Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier
« Il a marqué cette ville de son empreinte »
« Je viens d’apprendre avec émotion la disparition brutale de Georges Frêche des suites d’un arrêt cardiaque alors qu’il venait de regagner Montpellier après un voyage en Chine. Mes premières pensées vont à la famille de Georges Frêche à qui je transmets mes sincères condoléances. Maire de Montpellier de 1977 à 2004, il a marqué cette ville de son empreinte. Je suis atteinte comme le sont aussi les Montpelliéraines et les Montpelliérains, les habitants du Languedoc-Roussillon ainsi que toutes les personnes, élus ou salariés des différentes collectivités qui durant toutes ces années ont eu l’occasion de travailler à ses côtés. Je rends hommage au grand maire qu’il a été et qui a aimé comme il le disait si souvent Montpellier par-dessus tout. Je suis à Nagoya au Japon pour le Sommet Mondial des Villes pour la biodiversité et rentre de toute urgence à Montpellier. »
Damien Alary, vice-président de la Région et président du conseil général du Gard :
« Mon ami est mort »
« Mon ami est mort. Et je suis sous le choc. Mes premières pensées vont d’abord à lui et à sa famille que je connais bien. Il est mort debout sur les planches, comme un homme de combat.
Je perds un ami de longue date, grand visionnaire pour sa ville et sa région ».
Jean-Paul Fournier, maire UMP de Nîmes
« Il savait reconnaître les projets d'avenir »
« C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris hier soir à New York, où je participe avec une délégation de la commission des affaires étrangères du Sénat à la 65e session de l’Assemblée Générale de l’ONU, le décès de Georges Frêche. Je souhaite rendre hommage à cet homme passionné de la chose publique, à ce visionnaire qui a su impulser un développement spectaculaire à sa ville et à son agglomération. Au-delà des combats politiques, qui furent parfois rude avec lui, au-delà de son caractère entier et de ses déclarations brutales, il avait une connaissance très fine de ses dossiers, il savait reconnaître et soutenir les projets d’avenir pour nos territoires. Je devais, dans les semaines à venir, le rencontrer pour évoquer les grands dossiers de notre agglomération auquel il portait un intérêt certain, tel la future gare TGV de Manduel, la 2e ligne de TCSP ou encore le futur musée de la Romanité. Avec l’agglomération de Montpellier, nous travaillions ensemble sur la fusion des écoles d’art de Nîmes et de Montpellier afin de créer un grand établissement public capable de répondre aux enjeux d’une formation d’excellence. »
Jean-Marc Pujol, maire UMP de Perpignan
« Une figure emblématique »
« La région perd incontestablement avec Georges Frèche l’une de ses figures les plus emblématiques, qui aura marqué la vie politique durant près de quarante ans. Il est des moments ou le débat politique doit se taire pas respect pour les hommes, c’est ce que je ressens ce matin. Je voudrais simplement aujourd’hui retenir son action de bâtisseur qui a permis de donner une autre dimension à la ville de Montpellier, qui est ainsi devenue cette capitale surdouée donnant une image de dynamisme à toute la région Languedoc-Roussillon. À titre personnel, je n’oublie pas combien Georges Frèche a été toujours proche des rapatriés. »
François Commeinhes, maire UMP de Sète
« Profondément affecté »
« La disparition brutale de Georges Frêche m’a comme des milliers d’habitants de notre région et je pense de la France entière profondément affecté. Mes premières pensées vont vers sa famille et ses proches à qui j’adresse, au nom du conseil municipal et de la ville de Sète, mes plus sincères condoléances. Peu d’années après mon élection à la mairie de Sète, j’ai pu rencontrer et apprécier Georges Frêche dans ses dimensions d’homme public, visionnaire et fin stratège politique, mais aussi dans un cadre plus privé où son humanisme – que n’effacent pas quelques phrases malheureuses – et sa grande culture rendaient sa fréquentation très riche et appréciable. Ainsi, nos différences d’orientation politique n’ont jamais été un obstacle à une collaboration fructueuse dans l’intérêt de Sète et du bassin de Thau et pour le développement économique en particulier de notre port, au sujet duquel je salue l’effort initié par le président Frêche depuis sa reprise en main par la Région. Durant ma courte vie politique, il a toujours été d’une grande loyauté à mon égard, car son esprit libre et avant-gardiste ne laissait pas place aux œillères partisanes. Ce grand responsable politique va grandement manquer à notre région et ses habitants et j’espère que celui ou celle qui lui succèdera aura comme lui à cœur de dépasser les querelles partisanes pour défendre le territoire dans sa totalité avec autant de ferveur. »
Jean-Claude Gayssot (PCF), vice-président de la Région L.-R. en charge des relations internationales
« L’homme des grandes décisions sociales »
« Nous perdons un grand Monsieur. La nouvelle de sa mort est brutale. Personne ne s'y attendait. J’étais en Chine il y a quelques jours avec lui. Il a signé d’importants accords de coopération avec Shanghai, dans le domaine des PME innovantes, de l’enseignement supérieur, du tourisme, des exportations des vins… Il a même tenu une conférence sur la longue marche de Mao pendant deux heures, sans papier, devant des étudiants médusés. C’est dire qu’il était en forme ! Frêche est l’hommes des grandes décisions sociales : TER à un euro, cartables numériques… Il visait toujours l’excellence, il ne faisait jamais dans la demi-mesure, que ce soit dans le sport, la culture, le social… Il était un féru d’histoire, mais il pensait toujours à l’avenir. Sa vision était moderne.
Depuis 2004, nous avions conquis cette région à la droite et à l'extrême-droite. Frêche a construit Montpellier et en a fait une grande métropole française, 8ème à ce jour au plan national. Il avait la même détermination pour la région Languedoc-Roussillon. J'entends trop dire qu'il ne pensait qu'à Montpellier, ce qui est faux.
Mes relations avec lui ? Bien sûr, il y a eu des débats, des discussions et des controverses (notamment après ses propos sur le nombre de joueurs noirs en équipe de France de football, ndlr). Mais c'était toujours avec franchise et amitié.
Je suis allé au Chili et en Argentine avec lui, alors que le général Pinochet n’était pas mort. Nous avions des problèmes à la douane. Avec sa voix de stentor, Georges Frêche a crié : 'Vive Allende, à bas Pinochet !' Ca traduit bien sa personnalité : parfois excessif, mais toujours positif." L'ancien ministre de Jospin revient sur la polémique des statues de Lénine et Mao, érigées cet été dans le quartier Odysseum à Montpellier : "Ce que voulait dire Frêche à travers ses statues, c'est que sans Lénine, il n'y aurait pas eu la décolonisation, et que sans Mao, le peuple chinois n'aurait pas retrouvé sa dignité. »
Yves Pietrasanta, maire de Mèze, vice-président de la Région Languedoc-Roussillon
« un grand vide affectif et institutionnel »
« La nouvelle est tombée comme la foudre, nous laissant complètement stupéfiés et sans voix. Le premier sentiment que j’ai éprouvé a été de la peine car entre nous il y avait de l’affection. Nous avons fait un long chemin ensemble au cours de ces années qui nous précèdent, chacun à notre niveau, lui à Montpellier, moi à Mèze. Elus Maires la même année, en 1977, nous avions gardé des relations fréquentes de travail et d’échanges qui se sont évidemment intensifiées en 2004 pour devenir alors des échanges constants empreints d’amitié et de confiance. Tout le monde le dira bien sûr, c’était un visionnaire, un bâtisseur, un homme qui était à la fois un concepteur, un créateur, un créatif mais aussi un homme de terrain. Il a pratiquement toujours eu tous ses mandats au suffrage universel. Il a toujours été proche des citoyens que se soit à la mairie de Montpellier, ville pour laquelle il a énormément fait, dynamisant les communes voisines, mais aussi à la région Languedoc-Roussillon où il a provoqué une profonde mutation dans la façon de gérer et de réaliser. C’est pourquoi, la population l’a toujours apprécié et même aimé car il disait les choses comme il les ressentait et souvent disait tout haut ce que d’autres pensaient tout bas. Il n’avait pas la langue dans sa poche mais il ne méritait pas ces critique acerbes qui allaient jusqu’à l’extrême pour lui et pour ceux qui comprenaient son action. Sous des dehors rudes qui lui procuraient une sorte de carapace, c’était un homme de cœur particulièrement sensible et fidèle en amitié. Il savait faire confiance et agir en conséquence. Il est évident qu’il nous laisse un grand vide à la fois affectif et institutionnel. »
Christian Jeanjean, maire UMP de Palavas
« C’est maintenant que les choses vont se compliquer »
« Je ressens beaucoup de tristesse, bien que nous n’étions pas amis politiques. Je le connaissais bien, nous étions ensemble à la faculté de droit, où j’ai travaillé avec lui. C’était un homme intelligent, de grande qualité. La politique nous a séparés (sortie de Palavas de l’agglomération de Montpellier en 2004, ndlr), je me suis défendu contre lui. Je lui ai toujours tenu tête. Les choses allaient mieux entre nous depuis quelques mois, depuis que Palavas s’était raccordée à la station d’épuration Maera. Il avait beaucoup d’estime pour moi, et c’était réciproque, même nous n’avions pas les mêmes points de vue.
Il était un grand homme. Il va falloir faire après Frêche et ça ne va pas être facile. Il avait une telle vision politique, une telle puissance de travail… ça va être difficile de retrouver la sérénité. C’est maintenant que les choses vont se compliquer.
S’il avait vécu quelques années de plus, on se serait retrouvés, je pense, sur l’essentiel, à savoir sur l’intérêt général (desserte du littoral par la 3
e ligne de tramway et adhésion de Palavas à la communauté d’agglomération de Montpellier, ndlr). Il a marqué son passage, c’était un romain, un seigneur du Moyen âge, un jouteur. Il aimait affronter et gagner, avec tout ce que ça a de bon et de mauvais. Il en avait la capacité. Il pigeait vite, il était redoutable… Il n’acceptait pas qu’on ne soit pas de son avis, c’était son travers. Pour la présidence de Montpellier Agglomération, d’après moi, c’est Christian Assaf et Hélène Mandroux les grands gagnants. Frêche à lui seul était un parti politique ! Maintenant, c’est le PS qui va revenir. Et l’aval du PS, à l’heure actuelle à Montpellier, c’est Assaf et Mandroux. Dans une agglo, c’est le maire de la grande ville qui commande. »
Jean-Pierre Moure, maire (PS) de Cournonsec, premier vice-président de Montpellier Agglomération
« Un monument disparaît »
« C'est une énorme tristesse, la France perd quelqu'un de grand, doté d'une une vision politique et économique. Georges Frêche a façonné le Montpellier qui deviendra une grande métropole.
Il faisait confiance aux autres, savait partager et dépasser des limites. Il avait un caractère très tonique. Il était aussi très affectif et affectueux. C'est dur ce soir. Un monument disparaît. Mais il sera toujours vivant. »
Gilbert Pastor, maire de Castries (PS), vice-président de Montpellier Agglomération en charge du développement économique, ami de Georges Frêche depuis 1973
« Une œuvre inachevée »
« Je suis bouleversé. Je ressens une grande tristesse. Il était à mon mariage en 1976... J'ai toujours admiré ses talents de visionnaire. Il allait contre l'avis général, en disant par exemple qu'il n'y avait pas la place pour deux aéroports à Nîmes et Montpellier, ou qu'il fallait promouvoir un vin de qualité dans la région. J'étais encore avec lui en Chine la semaine dernière. Le vendredi 15 octobre, on a commencé à 8h30 du matin, on a enchaîné la signature d'un jumelage, un déjeuner officiel, une conférence sur la longue marche devant des étudiants francophones pendant deux heures. Il était dans une forme incroyable, même si sa jambe le faisait souffrir (il a été opéré de la hanche après sa réélection à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon en mars dernier, NDLR). Il a toujours dit qu'il mourrait en scène, qu'il ne prendrait jamais sa retraite. La seule fois où je l'ai vu pleurer, c'est quand il a dû prendre sa retraite de professeur de faculté. On perd le bâtisseur de tout le Languedoc-Roussillon. Il part avec une oeuvre inachevée, c'est une grande perte. »
« Il avait une mémoire des personnes et des individus extraordinaire. Un jour, il a croisé par hasard un raseteur, il lui a demandé comment allait sa main gauche. Il ne l'avait pas vu depuis plusieurs mois et se rappelait qu'il s'était blessé à la main gauche ! Il était proche des gens et en même temps il avait une vision de ce qu'il fallait faire, avec les contraintes que ça impose.
Son défaut ? Il n'était jamais à l'heure... Il aimait parler et discuter ! Georges Frêche adorait la belote et le rugby. À la belote, il fallait qu'il gagne ! Tous les moyens étaient bons... La paire Frêche-Nicollin était redoutable. »
Jean-Pierre Grand, député-maire UMP (Villepiniste) de Castelnau-le-Lez, proche de Georges Frêche depuis 27 ans
« Socialiste, gaulliste et révolutionnaire »
« Georges Frêche avait une certaine idée de sa mission. Homme de grande culture et homme politique hors du commun, il bâtissait et confortait la vision moderne de son action politique en référence à l'histoire et à son sens de l'intérêt général. Il y avait chez Georges Frêche un mélange de socialiste, de gaulliste et un peu de révolutionnaire. »
Philippe Saurel (PS), adjoint à l'urbanisme de la Ville de Montpellier, conseiller général au Département de l'Hérault et élu au conseil communautaire de Montpellier Agglomération
« Un homme courageux »
« Je suis triste pour Montpellier, pour la région Languedoc-Roussillon et pour le pays tout entier. C'est un exemple qui vient de disparaître, un exemple de probité, de courage, un formidable bâtisseur, un constructeur, un homme courageux. Je le connais depuis 16 ans. Il est un exemple de vie vouée à l'exercice du bien public. Ce qui m'a marqué chez lui, c'est cette volonté de faire avancer les choses en utilisant les symboles, de créer, d'améliorer, de se projeter dans l'avenir. C'est la tristesse qui prédomine ce soir. Je sens cette tristesse rejaillir sur le peuple de Montpellier et de la région. C'est un symbole qui disparaît. »
Franck Proust, premier adjoint UMP au maire de Nîmes, vice-président de Nîmes-Métropole
« Nous étions d’accord sur les grands dossiers »
J’ai appris la nouvelle de sa disparition avec beaucoup d’émotion. C’est un homme que j’ai combattu politiquement, et dont je déplorais les dérapages verbaux. Mais c’est aussi quelqu’un qui a fait entrer sa ville et son agglomération dans le XXIe siècle. On lui reprochait une vision trop montpelliéraine, mais depuis qu’il était président du conseil régional, il avait une certaine hauteur de réflexion sur la métropolisation du territoire. Il était un peu au-dessus de la mêlée. J’ai eu l’occasion de le rencontrer il y a 20 ans, lorsque j’étais adjoint au tourisme de Jean Bousquet, quand nous discutions du pôle Montpellier-Nîmes, en prémices à cette métropolisation. Depuis que je suis adjoint à l’économie, nous avons eu l’occasion d’échanger ensemble. Nous étions d’accord pour déplorer la lenteur du Pres, ou sur la nécessité de travailler ensemble entre les aéroports de Montpellier et Nîmes. Il me disait qu’il préférait travailler avec des hommes de droite intelligents qu’avec des cons de gauche ! J’espère surtout, aujourd’hui, que la guerre pour sa succession ne va pas immobiliser la Région sur les grands dossiers ».
Patrick Maugard, maire de Castelnaudary
« Un esprit visionnaire »
« C'est avec une grande tristesse que j'apprends le décès d'un grand ami qui a vécu, ici, à Puylaurens. C'était un homme à l'esprit visionnaire, qui a conduit des actions remarquables au niveau de la région. Je voudrai lui adresser un immense merci pour l'ensemble de son œuvre »
Romain Grau, vice-président de l’Agglo de Perpignan en charge de l’économie
« Il avait le souci de l’économie »
« Georges Frêche était un élu qui avait le souci de l’économie et il s’en est mêlé avec professionnalisme en positionnant la Région aux côtés des entreprises notamment auprès de Cemoi, EAS, Republic Technologies ou encore le pôle nautique. Il avait des projets, parfois contestables, et des idées qui ont permis à la région d’avancer. Il a réussi le pari de vendre le Languedoc-Roussillon à l’extérieur comme aux USA ou en Chine où il était récemment. La marque ombrelle Sud de France qu’il a mis en place va résister au temps. Un seul regret toutefois, que le territoire de Perpignan n’ait pas obtenu autant que d’autres territoires, mais peut-être n’y a-t-il pas eu suffisamment de projets. J’espère que pour son successeur, l’agglomération sera prise en compte comme un élément de la politique économique régionale »