Hyperloop TT : pourquoi la piste d’essai de 1 km ne sera pas construite
C’était l’une des – nombreuses – délibérations au menu du conseil métropolitain du 16 décembre. Un vote actant « la résiliation anticipée du bail à construction conclu par Hyperloop TT » avec la Métropole toulousaine portant sur une surface totale de 15 200 m2. Un simple détail administratif ? En réalité, il s’agirait plutôt de la marque d’une réorientation stratégique de la société californienne, qui développe depuis 2018 dans le secret de son centre de R&D de l'aéroport de Toulouse Francazal une capsule de transport à grande vitesse par lévitation magnétique.
Selon la délibération en question, en mai dernier Hyperloop TT a en effet manifesté son intention de modifier le bail à construction afin de « repositionner au mieux (ses) activités sur le site » toulousain, propriété de la Métropole. En cause : « Les essais effectués depuis 2018 ne concluent pas à la pertinence d’un site d’essai d’une longueur d’un kilomètre » comme initialement prévu, les 320 mètres de piste actuellement en place étant « suffisants à ce stade ». La fameuse piste de 1 km « ne sera donc pas construite », tandis que la « réhabilitation du mess des sous-officiers » – qui devait être transformé en centre de recherche – est abandonnée. Suite à cette résiliation anticipée du bail, effective au 31 décembre prochain, une convention d’occupation précaire sera proposée à la start-up.
« Tout le foncier n'était pas utilisé »
Contactée par La Lettre M, Hyperloop TT n’a pas donné suite à nos demandes. Côté Toulouse Métropole, Dominique Faure, vice-présidente chargée de l’économie, de l’innovation et de l’emploi, rappelle le contexte de ce changement de cap stratégique. « L’arrivée d’Hyperloop TT à Francazal s’est faite dans le cadre d’une convention tripartite entre l’entreprise, l’État et Toulouse Métropole, prévoyant une mise à disposition gratuite de foncier, avec bail à construction pour lui permettre de développer son activité dans l’enceinte de la base, indique-t-elle. J’insiste sur un point : depuis cette signature, la Métropole n’a investi aucun fonds public dans ce projet. En janvier 2020, nos négociations avec l’État ont abouti et nous sommes devenus propriétaires des 38 ha qui lui appartenaient encore. Notre ambition : mettre les bouchées doubles pour faire qu’une zone dédiée aux mobilités du futur (intégrant le projet de technocampus de la Région, NDLR) voie le jour à Francazal. » Seulement voilà, dans ce contexte porteur d’ambitions technologiques et économiques, les avancées d’Hyperloop TT, elles, se font attendre. « Lorsque nous avons constaté que tout le foncier mis à disposition n'était pas utilisé, nous leur avons proposé de continuer à exploiter une partie (la piste de 320 mètres, NDLR) et de restituer le reste, ce qu’ils ont accepté. »
Reprendre la main
Une façon pour la collectivité de reprendre la main. « Tout en assurant le maintien de cette activité à Francazal, nous pouvons désormais poursuivre l’aménagement de la zone et sa dépollution, explique Dominique Faure. En parallèle, nous avons confié au cabinet HDZ la mission de traduire notre stratégie politique en un projet d’urbanisme. De premières esquisses seront disponibles fin 2022 et permettront à notre agence d’attractivité de vraiment démarrer la commercialisation de la zone, qui suscite l’intérêt de nombreuses entreprises. »










