Effervescence sur le marché de la brique
Louée par les acteurs du marché pour ses qualités environnementales, la filière de la terre cuite connaît un bel engouement grâce à la formidable croissance du marché de la brique.
Fidèle ambassadrice de la brique dite rose, Midi-Pyrénées est la première région française en termes de production de terre cuite. Cette industrie de pointe qui s’inscrit dans une démarche de progrès et d’innovation se développe année après année à un rythme toujours plus soutenu : + 12, 6% d’augmentation en cinq ans du chiffre d’affaires de la filière au niveau national. « Incontestablement, la terre cuite prend de l’ampleur en France et bien sûr en Midi-Pyrénées. Son efficacité et sa légèreté ont relégué le tout béton en second plan. En Midi-Pyrénées, on a la chance d’être sur un massif argileux, en contact direct avec la matière première » analyse Emmanuel Pion, chef de marché gros et technique à Terreal.
La terre cuite, une valeur sûre régionale
Elément naturel, la terre cuite répond aux exigences environnementales, avec en outre des qualités thermiques reconnues et une bonne résistance au temps. La terre cuite garantie des constructions pérennes. Le dynamisme de ce marché devrait encore se poursuivre sur les prochaines années. Les principaux acteurs du secteur régional que sont Imerys Structure et Terreal prévoient une progression de l’ordre de six à huit points d’ici à 2011. Et le développement est encore plus soutenu sur les marchés du collectif et du tertiaire qui devraient doubler sur la même période.
La brique, un moteur de croissance pour la filière
La brique en terre cuite fait figure de tête de proue avec une accélération de sa croissance. Imerys Structure (deux sites, un à Colomiers, l’autre à Bessens, dans le Tarn-et-Garonne, consacrés aux briques) a annoncé voilà un an, un plan d’investissements de 100 M€ d’ici à 2011. Un programme ambitieux pour ce groupe français (1 800 personnes, 509 M€ de CA en 2007), destiné à étendre sa capacité de production de briques rectifiées sur plusieurs de ses sites hexagonaux pour répondre à la demande toujours croissante des briques monomur, un système constructif à isolation répartie qui devrait remporter 5% des parts de marché par an dans les cinq ans à venir.
Du côté de Terreal, l’heure est aussi au développement de la capacité de production. Les travaux d’extension-modernisation de son unité de Colomiers (35 M€ d’investissements) se sont achevés mi-octobre. Non content de doubler son CA qui pèse aujourd’hui 10 M€, cette nouvelle usine va permettre à Terreal de multiplier par trois sa production pour culminer désormais à 220 000 tonnes/an de briques creuses rectifiées et de monomurs.
Le groupe s’appuie également sur une autre unité installée en Languedoc-Roussillon, à proximité de Castelnaudary (28 M€ de CA, 140 personnes) et qui comprend deux lignes de fabrications (briques creuses traditionnelles et rectifiées et produits monolithes de grande longueur).
La R&D au service des industriels du secteur
De nombreux laboratoires de recherche, tels que le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) ou encore le Centre Technique Tuiles et Briques (CTTB) mettent leurs compétences au service des industriels en matière de R & D. Le Centre de Recherche et de Développement (CRED), partie intégrante du groupe Terreal (voir encadré), joue lui aussi un rôle majeur en matière d’innovation.
Mis à part ces deux grands comptes, le tissu des briqueteries régionales, très dense mais difficilement quantifiable, joue un rôle majeur au niveau régional. La brique de terre crue chanvrée 100% écologique, portée par la vieille société toulousaine Barthe SA (fondée en 1772) atteste de l’incroyable vigueur portée par l’ensemble des acteurs régionaux de cette filière.
Eric Dourel
Encadré :
Le CRED, pôle d’innovation de Terreal
Implanté depuis plus de vingt ans à Castelnaudary, le Centre de Recherche d’Etudes et de Développement (CRED) du groupe Terreal est spécialisé sur les briques et tuiles. Fort d’une équipe d’architectes et d’ingénieurs, il étudie la conception des nouveaux modèles de produits (CAO, réalisations de prototypages), procède à des essais expérimentaux sur les lignes pilotes qui permettent de valider les process et le choix de la ligne de production. Il réalise également des essais d’évaluations et de performances permettant de caractériser le produit et de contrôler sa qualité. Le CRED travaille en partenariat avec le pôle scientifique toulousain, notamment l’Insa et l’Université Paul Sabatier.










