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Languedoc-Roussillon
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Agri - Agro
| 16/12/2013

Un nouveau « horsegate » éclate à Narbonne : 21 interpellations

Un nouveau scandale, parti de Narbonne, éclabousse le monde de la viande, près d’un an après « l’affaire Spanghero ». 21 personnes, dont deux vétérinaires de la région , ont été interpellées lundi, dès potron-minet, dans onze départements, pour une affaire de vente de viande de cheval impropre à la consommation. Les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Montpellier (Hérault) soupçonnent Patrick Rochette, dirigeant de la société la Narbonnaise des viandes (CA : 1,5 M€) et boucher à Narbonne (Aude) d’être au cœur d’un trafic où environ 200 chevaux utilisés dans un laboratoire ardéchois de Sanofi-Pasteur, a priori pour produire des sérums, se seraient retrouvés dans l'assiette du consommateur après falsification de documents vétérinaires. Selon des enquêteurs, ces chevaux étaient vendus « 10 euros seulement » aux maquignons. Certaines de ces bêtes, dont plusieurs vendues par Equid’Aniel, un maquignon du Gard, n’aurait jamais du, après leur mort, se retrouver sur les étals, mais vendues comme chevaux de loisirs. « Le commerce d’Equid’Aniel avec Sanofi est connu. Ils vendent puis rachètent les chevaux au laboratoire, avant de les revendre en cheval de loisirs. C’est le dernier maquignon du Gard. Il a bonne réputation », affirme un maréchal-ferrant de la région.
Lettre anonyme
À l’inverse, la personnalité de Patrick Rochette ne fait pas l’unanimité dans la profession. Alors que la garde civile espagnole a déclaré lundi enquêter sur une possible ramification du scandale dans la province de Gerone, à la frontière avec la France, où une opération est en cours en coordination avec les autorités françaises, un boucher chevalin de la région pointe : « On le soupçonne depuis longtemps de faire des choses… Il amène des chevaux français se faire abattre en Espagne et vend la viande un euro au kilo moins chère que tous les autres bouchers, il y a anguille. » « Les lois de traçabilité ne sont pas les mêmes en France qu’en Espagne, avance un autre confrère tout aussi anonyme d’un département voisin. Avec le prix du transport, si on amène les bêtes en Espagne pour les faire revenir en France, c’est qu’on a une bonne raison de vouloir contourner la loi. »
C’est d’ailleurs de Narbonne qu’est partie l’affaire. Selon Le Figaro, une lettre anonyme adressée l'an dernier à la Direction départementale de la protection de la population de la préfecture de l'Aude mettait en cause nommément le grossiste audois. Cette missive pointait que « le trafic porterait sur au moins une trentaine de chevaux ayant servi au laboratoire Sanofi à produire du sérum après administration médicamenteuse. »
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