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Hérault
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Industrie
| 16/03/2021

Après les masques, Prism s'apprête à lancer de nouveaux produits

L’entreprise Prism (onze salariés) à Frontignan fabrique actuellement près de 500 000 masques médicaux dits FFP2 par semaine. En mode 3x8 et avec ses deux machines (fabriquées à Lunel par l'entreprise Enthon) en pleine activité, Prism est capable d'en produire le double et atteindre les 55 millions d'unités par an. Si la fabrication des masques a amorcé le projet industriel de Christian Curel, co-fondateur avec Jean-Marc Azam, l’entreprise a depuis poursuivi son développement en lançant la fabrication d’autres produits tel qu’un gel virucide et fongicide. À venir, la fabrication de blouses, de charlottes, de sur-chaussures… Les équipes de R&D travaillent également sur la fabrication d’un film protecteur ainsi que des systèmes de désinfection de surfaces et de pièces. D'ici à fin 2021, en termes d'effectif, Prism devrait compter trente salariés et cinquante d'ici à fin 2022.
« En matière d’innovation, la question du recyclage des masques usagers est aussi essentielle. Notre objectif est de proposer un masque biodégradable, à un coût raisonnable, explique Christian Curel, également président du syndicat national des fabricants de masques, au préfet de l’Hérault Jacques Witkowski venu visiter le site. La matière première – qui est très peu chère - est déjà entièrement recyclable mais il nous faut trouver une façon intéressante financièrement de la recycler. »

Autonomie
Actuellement, la France compte une trentaine de fabricants de masques. « Beaucoup fabriquent des masques chirurgicaux, les fabricants de masques FFP2 sont moins nombreux, note Christian Curel. Si, une fois la pandémie derrière nous, il reste une vingtaine de fabricants, ce sera déjà bien. » Pour autant, « la France n’est pas encore autonome en matière de fabrication de masques, poursuit-il. Près de cinquante millions de masques sont produits chaque semaine en France quand la consommation hebdomadaire en période pandémique est de 200 millions. S’il y avait aujourd’hui une pandémie en Chine, nous serions toujours en manque de masques. »
L'entreprise Prism milite en faveur de la garantie d'origine des masques, poursuit le co-fondateur qui est également, depuis novembre, président du syndicat national des fabricants de masques. Autonomie dans la fabrication mais aussi autonomie dans la fourniture de la matière première, insiste Christian Curel : « Aujourd’hui quasiment toute la matière première est fabriquée en Chine. La France devrait l’être d’ici à fin 2021. Il le faudrait au moins pour le secteur médical. »

Critères des appels d'offres
Autre cheval de bataille de Christian Curel, au nom du syndicat des fabricants de masques : les critères d’attribution dans les appels d’offres des organismes publics dont ceux de l’État. « Depuis octobre, ce ne sont quasiment que des importations qui remportent les appels d’offres, déclare-t-il. Seul le critère du prix – et à son prix le plus bas alors que nous plaidons pour une comparaison avec le prix moyen issu de l'ensemble des offres reçues – compte aujourd’hui. La partie technique est négligée par les acheteurs, souvent pas méconnaissance. À nous de les informer. » Le syndicat milite pour une meilleure prise en compte de la note technique : la certification mais aussi le calcul du bilan carbone, qui deviendrait de fait un critère nettement moins favorable aux importations.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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