Zoom.Près de 700 M€ pour les « quartiers »
«Donner plus à ceux qui ont moins», voici résumé, brièvement, la philosophie du Grand Projet de Ville (GPV) de Toulouse, l’un des plus importants de France par le montant des sommes investies. Il rentre actuellement dans une phase plus visible au niveau des travaux.
Ces «quartiers» ne sont pas ceux de Saint-Etienne ou des Carmes, le périmètre géographique du GPV de Toulouse concerne les «quartiers» de Bagatelle-La Faourette/Empalot et Le Mirail-Bellefontaine-La Reynerie où habitent 50 000 personnes (13% de la population de la ville et 5% de sa superficie, soit 581 ha). Ce projet se décline essentiellement sur deux niveaux : l’habitat et les équipements publics.
Ce GPV a été un projet à gestation longue. Il fut signé en 2003, des avenants l’ont enrichi progressivement et l’achèvement est prévu en 2015. Néanmoins, les responsables municipaux réfléchissent à l’horizon 2025. L’objectif étant d’avoir une vision à long terme quitte, si besoin, à la modifier.
Les équipements publics. C’est une politique «volontariste» de la ville pour doter ces quartiers des équipements de qualité.
Equipements construits ou reconstruits : à Bellefontaine : le centre commercial, le centre culturel Albin Minville, l’Ecole de la 2ème chance, le commissariat à Bagatelle : le centre culturel Desbals, le centre petite enfance à Empalot : la médiathèque.
Equipements en chantier ou en projet. Au Mirail, La Maison de l’Image (16 M€) dont les travaux de construction vont démarrer en 2012, pour une livraison en 2013, l’Unité Territoriale d’Action Médico-Sociale (Utams), Bagatelle-La Faourette. Les responsables du GPV élaborent Le Schéma Directeur à l’horizon 2025, à Empalot, le concours d’urbanisme est lancé (4,4 M€ devraient être investis), à la Reynerie, la médiathèque (7,4 M€), la crèche et le groupe scolaire Jean Gilles (8,3 M€), l’Utams (4 M€).
Les logements. Au niveau de l’habitat, le GPV a connu un début où les démolitions furent bien plus massives que les constructions nouvelles. Cet état de fait devrait s’inverser en fin 2013 avec l’équilibre démolitions/constructions nouvelles. Il convient de noter que le foncier est maîtrisé dans sa totalité. Voici les dernières données : en fin 2009, 360 constructions nouvelles/1416 démolitions ; en 2010, 757/1571 ; en 2011, 1440/1676; en fin 2012, 1819/1878 ; et en fin 2013, 2014/1970.
Au total, 2 234 logements seront démolis, dont 1970 logements sociaux et 264 privés. En sachant que la règle est de 1 pour 1, Toulouse doit construire, dans son périmètre autant de logements qui auront été détruits dans le cadre du GPV et 2 271 logements seront reconstruits sur site. Quatre promoteurs sociaux sont pour l’essentiel concernés par ces projets : Habitat Toulouse, Patrimoine La Languedocienne, La Cité Jardins et Promologis.
Au total, le GPV va permettre la construction de 3 552 logements, dont 1 281 hors du périmètre du Projet de Ville.
Au niveau de la réhabilitation, 6 271 logements feront l’objet de travaux d’amélioration, soit 90 M€. A ce jour, 2044 logements ont été ou sont en cours de réhabilitation.
Sur les 12 copropriétés privées incluses dans ce programme, 3 ont été démolies et 9 sont ou seront réhabilitées.
Par ailleurs, il y a une volonté municipale de «densifier» le logement sur le périmètre du GPV. Enfin, la ville fait obligation aux entreprises qui obtiennent des contrats, de rétrocéder au minimum 5% des heures de travaux générés aux entreprises de contrats d’insertion. A la fin de l’année dernière, 282 personnes avaient bénéficié de ce dispositif.
La conjonction de la Zone Franche Urbaine (cf. mps n° 1781) et du Grand Projet de Ville sur un (quasi) même périmètre suppose une injonction financière importante sur ces quartiers, longtemps laissés en déshérence.
J. Subirats
Le GPV en chiffres
• 300 M€ dédiés au logement
• 700 M€ budget total du GPV, assuré à 42% par les bailleurs sociaux, 32% par Toulouse et le Grand Toulouse, 10% par le conseil général de la Haute-Garonne, 6% par le conseil régional, 6% par le Feder et 3% par l’Anru
• 53% taux d’engagement global des opérations au 31/12/2009
• 416 M€ seront investis au Mirail, soit 59,42% du total du GPV
• 192 M€ seront investis à Bagatelle-La Faourette, 27,42% du GPV
• 92 M€ seront investis à Empalot, 13,14% du GPV










