Masques, gel : Prism veut créer une filière autonome locale
Nous voulons « proposer une filière industrielle autonome dans la protection individuelle et collective », indique Christian Curel, co-fondateur (avec Jean-Marc Azam) de Prism, le 12 octobre à La Lettre M. Dans cette optique, Les fondateurs sont entrés en contact avec plusieurs entreprises produisant ce type de produits (masques, visières, gels, plexi...). C’est le cas notamment de l’entreprise lunelloise Enthon qui développe des machines fabriquant des masques FFP2 et de 7Tech (30 salariés, CA : 1,8 M€, Deaux-30) qui a mis au point une machine produisant des masques chirurgicaux.
Collaborations locales
« Nous pouvons soit travailler ensemble pour créer ces produits en collaboration, soit commercialiser leurs produits. » La finalité étant d'industrialiser et d'automatiser les processus existants pour structurer la filière. Prism est d'ailleurs référencée sur la plateforme régionale Occitanie Protect qui vise à mettre en relation des initiatives régionales industrielles en matière d'équipements de santé. L’investissement engagé par Prism pour l'acquisition des premières machines, ainsi que pour plusieurs autres équipements est de 1,6 M€. Une opportunité dans ce contexte de crise sanitaire. « Le CA réalisé auprès de nos clients traditionnels (automobile, aéronautique, agro…, NDLR) a été réduit de 50 %, commente Christophe Meyrueis, dirigeant de 7Tech, spécialisée dans la conception, fabrication et installation, sur commande, de machines. Ainsi, la création cette machine fabriquant des masques chirurgicaux « permet de mettre un pied dans le secteur de la santé » et de maintenir son CA. Prism échange aussi avec Bio-Uv (Lunel) spécialisée dans le traitement et la désinfection de l’eau et des surfaces.
Installation et recrutements
Afin d'héberger ces machines et produits, ainsi que ses bureaux, Prism s’installera prochainement dans des bâtiments d’environ 600 m2 situés dans le Grand Montpellier. D’ici à 2023, Prism devrait déménager pour acquérir des locaux plus grands, « environ 2 000 m2 ». Prism mobilise cinq personnes mais Christian Curel espère que ce nombre passera à dix d’ici à six mois et à cinquante personnes d’ici trois ans. « Toutes ne seront pas forcément recrutées en interne car nous souhaitons collaborer avec des entreprises d’insertion. » Reste à savoir si cette filière locale réussira à s'inscrire dans la durée, en dépit de la concurrence internationale, notamment chinoise, qui pratique des prix très bas et du niveau déjà significatif des stocks de masques que la grande distribution doit encore écouler.










