Zone de turbulences pour le futur avion à hydrogène d’Airbus
Selon FO Airbus Commercial Aircraft, le projet ZEROe d’avion à hydrogène porté par Airbus ferait l’objet d’un « coup de frein ». Le syndicat indique que la direction a présenté le 6 février aux salariés impliqués au sein du groupe aéronautique toulousain « des changements majeurs : une diminution de 25 % du budget dédié au projet, l’arrêt du démonstrateur SI sur l’A380 (démonstrateur d’essai en vol de moteur à pile à combustible à hydrogène), une entrée en service des technologies à hydrogène décalée de cinq à dix ans après 2035, qui était la cible, et l’arrêt de certains sous-projets ». Contacté par La Lettre M, Airbus admet que « les progrès sur les éléments indispensables à cette transition (…) sont plus lents que prévu ».
Et d’évoquer en particulier « la disponibilité de l'hydrogène produit à partir de sources d'énergie renouvelables à grande échelle ainsi que la maturité de certaines technologies clés ».
Un défi « colossal »
Dans le détail, l’avionneur haut-garonnais se dit toujours « déterminé » à mettre sur le marché « un avion à hydrogène commercialement viable ». « Cet engagement s'inscrit dans notre ambition de mener la décarbonation de l'aviation et de soutenir les objectifs de durabilité à long terme de l'industrie aéronautique, ambition qui reste inchangée », assure le groupe. Cependant, si Airbus estime que l’hydrogène a « le potentiel d'être une source d'énergie révolutionnaire pour l'aviation », il se dit conscient que « le développement d'un écosystème autour de l'hydrogène », en particulier les infrastructures, la production, la distribution et la réglementation, représente « un défi colossal qui nécessite une collaboration et des investissements à l'échelle mondiale ».
Le groupe européen piloté par Guillaume Faury indique par ailleurs que « si l'hydrogène est appelé à jouer un rôle croissant dans la seconde moitié de ce siècle », sa contribution aux objectifs de décarbonation à horizon 2050 viendra « en complément d'autres solutions, en particulier les carburants aériens durables (Saf), qui restent essentiels pour les vols à moyenne et longue distance ». Et de conclure : « Nous évaluons en permanence les évolutions technologiques, réglementaires et de notre écosystème pour nous assurer que nos plans restent à la fois ambitieux et réalistes ».
En 2024, Airbus a frôlé son objectif de livraison d’avions commerciaux avec un total de 766 appareils, contre 770 anticipés. L'an dernier, le groupe aéronautique toulousain a enregistré 878 commandes brutes (826 commandes nettes) d’avions. Fin 2024, le carnet de commandes de l’avionneur a atteint 8 658 appareils. Le groupe, qui compte 145 000 salariés, a enregistré 65,4 Md€ de chiffre d'affaires lors du dernier exercice.











