Fil infos

Pratique
| | 6/09/2024

Reprendre une entreprise en Scop, mode d’emploi

© CCO / Florence Philippart

Via la reprise d’entreprise en Scop, les salariés-associés peuvent expérimenter l’autonomie. Le point avec Maryline Bourdil-Resch, enseignante à MBS (Montpellier Business School), grande école de management et organisme de formation et de conseil aux entreprises.

Les Scop se caractérisent entre autres par le fait que les salariés sont propriétaires de leur entreprise (au moins 51 % du capital social) et par une gouvernance démocratique (au moins 65 % des droits de vote aux salariés-associés), ce qui leur permet de reprendre du pouvoir en même temps qu’ils deviennent co-entrepreneurs.

Reprendre le pouvoir, ça s’apprend
Dans le cas d’une reprise d’entreprise en Scop (société coopérative et participative ou société coopérative de production), il s’agirait pour les salariés qui avaient donné leur pouvoir de décision à leur employeur de reprendre ce pouvoir. Comme prévu dans les statuts des Scop, ces nouveaux propriétaires de la Scop vont participer aux prises de décisions collectives, exercice qui ne serait d’ailleurs pas toujours simple. Pour ce faire, certaines s’appuient sur des outils de prise de décision collective tels que la sociocratie et/ou des outils de communication tels que la CNV (communication non violente). En faisant un parallèle avec le titre de l’ouvrage de Thomas d’Ansembourg et David Van Reybrouck, La paix ça s’apprend, on pourrait dire que décider collectivement, ça s’apprend. Des membres de Scop vont ainsi apprendre à prendre des décisions collectives via le suivi de formations dédiées. Il s’agit de la sorte de « prendre des connaissances » pour reprendre leur entreprise en Scop.

Quand autonomie rime avec pérennité
Outre le fait de gagner en autonomie, les salariés-associés gagneraient en sécurité d’emploi : grâce à l’obligation de mettre un minimum de 15 % des béné- fices en réserve, les Scop seraient plus aptes à traverser les crises. Cette pérennité semble également renforcée par le fait qu’il est prévu dans les statuts des Scop qu’en cas de départ d’un salarié-associé, le remboursement du capital est du même montant que ce qu’il a initialement mis. Ayant pour vocation à être ainsi transmises de génération en génération, les Scop entrent dans le champ des biens communs et il semble possible de dire qu’elles portent en elles l’avenir. Autre élément marquant : reprendre une entreprise en Scop, ce serait la possibilité d’incarner et de faire vivre les principes de l’économie sociale et solidaire (ESS), dont elles font partie (loi de 1978). En effet, outre la gouvernance démocratique et la pérennité, les Scop sont censées incarner les deux autres piliers de l’ESS que sont la lucrativité au service du bien commun (finalités environnementales ou sociales) et la poursuite d’une utilité sociale. Une opportunité pour les salariés-associés qui ont repris une entreprise en Scop de contribuer à un monde plus humain.

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie