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| 13/12/2024

François Bayrou nommé Premier ministre : les réactions en Occitanie

© SIG

Le président de la République Emmanuel Macron a nommé François Bayrou Premier ministre « et l’a chargé de former un gouvernement », annonce l’Élysée le 13 décembre. Maire de Pau (64) et président de la communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées, il succède à Michel Barnier, démissionnaire après avoir été renversé par une motion de censure votée le 4 décembre par l’Assemblée nationale. François Bayrou, 73 ans, président du MoDem, avait été brièvement ministre de la Justice en 2017 avant de devenir haut-commissaire au Plan en 2020. Il a également été ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997. Premières réactions en Occitanie.

Les réactions en Occitanie

« La situation politique instable et les péripéties de la nomination du Premier ministre placent, une fois encore, les Français dans un état d’inquiétude et d’exaspération, estime tout d'abord la présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, dans un communiqué. Ils ont assumé leur responsabilité en juillet dernier en donnant la victoire au front républicain et un avantage à la gauche. Ils attendent de nous que nous assumions les nôtres. Soyons à la hauteur. » L'élue régionale « regrette » le choix d'Emmanuel Macron de ne pas tenir compte des résultats des législatives « en refusant de nommer un Premier ministre de gauche ». Avant d'adresser ses félicitations au nouveau Premier ministre et de l'appeler « à garantir l’apaisement du pays et à construire le changement politique demandé par les Français ». L'élue évoque également les défis à relever par le nouvel exécutif : « Plus de justice sociale et fiscale, des services publics restaurés pour l’école, la santé et la sécurité ou encore la relance de notre économie, le soutien à notre agriculture et la réindustrialisation de notre pays. » Pour y parvenir, Carole Delga appelle François Bayrou à réunir les partis et les chefs de groupes politiques du socle républicain en vue de « bâtir un accord de non-censure, avec une nouvelle feuille de route et un budget pour la France », tout en l'invitant « à élargir le tour de table pour associer ceux qui ont la confiance des Français » : élus locaux, acteurs du monde économique, syndicats et ONG du champ social et environnemental. « C’est ainsi et seulement ainsi que nous pourrons sortir le pays de l’ornière et redonner espoir au peuple. Notre pays ne peut se retrouver dans les mains de l’extrême-droite », conclut-elle.

De son côté, Jean-Luc Moudenc, maire (ex-LR) de Toulouse et président de Toulouse Métropole, « salue » sur le réseau social X la nomination de François Bayrou. « Depuis très longtemps, il porte, chevillée au corps, la conviction qu’il faut dépasser les clivages partisans pour faire prévaloir l’intérêt supérieur de notre pays, estime l’édile. La situation difficile de la France d’aujourd’hui, dans un contexte international très instable, avec une Assemblée nationale sans majorité, rend plus que jamais nécessaire que des femmes et des hommes de bonne volonté, de gauche, de droite et du centre, aient l’intelligence de bâtir des convergences sur l’essentiel. » Et le locataire du Capitole de souhaiter que « toutes les forces politiques responsables, à l’exception des extrêmes, changent leur comportement pour permettre à notre pays d’être gouverné ».

À la tête du Medef 31, Pierre-Olivier Nau sera « très attentif à la visibilité et à la stabilité que le nouveau Premier ministre va proposer », indique-t-il à La Lettre M. « Les chefs d’entreprise ont besoin d’un cap, d’arrêter de marcher sur un sol plastique », insiste l’élu patronal. Dans le contexte actuel, François Bayrou serait-il l’homme de la situation ? « Je ne fais pas de politique ; moi, mon parti, c’est l’entreprise, répond Pierre-Olivier Nau. Ce que je sais, c’est que François Bayrou est reconnu pour être un homme de dialogue et un homme de territoires, qui plus est du Sud-Ouest. En revanche, sur sa connaissance du monde de l’entreprise, point d’interrogation… Nous verrons bien. » S’il insiste sur le fait que cette nomination était très attendue par le monde économique local, Pierre-Olivier Nau revient avant tout sur « le besoin de clarté sur le plan fiscal et social ». « Aujourd’hui, les entreprises sont très inquiètes, soupire le représentant patronal toulousain. Elles ont besoin de visibilité et doivent retrouver leurs marges pour être en mesure d’investir et de recruter. » 

Son homologue à la tête du Medef Hérault Méditerranée, Jean-Marc Oluski, se veut lui aussi pragmatique : « Nous jugerons ce nouveau gouvernement sur pièce, indique-t-il à La Lettre MLe nouveau Premier ministre doit comprendre les enjeux économiques et prendre conscience de la souffrance et de la colère des entrepreneurs. Le contexte est suffisamment compliqué pour ne pas l’alourdir. » Avant d'être plus incisif. « J'ai entendu il y a quelques jours un député MoDem proposer d’augmenter la flat tax de 3 % pour la passer de 30 à 33 %. Chez moi, cela fait 10 %. De fait, il y a trois choses inquiétantes dans cette proposition : qu’un député d’essence libérale fasse une proposition d’augmentation des impôts, qu’un élu de la nation maîtrise mal la notion de pourcentage qui est au programme des classes de troisième et que la classe politique en général ne comprenne pas que cette augmentation touche toutes les entreprises, grandes et petites. Un patron de TPE est actionnaire de sa boîte et peut se rémunérer en dividendes… quand il y a des bénéfices. Et ce n'est pas gagné ! »

Sans surprise, pour le président du MoDem du Gard, Aurélien Colson, « la nomination de François Bayrou en tant que Premier ministre est une bonne nouvelle (...). Le président du MoDem n’est pas seulement centriste : dans le paysage politique actuel, il est central. Il peut fédérer un arc républicain de femmes et d’hommes de bonne volonté, venant de gauche, du centre ou de droite, mais libérés des logiques partisanes et ayant l’intérêt général au cœur. » Le nouveau Premier ministre présente selon lui toutes les qualités et les garanties pour assumer ce poste : « François Bayrou sait que pour convaincre, on doit d’abord écouter : c’est la méthode qu’il avait proposée lors de la réforme des retraites, en souhaitant un surcroît de concertation. Ne nous y trompons pas : face à la crise politique, face aux difficultés économiques et sociales, face à l’urgence environnementale, face aux crises internationales, l’heure n’est vraiment pas aux petits calculs des ambitions présidentielles. L’heure est à l’esprit de responsabilité. François Bayrou est l’homme de la situation, mais il ne peut réussir seul. À chacun de se montrer à la hauteur. »

La rédaction
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