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| 18/01/2022

Joël Echevarria (TSE) : « Toulouse Tech University, pour retrouver la culture de la gagne »

Comme un pavé dans la mare. Dans le cadre de l'appel à projets « ExcellencES » du Programme d'investissements d'avenir (PIA 4), Toulouse School of Economics (TSE), l'Isae-Supaero et l'Université Toulouse III - Paul Sabatier ont choisi de s'allier en proposant la création d'une entité commune, Toulouse Tech University (TTU). Interview de Joël Echevarria, directeur général des services de TSE.

Quel est l'objectif de l'initiative Toulouse Tech University ?
Il s'agit de répondre à un appel à projets qui permettrait de faire émerger Toulouse comme un pôle d'excellence, de faire exister le territoire sur la carte française des sites labellisés. En matière d'enseignement et de recherche, Toulouse abrite des pépites, mais le site lui-même n'est pas identifié à l'échelle internationale. Or nous le savons, si nous sommes dans un site déclassé, nous sommes déclassés.

Le projet que vous portez vient concurrencer celui de la ComUE (Communauté d'universités et établissements) expérimentale de l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. Y a-t-il de la place pour deux projets toulousains ?
Nous expliquons depuis un an que le projet de la ComUE expérimentale a, en l'état, peu de chances d'être retenu car il s'inscrit dans une logique très intégrative : tout le monde se retrouve autour d'un projet commun, ce qui nivelle les ambitions par le bas. Pendant des mois, nous avons été marginalisés. Alors nous avons fait le choix de lancer notre propre projet. Depuis quelques jours (interview réalisée le 13 janvier, NDLR), les choses évoluent. Tout le monde a conscience que si deux projets toulousains sont présentés, les deux pourraient être rejetés. Nous souhaitons désormais que puisse être proposée une organisation incluant deux périmètres.

C'est-à-dire ?
Il y aurait un espace large, très intégratif, celui de la ComUE, avec en son sein un cercle plus restreint animé par ceux qui veulent aller plus loin. Nous constatons aujourd'hui que beaucoup de parties prenantes souhaitent converger dans ce sens. Nous ne sommes pas là pour nous faire la guerre. Il faut que chacun fasse un pas, sinon nous allons à l'échec. Le dossier doit être déposé le 1er février prochain ; nous avons donc jusqu'au 20 janvier environ pour acter une écriture commune. Nous avons besoin de retrouver la culture de la gagne car les victoires appellent les victoires.

Quelle forme pourrait prendre cette nouvelle organisation côté Toulouse Tech University ?
Il s'agirait de créer un Établissement public expérimental (EPE) porté par l'Université Toulouse III - Paul Sabatier, avec comme fondateurs associés TSE et l'Isae-Supaero. Ce noyau dur, qui aurait vocation à s'élargir dans le futur, pourrait ainsi s'inscrire dans le projet plus vaste de la ComUE.

Un tel projet amènerait-il TSE à sortir du giron de l'Université Toulouse I - Capitole ?
Il s'agit là d'un aspect technique, formel. Nous regrettons que certains s'arrêtent sur ce point. Si le projet implique que TSE soit une personnalité morale, alors ça peut être fait.

En cas de victoire, une dotation de 40 M€ pourrait être attribuée au projet. Que permettrait-elle de financer ?
​Cette enveloppe de 40 M€ sur huit ans représenterait environ 200 euros par chercheur et par an. Ce n'est pas rien, mais cela permettrait finalement de financer peu de choses. Mais le plus important, c'est la dynamique. En remportant cet appel à projets, nous serions en première ligne en vue des autres financements publics à venir.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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