut de la fonction publique (territoriale, NDLR) ».
TER de nuit
Saurel préconise un fonctionnement en partie nocturne des TER, pour une meilleure connexion entre les territoires, et le recours à l’allotissement et aux clauses sociales pour favoriser l’accès des marchés aux PME. Philippe Saurel veut par ailleurs s’inscrire en rupture avec des mesures de la Région LR : « Je suis contre le train à un euro, ou l’ordinateur donné à tous les lycéens. La Région n’est pas un distributeur d’ordinateurs. Il s’agit de vos impôts, j’ai parfois un réflexe un peu libéral… Quant au train à un euro, c’est de l’enfumage. On ne peut pas le financer. »
Pour le candidat dissident de la gauche, « l’Etat perd un peu de puissance. C’est flagrant dans l’aménagement du territoire. Il a du mal à accomplir sa mission. La Région est une instance dans laquelle on peut rétablir un peu de cette souveraineté. »
Philippe Saurel s’est par ailleurs déclaré attaché à la relation Toulouse-Montpellier, « qui survivra aux régionales, quel que soit le vainqueur. Avec Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse), on a su mettre aux vestiaires tous les dogmes passés. Juste après les élections régionales, on votera un contrat de travail dans les différents domaines du développement économique liées à l’action des métropoles : santé, numérique, industrie, agriculture, tourisme, culture et économie sociale, citoyenneté. »
Parmi les réactions dans les rangs de l’auditoire : « il n’a pas de chiffre, un diagnostic territorial n’est pas un projet » ; « La Région, c’est la mise en place de clusters, l’international, l’innovation. Il faut une stratégie économique, or je n’en vois pas dans ces propos » ; ou, plus positif : « Lui, contrairement aux autres, parle de la réalité urbaine, métropolitaine, il a un souci du maillage entre les villes ».










