Languedoc-Roussillon
Institutions
Mort de Frêche : les Montpelliérains sous le choc
Les Montpelliérains accusent le coup lundi matin après la mort de leur ancien maire Georges Frêche (1977-2004), survenu dimanche à 18h45 à l’Hôtel de Région, à Montpellier. L’actuel président de la Région Languedoc-Roussillon et de Montpellier Agglomération (DVG), tout juste de retour de Chine, a succombé à une crise cardiaque. Tous, y compris ceux qui ne votent pas ou pas pour lui, reconnaissent la qualité de son action politique, quitte à lui pardonner ses dérapages verbaux pourfendus « à la capitale ».
« C'est un choc, je suis vraiment très triste, confie Rime, 34 ans, maman de deux adolescentes et montpelliéraine de coeur. Montpellier ne serait pas ce qu'elle est sans lui. Il ne sera jamais vraiment mort pour les Montpelliérains. Il y a sa trace, sa griffe partout. A quand une rue ou un édifice à son nom ? Je salue sa politique sociale. Grâce à lui, les enfants de milieu modeste peuvent partir en vacances, utiliser les transports en commun, accéder au sport, à la culture et aux loisirs. Mes pensées vont à sa famille. »
Pour Alexandre, 36 ans, employé dans la grande distribution, « c’est lui qui a fait la grandeur de Montpellier. La statue qui manque à Odysseum, c’est la sienne ! Frêche n’a pas préparé sa succession, ça risque d’être compliqué. Je ne m’attendais pas à sa mort, je pensais qu’il était reparti pour longtemps après sa réélection à la présidence de la Région L.-R., en mars. Il avait parlé de se représenter aux prochaines élections régionales, en 2014, voire à la Ville de Montpellier ! Il semblait encore fort et énergique malgré ses problèmes de santé. »
François, 29 ans, ex-étudiant à Montpellier, de passage pendant les vacances, voit en Georges Frêche « un bon maire pour la Ville. Il a fait de Montpellier une ville étudiante, dynamique, agréable, très jolie. Montpellier a de bonnes facultés et un pôle de médecine performant. »
André, retraité, 67 ans, a choisi de s’installer à Montpellier il y a trois ans, sans être un adepte de Frêche. « Je ne suis pas emballé par le quartier néo-classique d’Antigone, ses excès de langage ou par les statues. Je n’ai pas voté pour lui en mars dernier. Mais il a fait un super boulot pour la ville et la région. Son action politique s’est vue surtout à Montpellier, où il a eu le temps d’agir dans la longueur (entre 1977 et 2004, alors qu’il n’était que depuis six ans à la tête de la région, ndlr). Je suis venu il y a quarante ans voir de la famille, Montpellier était une petite ville. Il a su profiter de l’arrivée de la croissance démographique, pour en faire le 8ème ville de France. Tout en maîtrisant le développement : Montpellier est une ville agréable, culturelle, c’est pour ça que j’ai choisi d’y passer ma retraite. Il avait un côté visionnaire, certes un peu mégalo. Aujourd’hui, il reste à faire la fusion des trois universités, dans le cadre de l’opération Campus. Ce n’est plus de son rayon, malheureusement. »
Deux vieux Montpelliérains, attablés à la terrasse d’un café place de la Comédie, commentent la mort de « l’homme fort » de la région. « Tout le monde est unanime sur son action, assure Daniel, agent immobilier. Ce matin (lundi matin, ndlr), Montpellier est sonnée. Beaucoup de villes en France se sont développées depuis 1977, mais Montpellier s’est particulièrement bien développée. Je ne suis pas socialiste, mais j’ai toujours voté pour lui ! » A ses côtés, Jacques, oeuvrant dans la culture, décrypte le côté selon lui machiavélique de Frêche. « Je n’ai jamais voté Frêche. Il a une image d’un tyran. Il a soigneusement coupé les têtes dès son arrivée au pouvoir, en 1977, pour être tranquille et régner sur la ville et faire ce qu’il voulait. Mais avec des résultats. Pour le tramway par exemple, il a marché sur les pieds de tout le monde, lui seul pouvait le faire. Il a bien fait, sinon le tramway n’existerait pas, ou pas aussi vite (chantier de la 3ème ligne en cours, ndlr). Le problème, aujourd’hui, c’est sa succession. Ça va être très difficile. Il a laminé les gens dans son parti et dans l’opposition, parce que s’opposer à Frêche, c’est impossible. »
Le rapport à Frêche a toujours été contradictoire : détesté et vilipendé à l’extérieur, adoré dans son fief… Pourquoi ? « Dans la région, on sait ce qu’il a fait et au niveau national, ses propos qui ont fait controverse étaient sortis du contexte », avance Alexandre. Pour André, « à partir du moment où on s’oppose à Paris, ça plaît aux gens du coin, et moins à Paris… »
Léo, un enfant de neuf ans natif de Montpellier, s’interroge : « Mais que va devenir Montpellier sans lui ? »
Pour Alexandre, 36 ans, employé dans la grande distribution, « c’est lui qui a fait la grandeur de Montpellier. La statue qui manque à Odysseum, c’est la sienne ! Frêche n’a pas préparé sa succession, ça risque d’être compliqué. Je ne m’attendais pas à sa mort, je pensais qu’il était reparti pour longtemps après sa réélection à la présidence de la Région L.-R., en mars. Il avait parlé de se représenter aux prochaines élections régionales, en 2014, voire à la Ville de Montpellier ! Il semblait encore fort et énergique malgré ses problèmes de santé. »
François, 29 ans, ex-étudiant à Montpellier, de passage pendant les vacances, voit en Georges Frêche « un bon maire pour la Ville. Il a fait de Montpellier une ville étudiante, dynamique, agréable, très jolie. Montpellier a de bonnes facultés et un pôle de médecine performant. »
André, retraité, 67 ans, a choisi de s’installer à Montpellier il y a trois ans, sans être un adepte de Frêche. « Je ne suis pas emballé par le quartier néo-classique d’Antigone, ses excès de langage ou par les statues. Je n’ai pas voté pour lui en mars dernier. Mais il a fait un super boulot pour la ville et la région. Son action politique s’est vue surtout à Montpellier, où il a eu le temps d’agir dans la longueur (entre 1977 et 2004, alors qu’il n’était que depuis six ans à la tête de la région, ndlr). Je suis venu il y a quarante ans voir de la famille, Montpellier était une petite ville. Il a su profiter de l’arrivée de la croissance démographique, pour en faire le 8ème ville de France. Tout en maîtrisant le développement : Montpellier est une ville agréable, culturelle, c’est pour ça que j’ai choisi d’y passer ma retraite. Il avait un côté visionnaire, certes un peu mégalo. Aujourd’hui, il reste à faire la fusion des trois universités, dans le cadre de l’opération Campus. Ce n’est plus de son rayon, malheureusement. »
Deux vieux Montpelliérains, attablés à la terrasse d’un café place de la Comédie, commentent la mort de « l’homme fort » de la région. « Tout le monde est unanime sur son action, assure Daniel, agent immobilier. Ce matin (lundi matin, ndlr), Montpellier est sonnée. Beaucoup de villes en France se sont développées depuis 1977, mais Montpellier s’est particulièrement bien développée. Je ne suis pas socialiste, mais j’ai toujours voté pour lui ! » A ses côtés, Jacques, oeuvrant dans la culture, décrypte le côté selon lui machiavélique de Frêche. « Je n’ai jamais voté Frêche. Il a une image d’un tyran. Il a soigneusement coupé les têtes dès son arrivée au pouvoir, en 1977, pour être tranquille et régner sur la ville et faire ce qu’il voulait. Mais avec des résultats. Pour le tramway par exemple, il a marché sur les pieds de tout le monde, lui seul pouvait le faire. Il a bien fait, sinon le tramway n’existerait pas, ou pas aussi vite (chantier de la 3ème ligne en cours, ndlr). Le problème, aujourd’hui, c’est sa succession. Ça va être très difficile. Il a laminé les gens dans son parti et dans l’opposition, parce que s’opposer à Frêche, c’est impossible. »
Le rapport à Frêche a toujours été contradictoire : détesté et vilipendé à l’extérieur, adoré dans son fief… Pourquoi ? « Dans la région, on sait ce qu’il a fait et au niveau national, ses propos qui ont fait controverse étaient sortis du contexte », avance Alexandre. Pour André, « à partir du moment où on s’oppose à Paris, ça plaît aux gens du coin, et moins à Paris… »
Léo, un enfant de neuf ans natif de Montpellier, s’interroge : « Mais que va devenir Montpellier sans lui ? »










