Zones d’activités : « Le Zan nous pousse à nous réinventer », assure Joseph Carles
À l’occasion d’une rencontre organisée le 30 novembre à l’AUAT, agence d’urbanisme et d’aménagement Toulouse aire métropolitaine, sur le thème « Foncier économique : vers un réinvestissement des zones d’activités existantes », Joseph Carles assure qu’avec « la mise en œuvre du Zan (zéro artificialisation nette, NDLR), nous allons devoir nous réinventer ». Pour le maire de Blagnac et vice-président de Toulouse Métropole en charge de la prospective, de la contractualisation et des politiques économiques, « nous vivons une modification profonde des usages, face à la concurrence entre foncier habitat et foncier économique. Il faut donc trouver des équilibres, afin de ne pas voir une partie du foncier économique passer à la trappe. »
Toulouse, le foncier rare
Si ces problématiques sont vraies partout, elles sont sans doute plus prégnantes au sein de la métropole toulousaine, assure l’élu. « Nous sommes actuellement en train de travailler sur le nouveau PLUi-H (Plan local d'urbanisme intercommunal et Habitat, NDLR), rappelle-t-il. Dans ce cadre, nous regardons les projections et relevons pour le territoire, dans les années à venir, une option de croissance de 9 000 nouveaux habitants et de 5 100 nouveaux emplois par an. En termes de logements, nous devons donc à la fois répondre à ces nouvelles demandes et rattraper le retard qui a été pris. » Et ce, ajoute-t-il, « alors qu’il ne sera plus possible d’utiliser le foncier comme avant ». Or, insiste le maire de Blagnac, le groupe aéronautique Airbus a lui aussi « d’importants besoins » en matière de foncier : « L’avion décarboné va arriver. Airbus va devoir construire des hangars et ça ne pourra pas se faire n’importe où ; le groupe aura besoin d’être à proximité des pistes. C’est donc une vraie question. » Sans oublier, ajoute l'élu, les besoins exprimés par les industriels du spatial, désireux d’implanter dans les années à venir de nouvelles unités de production dans la métropole toulousaine, « mais aussi ceux des autres secteurs, comme le numérique, la santé, les énergies… ».
Vers une dissociation foncier/bâti ?
Pour nourrir les réflexions collectives, l’AUAT a notamment invité à témoigner Sébastien Sémeril, vice-président de Rennes Métropole en charge de l’économie et de l’emploi. « Nous vivons une situation comparable à celle de la métropole toulousaine, dans un contexte troublé », constate l’élu, qui y voit « un problème de riches » lié à l’attractivité des deux territoires en question. Pour répondre aux injections réglementaires dans le cadre du Zan, la Métropole rennaise a fait le choix d’engager un chantier innovant dans ses principales zones d’activités. Avec un constat : les entreprises en place n’utilisent que 40 % de leur surface en bâti, le reste étant dédié aux parkings et à des réserves foncières destinées à d’éventuelles extensions futures. Pour l’élu, il conviendrait de « dissocier bâti et foncier », de façon à être en mesure d’attribuer à d’autres acteurs économiques les surfaces non utilisées. Une construction de la Zac sur la Zac qui n’est pas sans susciter certaines réticences, reconnaît-il volontiers : « C’est un combat à mener. Car allez dire à un chef d’entreprise qu’il ne sera plus, demain, propriétaire de son foncier résiduel ! Il y aura forcément ici un sujet d’accompagnement. » Avec, ajoute-t-il, « la nécessité de mettre en place à terme des outils d’incitation fiscale permettant de répondre à ces enjeux ». Pour Joseph Carles, qui juge cette proposition de dissociation du foncier « intéressante », c’est « au travers d’expérimentations comme celle-ci que l’on peut trouver des solutions ».











