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Haute-Garonne
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Biotechs - Santé / Industrie
| 26/02/2026

Usine de paracétamol à Toulouse : « Rebâtir de l’industrie en France, c’est un combat ! », selon Jean Boher, président d’Ipsophène

© Ipsophène / CCO

Alors que les difficultés rencontrées par l’un de ses fournisseurs, Ipsomedic (13), ont conduit la société haut-garonnaise Ipsophène à revoir l’organisation de ses approvisionnements, la mise en production de sa future usine toulousaine de principes actifs du paracétamol devrait être « décalée à 2028 », indique à La Lettre M Jean Boher, président de l’entreprise qui porte cette initiative reposant sur un investissement global de 40 M€. « La commercialisation, elle, devrait débuter au 2e semestre 2028 », précise le dirigeant, qui prévoit à terme une production annuelle de 4 000 tonnes et table sur un chiffre d’affaires de 38 M€. « Rebâtir de l’industrie en France, c’est un combat ! », martèle-t-il.

Vous deviez initialement mettre votre unité de production en service fin 2025. Le projet a finalement été décalé à plusieurs reprises…
En effet. Nous avons notamment été confrontés au placement en redressement judiciaire de l’un de nos partenaires, la société Ipsomedic (prononcé le 17 novembre dernier, NDLR). Il a par conséquent fallu que nous réagissions en reprenant tous les développements restants. L’objectif est, en particulier, de bien caractériser l'ensemble des boucles de recyclage en vue de réduire les rejets. Ce sont des aspects très importants d’un point de vue environnemental mais aussi économique, car en rendant le procédé plus écoresponsable, nous soutenons également sa rentabilité. Nous nous sommes donc rapprochés d’un autre fournisseur, la division française d’un grand groupe international spécialisé dans les procédés chimiques.

Quand débuteront la production et la commercialisation des principes actifs de paracétamol ?
Nous devrions être en mesure de démarrer la production début 2028. Puis il nous faudra obtenir le Certificat de conformité à la pharmacopée européenne (CEP) des mains de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), afin d’être en mesure de débuter la commercialisation de nos produits au deuxième semestre 2028.

Vous allez aménager une unité de production à Toulouse (au sein du site ArianeGroup, dans un ancien bâtiment pharmaceutique de quatre étages et 33 mètres de hauteur, sur une surface globale d’environ 5 000 m2, NDLR). Quelle est l’ampleur de l’investissement et qui est autour de la table ?
Notre projet repose sur un investissement d’environ 40 M€. Nos partenaires sont toujours les mêmes. Il s’agit notamment - au-delà de l’équipe de fondateurs - de Grand Sud Ouest Capital (filiale du groupe Crédit Agricole, NDLR), de l’Agence régionale investissements stratégiques (Aris) Occitanie, mais aussi de partenaires industriels.

Quels sont vos objectifs en termes de production, de chiffre d’affaires et d’emploi ?
Nous envisageons une production annuelle de l’ordre de 4 000 tonnes de principe actif. En année pleine, nous tablons sur un chiffre d’affaires de 38 M€. En ce qui concerne l’emploi, s’agissant d’une unité de production très automatisée, nous devrions nous appuyer sur une quarantaine de salariés.

Quel est votre état d’esprit aujourd'hui, après ces différents décalages de calendrier ?
Nous sommes optimistes, car nous portons un projet particulièrement innovant, qu’il s’agisse du procédé de production en lui-même ou de la nature de l’initiative. Croyez-moi, rebâtir de l’industrie en France, c’est un combat ! On parle beaucoup de réindustrialisation, mais au-delà du discours, lorsque l'on entre dans le concret, c’est là que les lourdeurs commencent…

Pour une entreprise comme la vôtre, qui porte un projet de souveraineté sanitaire, s’ouvrir à des capitaux étrangers est exclu ?
Non, pas du tout, car ce qui fait notre souveraineté, c’est la nature de nos approvisionnements et la localisation de notre production ; ce n’est pas la composition de notre capital.

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Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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