« La cybercriminalité prend une dimension toute particulière en Occitanie »
« 80 % des entreprises en situation économique difficile et qui subissent une cyberattaque mettent la clef sous la porte dans les six mois », martèle Rémy Daudigny, délégué Occitanie de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). Alors que les Rencontres Cybersécurité Occitanie sont organisées le 29 septembre au centre de congrès Diagora de Labège par nos confrères de Touléco en partenariat avec la Région, l’Anssi et La Mêlée, la question des cyberattaques est plus que jamais d’actualité, y compris – et peut-être même davantage - dans le contexte actuel. « Les attaques sont de plus en plus graves, constate Rémy Daudigny. Nous sommes dans une guerre économique, qui prend plusieurs formes : l’espionnage industriel, l’extorsion de fonds et la destruction d’outils de production. Depuis dix-huit mois, les attaques par rançongiciel (logiciel malveillant qui bloque l'accès à un ordinateur ou un serveur et qui réclame à la victime une rançon pour en obtenir de nouveau l'accès, NDLR) se multiplient et touchent toutes les tailles d’entreprises. » Selon l’Anssi, 104 attaques de ce type ont été comptabilisées en France au cours du seul premier semestre 2020, contre 52 durant toute l’année 2019.
L'aéronautique, une cible naturelle
S’il n’existe pas de chiffres régionaux en la matière, l’Occitanie n’est évidemment pas épargnée par le phénomène, bien au contraire. « Nous avons ici un bassin d’emploi résolument tourné vers le numérique, avec un acteur aéronautique majeur autour duquel gravite un écosystème important, et qui fait l’objet de beaucoup d’intérêt…, rappelle prudemment Rémy Daudigny. Donc, forcément, la cybercriminalité prend une dimension toute particulière en Occitanie. » Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région chargée du Développement économique, de la recherche, de l’innovation et de l’enseignement supérieur, va plus loin : « Si nous exprimons nos ambitions de leadership en matière de cybersécurité, c’est parce que nous considérons qu’il y a ici une tentation, si ce n’est une vulnérabilité. Oui, il y a bien une spécificité régionale, qui s’exprime dans les risques, mais aussi, c'est important de le souligner, dans la présence de très nombreux offreurs de solutions. »










