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| 29/05/2026

En pleine diversification, le groupe gersois Ecocert vise 150 M€ de CA à horizon 2030

© Ecocert

Le groupe gersois Ecocert, spécialisé dans la certification bio, vise 150 M€ de chiffre d’affaires à horizon 2030, contre 125 M€ l’an dernier. Une croissance prévisionnelle qui s’inscrit dans une stratégie de diversification. « Outre l’agriculture biologique et durable, nous nous positionnons sur les marchés du textile, de la cosmétique et des produits de la maison, avec aussi des expertises transverses comme le packaging et le commerce équitable », confie Philippe Thomazo, DG du groupe de 2 180 salariés répartis dans 36 pays. Par ailleurs, au-delà de sa mission historique de certification, Ecocert propose des services de collecte et de vérification de données de durabilité, ainsi que des prestations de formation et de conseil.

Fondé en 1991, le groupe Ecocert, qui revendique actuellement quelque 80 000 clients, est « un peu un Ovni », estime son dirigeant. « C’est une entreprise particulière avec une mission particulière, résume-t-il. Basée dans le Gers, elle est historiquement issue du monde associatif. À l’origine, Ecocert, ce sont des acteurs de la bio qui se sont lancés dans la certification, et pas l’inverse. »

International et nouveaux services
Aujourd’hui, le groupe gersois muscle ses positions à l’international, avec une présence effective dans plus de 150 pays. « L’export, qui a représenté un important relais de croissance aux cours des dernières années, alors que les ventes des produits issus de l’agriculture bio ralentissaient en France, représente désormais plus de 60 % de notre activité globale », indique Philippe Thomazo. Et si la certification des produits issus de l’agriculture biologique représente toujours 61 % de son volume d’affaires au travers de 150 référentiels différents, Ecocert mise aussi sur la montée en puissance de nouvelles expertises dans les écoproduits (20 % de son CA), l’éthique et le durable (14 %), ainsi que sur les services de conseil et de formation (5 %), en complément de son cœur d’activité. « Nous développons en particulier des dispositifs d’audit sur mesure et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, à la demande de grands acteurs de l’agroalimentaire et du luxe qui souhaitent mieux identifier et maîtriser les risques environnementaux, sociaux et éthiques liés à leur supply chain », précise le dirigeant, qui estime que ces activités pourraient représenter 8 % du CA du groupe à horizon 2030, contre moins de 2 % actuellement.

« Un tiers de confiance »
« Nous avons la chance que notre marque soit bien identifiée par les consommateurs ; notre objectif est de devenir le tiers de confiance pour des produits du quotidien issus de chaînes d’approvisionnement naturelles, durables ou circulaires », résume le DG. Une ambition qui s’inscrit sur un marché en pleine mutation, avec une demande croissante de transparence et de traçabilité, mais aussi un renforcement des exigences réglementaires, en particulier autour des dispositifs anti-greenwashing. « Nous sommes en mesure de vérifier des allégations, alors que des réglementations comme la Directive Transition Verte de l’Union européenne se déploient pour mieux protéger contre les promesses environnementales trompeuses, en remettant au centre du jeu les labels robustes et sérieux », explique Philippe Thomazo, qui insiste sur le fait que « si on veut industrialiser l’Europe, il va bien falloir protéger les produits européens ».

Le groupe présidé par Jérémie Vidal, qui compte actuellement 350 salariés à L’Isle-Jourdain (32) et 80 à Toulouse (31), envisage de recruter 150 personnes en France – dont 59 en Occitanie - d’ici à la fin de l’année. Dans les prochains mois, Ecocert envisage par ailleurs d’ouvrir une filiale en Côte d’Ivoire et un bureau au Sri Lanka.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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