Hyperloop TT quitte Toulouse Francazal pour s’installer en Italie
Clap de fin pour l’aventure toulousaine d’Hyperloop TT. La start-up californienne, qui développait depuis 2017 dans son centre R&D de Toulouse Francazal une capsule de transport à grande vitesse par lévitation magnétique, quitte l’Occitanie pour s’installer en Italie. Après avoir annoncé en janvier la signature d’un contrat portant sur le développement d’un prototype entre Venise et Padoue, la société « met fin à un chapitre historique à Toulouse », ville qui lui aura permis selon elle de « jeter les bases » de son « offre gagnante ». Et la start-up de préciser que « les capsules, les pompes à vide, le centre de contrôle et les systèmes de lévitation et de propulsion seront transportés en Italie ».
Des succès « pas toujours constants »
Selon l'entreprise, l’épisode toulousain n’aura pas été vain, y compris pour le territoire. « Hyperloop TT a contribué à hauteur de plusieurs millions de dollars à l'économie locale, a accueilli des leaders mondiaux du transport, du ministère américain des Transports, de la Commission européenne et du consortium italien Hyper Transfer, tout en franchissant une multitude de jalons critiques » en collaboration avec « une vingtaine d’entreprises locales et régionales, d’universités et d’autres organisations », assure la société américaine le 23 février dans un communiqué.
Andrés de León, PDG d'Hyperloop TT, remercie ainsi les acteurs publics locaux pour « leur soutien », bien que les progrès de sa société n’aient « pas toujours été constants », reconnaît-il : « Nous ne serions pas là où nous en sommes aujourd’hui sans le travail préparatoire que nous avons réalisé à Toulouse. » Mais le dirigeant d’assurer que le développement de son entreprise nécessitait « un site d’essai plus grand ». Hyperloop TT, qui prévoit d’achever son déménagement vers l’Italie dans les six prochains mois, a déjà débuté le démantèlement de ses installations haut-garonnaises.
Un bail résilié
Interrogé fin janvier par La Lettre M sur ce dossier sensible, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole – propriétaire du foncier sur lequel était implantée la start-up américaine –, était revenu sur l’initiative d’Hyperloop TT à Toulouse Francazal : « Il s’agissait, je le rappelle, d’un centre de recherche et d’essais. Hyperloop TT avait choisi Toulouse pour la richesse de son écosystème. Mis à part la dépollution du sol, chose qui va nous servir pour l’avenir, nous n’avons rien financé ; nous avons simplement favorisé leur implantation. Et par définition, s’agissant d’un centre de recherche, il ne pouvait y avoir d’obligation de résultats… »
Fin 2021, Toulouse Métropole avait voté une délibération actant « la résiliation anticipée du bail à construction conclu par Hyperloop TT » avec la collectivité portant sur une surface totale de 15 200 m2. Le motif invoqué ? « Les essais effectués depuis 2018 ne concluent pas à la pertinence d’un site d’essai d’une longueur d’un kilomètre » comme initialement prévu.











