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| | 13/03/2008

Perpignan/Municipales – Deuxième tour à haut risque pour Jean-Paul Alduy

Jean-Paul Alduy, sénateur-maire UMP de Perpignan depuis 1993, pourrait être battu dimanche, malgré son score de 38,88% au premier tour. Une défaite mettrait un terme à 49 ans de règne pour la famille Alduy. Paul Alduy, père de Jean-Paul Alduy, fut maire de 1959 à 1993.Le parti socialiste, pourtant divisé au point de présenter deux candidats au premier tour (Jacqueline Amiel-Donat, 20,16% et le dissident Jean Codognès, 15,12%), a en effet trouvé un accord de dernière minute mardi. Le MoDem, mené à Perpignan par Clotilde Ripoull (8,53% des voix) s’est rallié à cette coalition qui affiche volontiers les trois lettres « TSA » (Tout sauf Alduy). Le Front National, mené par Louis Aliot, a obtenu 12,29% des suffrages et se maintient. La conquête de la capitale catalane (110 000 habitants) passe par la chasse aux abstentionnistes (44,88% au premier tour).Amiel-Donat fustige « un système clientéliste »« Après le premier tour, nos permanences ont été prises d’assaut, déclare jeudi à La Lettre M Jacqueline Amiel-Donat, à la tête de la nouvelle liste « Nouvelle union avec la gauche ». La population nous a sommé de ranger nos querelles et de nous unir pour gagner la Ville. » Les trois anciens adversaires ont tenu mercredi soir un meeting commun devant environ 500 personnes. Pour Jacqueline Amiel-Donat, « Jean-Paul Alduy fantasme sa ville, il ne la vit pas. Il dit qu’elle est méditerranéenne alors que les rideaux de fer descendent dès 18h30. »Cette avocate stigmatise « un système clientéliste, de privilèges et de pression » et rend l’actuel maire « en grande partie responsable des émeutes de mai 2005 (entre communautés gitane et arabe, ndlr, où deux personnes avaient trouvé la mort, ndlr), du fait du communautarisme qu’il entretient pour des raisons de manipulation électorale ».  Pour Jean Codognès, le résultat du scrutin du 9 mars est le « résultat de 50 ans d’Alduyisme, de 15 ans d’immobilisme. Perpignan est la ville la plus pauvre de France, la ville où le pouvoir d’achat par habitant est le plus faible, où l’aéroport est dépassé, écrasé par Gérone avec ses 6 millions de passagers ».Alduy dénonce « une combinaison politicienne »Jean-Paul Alduy va contre-attaquer dans une conférence de presse prévue ce jeudi à 19h. « Je vais montrer que je rassemble plus largement qu’au premier tour, a-t-il confié jeudi à La Lettre M. Mon réservoir de voix n’est pas que chez les abstentionnistes. Une bonne quinzaine de personnes qui étaient sur les listes de gauche au premier tour (et exclues de la nouvelle liste d’union, ndlr) se rallient à ma candidature. »Il qualifie la liste de gauche d’ « union des contraires. Elle est composée de femmes et d’hommes qui s’invectivaient et s’excluaient il y a une semaine. Ils ne se retrouvent réunis que par l’appétit du pouvoir. C’est une liste de tripatouillage, une combinaison politicienne. Mais pour diriger une ville, il faut une équipe cohérente, soudée par une même vision de l’avenir et un respect mutuel. » Il admet que cette campagne est pour lui « plus dure que prévu ».Interrogé sur une éventuelle défaite, il rappelle son score élevé du premier tour et s’en remet à une métaphore sportive. « Comme au rugby, c’est le dernier quart-d’heure qui compte. Toutes les hypothèses sont possibles. Mais j’ai la sérénité de quelqu’un qui a un projet et la vérité d’un bilan. » H. V. et V. C. (à Perpignan)

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