Les Business School en mutation
Un nouveau statut, pour lever des fonds. Le 31 décembre, deux grandes écoles de commerce ont troqué leur statut d’école consulaire pour celui d’école d’enseignement supérieur consulaire (EESC) : HEC Paris et... Toulouse Business School (TBS). Formalité juridique ou outil de développement ? « L’EESC ressemble un peu à une société anonyme mais elle en diffère par plusieurs points : l’actionnaire majoritaire doit être une CCI ; s’il y a d’autres actionnaires, ils ne peuvent pas avoir plus de 33 % des parts ; aucun dividende n’est versé, etc. », précise François Bonvalet, directeur général de TBS. L'école (45 M€ de CA, 300 permanents, dont 92 professeurs, 5 000 étudiants, 2 000 personnes en formation continue) pourra aussi ouvrir son tour de table. Le DG confie que « trois entreprises sont intéressées mais elles attendent la valorisation de l’école, en cours de finalisation. Plus les sommes levées seront importantes, plus nous irons vite, dans notre déploiement à l’étranger, par exemple. » Quid du futur campus toulousain de TBS ? Implantée sur 22 000 m2 utiles et cinq sites, l’école manque de place. Pour l’heure, la CCI de Toulouse n’a pris aucune décision d’agrandissement ou de regroupement. Si Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, s’est dit favorable, le 16, à une implantation de TBS sur la partie Ensica du site Guillaumet, Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, s’en tient au financement : « TBS a besoin de 40 000 m2. C’est un projet qui se chiffre entre 70 et 80 M€ et que l’on ne boucle pas à l’heure actuelle. Donc il faut trouver des aides extérieures et nous les cherchons. » L'expérience de François Bonvalet, ex-DG de Neoma BS (Reims), pourrait se révéler déterminante.
Chine et Inde. Côté Montpellier Business School (MBS, 3 000 étudiants, 32 M€ de budget pour 2016), la digitalisation est au cœur des préoccupations, « tant dans le contenu des formations que dans le fonctionnement des institutions », commente Didier Jourdan, le directeur. « Le développement à l’international est loin d’être terminé, poursuit-il. Nous comptons près de 140 partenaires étrangers dont une quarantaine de Business School. Des partenariats avec la Chine et l’Inde vont se mettre en place. » Didier Jourdan souhaite également poursuivre la coopération avec Toulouse Business School, « mais nous n’avons pas attendu la réforme pour y réfléchir. » D’ici à 2019 ou 2020, MBS devrait également s’installer sur plus de 20 000 m2 dans le futur quartier d’affaires de la Mogère à Montpellier (cf Lettre M du 26/01/16).
* MBS et TBS se classent respectivement 8e et 10e du classement Challenges (janvier) et 9e et 7e de celui du Figaro Etudiant (novembre).










