Digital 113, ce cluster qu'on n'attendait plus
« Il était temps », grince un startuppeur, installé dans le vaste amphithéâtre d’Entiore, à Quint-Fonsegrives (31), aux côtés de près de 400 représentants de l’écosystème numérique de l’ex-MP. Une soirée organisée en duplex avec le Corum de Montpellier, où plusieurs centaines de dirigeants de l’ex-LR étaient également rassemblés. Objectif de l’opération : lancer officiellement le nouveau cluster régional du numérique, né de la fusion de DigitalPlace (Toulouse) et FrenchSouth.digital (Montpellier), baptisé « Digital 113 ». Le résultat de longs mois de pourparlers, qui s’étaient traduits par plusieurs reports successifs. « La durée de gestation de ce nouveau cluster s’est apparentée à celle de l’éléphant, mais l’accouchement s’est fait sans douleur », sourit Daniel Benchimol, co-président avec Pierre Deniset, qui partage le clin d’œil, estimant que « le chemin est parfois long pour atteindre un objectif juste ». Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, valide l’analyse : « On ne nous aurait pas pardonné de ne pas avoir réalisé cette fusion, dans une filière numérique qui rassemble plus de 60 000 emplois en Occitanie ».
Pourquoi « Digital 113 » ? Pour le symbole, répond Daniel Benchimol : « 113 comme la RN 113, la route qui relie Toulouse et Montpellier, poursuivant son cours jusqu'à Nîmes. Et 113, comme 1+1=3. C'est notre état d'esprit ». La nouvelle entité (budget de fonctionnement 2019 : 1,2 M€, 11 permanents, directrice générale : Amélie Leclercq, siège à Toulouse et établissement secondaire à Montpellier) fédère désormais près de 400 entreprises rassemblant quelque 17 000 emplois. Sa feuille de route est déclinée autour de quatre types d’actions : des animations, des projets spécifiques, des événements et des services. Autant de leviers qu’entendent activer les entreprises adhérentes, mais aussi celles qui gravitent autour de l’écosystème numérique régional. « Nous sommes 250 et nous devrions atteindre les 600 à 700 salariés d’ici à trois ans, explique Lauriane Campus, IT Talent recruiter chez Crédit Agricole Technologies et Services, à Montpellier. L’enjeu est d’attirer des talents. Le cluster peut nous y aider en organisant des actions collectives de recrutement, par exemple. Nous recherchons en priorité des profils informatiques afin d’accompagner la transformation digitale des caisses régionales du Crédit Agricole. » David Fieloux, dirigeant de l’école privée Objectif 3D (300 étudiants, Montferrier-sur-Lez - 34), attend quant à lui du cluster « un retour précis sur les besoins des entreprises, afin d’adapter l’offre de formation ». Joséphine Arnaud, responsable d’EnSupLR, qui regroupe l’ensemble de l’offre de formation par alternance des établissements de l’enseignement supérieur de l’ex-LR, organisait jusque-là des petits-déjeuners « Recrutement » avec FrenchSouth.digital. Elle espère que Digital 113 reprendra désormais le flambeau. La prochaine assemblée générale du cluster, qui verra élire un nouveau bureau, aura lieu en juin.










